Archives mensuelles : février 2014

Nous vivons un second siècle des lumières

L’Être humain est une créature qui aime ses habitudes, qui vit par elles et ne s’en éloigne qu’en cas de force majeure. Par essence, et à quelques exceptions près, nous aimons notre routine, nos habitudes, nos repères. L’inconnu est terrifiant, le connu est le résultat d’une construction donc les buts étaient justement le confort et la sécurité.

Sauf que ceux qui étaient avant des exceptions, ceux qui justement aiment repousser les limites, réfléchir au-delà des préconçus, expérimenter ont depuis quelques années les moyens de travailler ensemble. D’abord grâce aux transports qui permettaient la circulation des êtres, puis grâce aux télécommunications qui permettent la circulation des idées.

Le résultat est que les progrès que l’humanité aurait pu égrainer sur des siècles sont en train d’être absorbés en quelques décennies. Jamais dans l’histoire nous n’avons vécu autant de changements majeurs en si peu de temps et il y a fort à parier que dans quelques décennies nous atteindrons une nouvelle limitation, la notre, en tant que société : les limites que nous nous refuserons de franchir, et celles dont nous serons incapables de nous affranchir parce que pas équipés biologiquement (intellectuellement et physiquement) pour.

Mais comme pour tout changement majeur il y a résistance, souvent inconsciente, de la majorité lovée dans ses habitudes et effrayée par la notion même du changement.

Étrangement la technologie en elle-même est relativement bien acceptée, les avancées qui en découlent par contre beaucoup moins. Ce qui est nouveau justement est le fait que la technologie soit utilisée des deux côtés de l’innovation pour la créer et y résister. Ainsi on voit apparaître des mouvements organisés (avec comme toujours une idéologie, des leaders et la masse convaincue) qui refusent une forme ou une autre de changement, font valoir leur opinion sur ce qui est progrès ou pas, ce qui est souhaitable ou non de conserver de notre société actuelle pour construire la prochaine.

C’est un processus qui est relativement sain et qui portera ses fruits à long terme pour concilier ce que la majorité tolère avec ce que l’innovation (au sens le plus large du terme) pourra apporter comme solutions à une recherche constante d’amélioration de la vie. C’est aussi une chance unique que de vivre cela, de le voir ou d’y participer, lorsque l’on se rend compte de ce qui se passe réellement : nous sommes en train de construire une société de demain en rattrapant des siècles de retard !

C’est aussi pour cela que certains acquis – et je pense ici, la gorge serrée, à ce qui se passe autour de l’IVG en Espagne – sont remis en question, que la rue hurle et que les mouvements d’opinion sont si nombreux pour défendre ou combattre ceci ou cela. Et là encore c’est rassurant : signe que nous sommes capables de nous rassembler autour d’idées, de concepts, de valeurs (même si j’ai horreur de ce mot fourre-tout) pour défendre une vision, pour réfléchir, avancer dans un sens ou un autre.

A la fin c’est toujours le gentil qui gagne…