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Michel Houellebecq : le droit d’auteur unilatéral

Loin de moi l’envie de tomber dans les commentaires de faits d’actualité surtout quand ils ont l’air si éloignés de ce qui m’intéresse ou me préoccupe normalement. Mais là je me devais de relever ce que le bon vent nous a mis devant la porte.

Depuis longtemps maintenant je m’intéresse à la culture et particulièrement à l’art comme un tout : de la musique au cinéma, en passant par la lecture, l’écriture ou les expositions de tableaux, sculptures, collages, … C’est pour défendre cette culture et lui permettre d’atteindre le niveau auquel elle est destinée que beaucoup se battent contre les majors et les lois qu’ils font passer en force dans les pays du monde entier: pour que la culture soit le reflet de la population qui va l’apprécier et l’interpréter et non plus le reflet des intérêts financiers d’une poignée de décideurs ayant droit de vie ou de chômage sur les artistes qui se précipitent par centaines à leurs portes…

Et bien un auteur s’est très considérablement rapproché de son public avec son dernier ouvrage j’ai nommé Michel Houellebecq et son livre (que je n’ai pas lu) : La carte et le territoire. Non ce n’est pas une initiative à encourager puisque le monsieur s’est tout simplement permis, comme l’a révélé Vincent Glad sur Slate, de recopier, à peine modifiés, des passages entiers de description depuis Wikipedia. Continuer la lecture

Petite réflexion sur les œuvres de l’esprit

Lorsque l’on parle de piratage on utilise souvent les termes divx, mp3 et depuis peu pdf sans réfléchir à ce qui se cache derrière tout cela… J’ai eu envie d’approfondir légèrement la problématique et de la mettre en parallèle avec un autre type d’oeuvres de l’esprit : la peinture et l’art en général.

Avant que les K7, les CD et toutes ces autres cochonneries existent, avant que le cinéma ne coute presque une heure de smic horaire, avant le DVD, avant le Blu Ray, l’accès à la culture était beaucoup plus restreint et passait par les canaux officiels ou par la présence physique de l’artiste.

Impossible avant 1906 de retransmettre autre chose que la voix par la radio. Il faudra attendre 1946 pour voir les premiers vinyles arriver sur le marché. Avant 1895 il était impossible de s’enfermer dans des salles obscures pour suivre les aventures d’un personnage de fiction. Et finalement, avant 1926 notre temps de cerveau disponible était réellement disponible…

En un mot, les industries que l’on sait aujourd’hui inadaptées au marché actuel ne sont pas si vieille : le cinéma faisant figure d’ancêtre avec un âge respectable de 115 ans…

Et avant cela ?

Avant que tout ce pan de la culture ne cède au mercantilisme primaire et que les intérêts personnels prévalent sur ceux du public, les gens se déplaçaient. S’ils voulaient écouter de la musique ils allaient à un concert, s’ils voulaient voir une histoire ils allaient au théâtre… Aujourd’hui encore essayez de pirater une pièce de théâtre !

Avant cela on payait les artistes pour une performance, et pas pour une version rééditée de ladite performance…

Je sens les boucliers se lever et je me dois de mettre les choses au clair tout de suite (pour ceux qui ne me connaissent pas) : le cinéma est une invention magnifique, je ne peux pas vivre sans lui et je ne saurai faire la liste complète des moments de bonheur que le septième art a apporté dans ma vie !

Il n’en reste pas moins que le droit d’auteur créé initialement pour protéger une œuvre de l’esprit sur une durée permettant à l’artiste d’en vivre a changé de visage pour se transformer peu à peu en rente à vie – parfois même à mort, puisqu’il est de moins en moins rare de voir les héritiers d’un artiste toucher des royalties grâce aux lois de certains pays très avantageuses (la France incluse). Continuer la lecture

Flattr : les risques liés au service

Un grand journaliste a dit un jour que pour qu’une critique positive ait une quelconque espèce de poids il faut qu’elle soit honnête et comporte quand même quelques points négatifs. Passé la blague de citer un certain Elkabbach comme « grand journaliste » je pense en effet que je me devais d’écrire aussi sur mes craintes relatives au service Flattr que je défends pourtant depuis quelques temps maintenant.

Là où il y a centralisation il y a danger…

Le plus gros risque vient bien sûr de la plateforme Flattr elle même : son côté centralisateur me dérange profondément et ce malgré la confiance que j’ai en ses créateurs. Je serai plus à l’aise avec plusieurs petits systèmes décentralisés et non pas un point névralgique qui s’il est coupé ou s’il se fait pirater ferait, de fait, s’écrouler le château de cartes.

Bien sûr c’est un problème qui a aussi son avantage : la centralisation permet un meilleur (et surtout plus simple) contrôle de la technologie.

La bonne nouvelle c’est que cette problématique a été posée à Peter Sünde lors de la conférence Re:publica où celui-ci a dit être conscient du problème et réfléchir à une solution pour contrer ce problème.

Pour moi la seule réelle solution serait que Flattr ferme en tant que plateforme et devienne une solution technique, un protocole en quelques sortes qui relierai tous les acteurs inter-opérants d’un marché des micro-donations sociales à la fois décentralisés et liés par une plateforme centrale commune (mais qui ne contiendrai pour le coup aucune donnée ni sur les clients, ni sur les dons, …) Continuer la lecture