Archives mensuelles : avril 2012

Les lois interdisant la diffusion des résultats partiels sont une connerie

Mon chagrin du jour, mon coup de gueule de la semaine va à ces 10 pauvres fonctionnaires payés aujourd’hui à surveiller les interwebz pour éviter que l’on y retrouve des sacro-saints « résultats » avant l’heure fatidique ce soir… Challenge irréalisable et liberticide pour changer 🙂

La loi en question est le code électoral, article L52-2, et les sanctions sont prévues dans les articles L89 du même code et l’article 11 de la loi sur les sondages d’opinion. La première date de 1964, la seconde de 1977… accrochez vous les enfants, on fait un petit saut dans le futur, en 2012 !

Depuis hier donc, veille du premier tour de l’élection présidentielle, il nous est interdit de communiquer à propos des « résultats » avant 20h. Et quand je dis nous c’est les médias comme les particuliers. Tout ceci dans le but d’éviter d’influencer des votants…

Puis-je me permettre de rire ?

Avant-hier il était encore légal de publier un sondage, depuis hier on prend le risque d’influencer les votants… Wait what ?

Ces lois étaient peut-être intéressantes à l’époque de la télévision et de la radio (et encore) mais de nos jours comment espérer les voir respecter sans mettre le net sous surveillance ? Réponse courte : c’est impossible et c’est justement ce qu’ils ont décidé de faire. En ce jour hautement démocratique (en théorie mais j’y reviendrais) on met l’ensemble de la population sous surveillance pour vérifier si une loi de 1964 n’est pas violée ?

Sur la nature des sondages en elle-même je reviendrais plus longtemps dans un prochain article (après les élections) mais s’ils doivent être interdits sous prétexte qu’il y a un risque d’influence il faut le faire bien avant la veille. Parce que les sacro-saints « résultats » avec lesquels on nous bassine ne rien de plus ou de moins que ça : des sondages à la sortie des urnes !

Les vrais chiffres on les aura bien dans la soirée, mais d’ici là on a juste la même rengaine que depuis 3 mois… des sondages…

Pour finir, sachez que le Canada a prévu de travailler sur une réforme de cette loi… Nous on préfère surveiller le net 🙂

[Streisand] Logement à Puteaux : une résidence des étudiants pour quelques supers privilégiés

Suite à une décision de justice, Christophe Grebert qui avait dénoncé une affaire de curruption à Puteaux est contraint de supprimer son article sur le sujet. Dans un souci de liberté d’expression et de liberté d’informer l’effet Streisand s’est mis en route – Voici l’article en question ainsi qu’un lien vers l’article précisant l’état de l’affaire : ici.


J’ai visité hier, en compagnie de la conseillère municipale d’opposition Sylvie Cancelloni, la « résidence des étudiants et apprentis » de Puteaux, à l’angle des rues des Pavillons et Jean Jaurès. Il s’agit d’une résidence de luxe avec réception et gardien, 48 studios meublés et équipés pour des surfaces comprises entre 28 à 37 m2 (source : Site de la ville de Puteaux). Ces studios sont loués aux alentours de 300 euros par mois à des jeunes étudiants putéoliens visiblement très satisfaits des prestations offertes.

L’attribution de ces logements est l’exclusivité du maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud. Seule condition : avoir le statut étudiant. Le revenu des parents n’est pas pris en compte.

J’ai constaté sur place que ces logements profitent (pas seulement, mais notamment) à des enfants d’élus UMP. La fille d’un maire-adjoint et haut fonctionnaire, logeant lui-même en HLM, y habite. On y trouve également des militants ou des enfants de militants et responsables de la section UMP de Puteaux.

Mais le plus surprenant dans cette « résidence des étudiants et apprentis » est que les 9e et 10e étages constituent un seul et même logement d’environ 150 m2 avec de grandes terrasses.

Ce duplex, qui profite d’une vue exceptionnelle sur le bois de Boulogne, la Seine et Paris, est loué aux alentours des 1.000 euros, soit le quart du prix du marché.

Cet appartement est actuellement occupé par la directrice de cabinet (un poste politique) du maire de Puteaux et par son époux. « Il ne s’agit pas d’un appartement de fonction. Mon mari et moi-même sommes titulaires d’un bail. Nous payons un loyer, soumis à l’augmentation annuelle, les charges, les taxes et les fluides. Il s’agit d’un appartement de 5 pièces, que nous occupons avec nos 4 enfants’« , m’écrit Marie-Aude BAILLY-LE BARS.

