Archives mensuelles : août 2012

We don’t need no regulation

Depuis ce matin la nouvelle qui défraie la chronique de notre microcosme est ce rapprochement qui apparait désormais de plus en plus certain du CSA et de l’ARCEP dans le but de réguler Internet.

Des alternatives intéressantes sont proposées de ci de là, mais toutes ont le même défaut : elles partent du principe qu’Internet a besoin de régulation.

Je m’inscris en faux sur ce point et trouve cette approche dangereuse à court ou moyen terme. La régulation implique le contrôle et le contrôle sur la liberté d’expression absolue comme mesurée n’est jamais très bon, surtout lorsqu’exercé par l’Etat. Des exemples à l’étranger mais aussi en France sont malheureusement là pour comforter cette position…

A l’inverse, ce qui menace réellement Internet, en ce moment et depuis quelques années, c’est justement ce contrôle, cette centralisation et la censure ou les atteintes à la concurrence qui en découlent. Ce sont les lobbys qui pour défendre des intérêts privés font plier les politiques au détriment de la majorité. Ce sont les pays qui ont le contrôle sur leur Internet et s’en servent pour traquer des opposants…

La réponse à celà est évidente : la neutralité du Net. Cette réponse est déjà sur le bureau de ceux qui aujourd’hui envisagent le chemin inverse et mettent ainsi en péril à la fois notre liberté mais aussi un pan chaque jour plus considérable de l’économie.

Aussi aujourd’hui je vous propose de faire passer un message et de clamer haut et fort votre refus de voir votre outil de travail, votre lieu d’expression, d’accès à l’information, … censuré, contrôlé, démantelé par un Etat déjà beaucoup trop présent dans tous les autres vecteurs qui permettent d’accéder à une fraction de ce que permet Internet. Je vous propose simplement de dire non, nous n’avons pas besoin d’être régulés…

Dès ce soir je vais faire parvenir un exemplaire papier du célèbre livre libre Temporary Autonomous Zone – par Hakim Bey (à lire si vous ne l’avez pas déjà fait) au ministère et à destination de Fleur Pellerin. Je vous encourage à faire de même afin de nous assurer que lecture en soit faite et que la décision qui découlera de ces consultations soit éclairée par un point de vue alternatif…

Pour ce faire rien de plus simple, commandez le livre en ligne (il est libre donc ne coute pas très cher) et faites le livrer à :

Ministère du Redressement productif
A l’attention de Fleur Pellerin
139, rue de Bercy
75572 Paris Cedex 12

Avec un peu de chance on aura le droit à une twitpic… et une décision éclairée ?

NB : article écrit en écoutant une certaine chanson de Pink Floyd ayant inspiré le titre…

Edit : done :

Alerte aux pédophiles sur Twitter…

Hier un compte diffusant des photos de nature pédopornographiques a beaucoup circulé sur Twitter, ce matin deux nouveaux comptes du même acabit sont en train de collectionner les mentions.

Dans la foulée j’ai reçu moi-même plusieurs mentions et messages privées me demandant de signaler le compte comme spam et de tweeter pour que d’autres le signalent… Ce que je n’ai pas fait.

Depuis plus de dix ans que je traine ma carcasse sur le Net, en explorant parfois les bas-fonds, c’est la 4ème fois que je tombe sur ce type de contenus, la première sur un site grand public.

Chaque fois le choc est le même et j’en arrive à ressentir des nausées. Mais celà n’est en aucun cas une raison pour réagir à l’émotion. Sur un sujet aussi sensible que celui-ci c’est potentiellement mettre des gens en danger, des enfants, c’est se résoudre à ses pulsions animales et à la loi du Talion. Nous, mais plus important encore, les victimes, méritons mieux que cela.

Partant de là ce qu’il faut faire est relativement simple :

– Signaler le contenu à twitter dans ce cas ([email protected] – adresse dédiée à ce type de contenu)
– Le signaler à la police via le portail dédié
– Eloignez vos enfants du réseau le temps que le compte soit désactivé…
– Si vous même êtes choqué, en parler (j’y reviens)

Ce qu’il ne faut surtout pas faire en revanche c’est relayer le message de façon publique, en appelant à signaler le compte. Vous prennez le risque d’exposer plus sensible que vous et vous faites de la publicité à ces gens…

Une fois que des mesures ont été prises (et vous voyez plus haut que de vraies solutions existent) il est sain d’en parler.

Tout ce qui existe, quel que soit son niveau d’horreur, ne doit jamais devenir un tabou. C’est le meilleur moyen d’ignorer la réalité et d’agir comme si elle n’existait pas. Cacher les choses et faire comme si elles n’existaient pas ne changera rien au sort des gamins en question – des enquêtes, condamnations et prises en charges psychiatriques oui…

A cet effet, et je suis « obligé » de faire ce parallèle, la loi LOPPSI II art 4, supposée protéger les enfants d’une exposition comme celle qui a eu lieu hier et a lieu en ce moment, n’est d’aucune utilité. Twitter a réagit comme il le devait, rapidement (ce ne sera jamais assez rapide, mais il faut relativiser et jamais le ministère de l’intérieur n’aurait réagi aussi vite) et il y a fort à parier qu’une enquête a été ouverte dans plusieurs pays vu le nombre de signalements que j’ai pu voir hier.