Madame Bailly-Le Bars tient par ailleurs à préciser la chose suivante : « Nous ne tolèrerons aucun propos ni aucune information déformée, mensongère ou calomnieuse ou attentatoire à notre vie privée. A défaut nous engagerions des poursuites immédiates contre son auteur ; nous adressons donc une copie de cette correspondance à notre conseil, Maître Philippe SARDA, avocat au barreau de Paris, qui est informé de votre demande et de cette réponse« .

Mais si justement ce logement n’est pas un appartement de fonction, il devrait être soumis au prix normal du marché. Or, ce n’est pas ici le cas. Par ailleurs, la menace de poursuites judiciaires et la transmission de ma demande écrite à un avocat sont une réaction exagérée par rapport à une situation normale.

Enfin, je précise que lors de notre visite de la résidence des étudiants, Sylvie Cancelloni et moi-même avons fait l’objet de menaces verbales et physiques du mari de Madame Bailly-Le Bars.

Sans aucune raison, celui-ci nous a violemment ordonné de quitter l’immeuble. Il m’a bousculé et pris mon téléphone avec lequel je tentais d’enregistrer ses menaces. Ma collègue élue a également été bousculée. Face à une personne qui nous paraissait dangereuse, le gardien de l’immeuble a – à notre demande – alerté la police nationale.
L’annonce de l’arrivée de la police a calmé notre agresseur : Il m’a rendu mon téléphone et est rentré chez lui, sans que nous ayons eu à quitter l’immeuble comme il nous l’ordonnait illégitimement.
Ce comportement est inacceptable, mais révélateur de l’ambiance délétère produite par l’actuelle majorité UMP de Puteaux.
Le cas échéant, je veux bien aller devant un tribunal pour témoigner de cela. Nous parlerons aussi liberté d’informer et prix du marché immobilier. Si j’ai des nouvelles de « Maître Philippe SARDA, avocat au barreau de Paris », je vous en informerai.
Christophe Grébert

La révolution viendra des artistes

Mercredi j’étais invité à participer à une soirée autour de la démocratie à la cantine : « Aux urnes, et caetera ». Lors de la dernière table ronde, sur laquelle je me suis incrusté et qui est largement partie dans des directions improbables (que devient la démocratie en cas d’infection de zombies ?) il était question des évènements qui suivront le crash du système actuel. J’y ai lâché une phrase sur laquelle j’aimerais revenir : la révolution viendra des artistes.

Pour commencer rappelons ce qu’est un artiste : celui qui crée l’art. Nous voilà bien avancé : qu’est-ce que l’art ?

L’art est, pour moi, le fait de créer dans l’intérêt unique de sa création. Je crée une chanson dans le but de la vendre, pas du business. Je crée une chanson dans le but qu’elle soit écoutée, de l’art.

Les motivations d’un artiste sont nombreuses, il peut vouloir faire passer un message, apporter un nouvel éclairage sur un style, faire avancer ou ouvrir un débat, mais dès lors qu’il essaye via sa création d’en tirer un profit personnel il n’est, pour moi, plus un artiste mais un entrepreneur.

Ce n’est pas un mal en soit, je l’ai moi-même été et je continue à trainer autour de ce monde en discutant quotidiennement avec des entrepreneurs de divers envergures, je n’exclue pas d’y revenir un jour (ce sont mes premières amours) mais ce n’est plus de l’art. A l’inverse un bloggueur qui publie dans le but d’être lu est beaucoup plus proche de ma définition de l’art : son seul intérêt (oui je sais j’élimine la pub et le personnal branling de l’équation) est d’être lu, partagé et compris et bien souvent de faire avancer la connaissance. A ce titre Wikipedia ou open street maps sont d’ailleurs pour moi parmi les oeuvres d’art les plus belles que notre civilisation (bisou à Guéant) ait produit depuis bien des années.

C’est de ces gens là et pas des artistes universal, mauvais entrepreneurs s’il en est, que je parlais : c’est de chacun de nous dès lors que l’on se motive, prend la plume, la caméra, tweete ou partage dans le simple but de faire circuler de l’information ou de la réflexion que je parlais. Nous avons le pouvoir de faire changer les choses, nous sommes les seuls à pouvoir décider de notre futur et nous sommes devenus les vrais artistes.

A vos claviers !