Archives mensuelles : mai 2011

BHL essaye de pirater le printemps Arabe

Depuis Octobre déjà les Partis Pirates du monde (entre autres organisations) suivent les soulèvements populaires en Moyen-Orient et Nord-Afrique. J’étais un des coordinateurs du groupe de discussion en question qui se réunit, en fonction des évènements d’actualité et des informations que nous avons pu trouver, au minimum une fois par semaine. Entre la mi-décembre et la fin-janvier les réunions étaient quotidiennes et pouvaient durer jusqu’à tôt le matin.

Ce travail nous a permis d’être à l’écoute des tout jeunes Partis Pirates Tunisien et Marocain et de travailler avec les ministères des affaires étrangères, les ONG et les médias à travers le monde pour leur apporter des informations qu’ils n’avaient pas forcément.

Malheureusement on sait ce que le ministère des affaires étrangères français a fait des informations que nous lui avons communiqué (il s’est joyeusement assis dessus et a tout ignoré) mais les informations en question seraient, d’après une journaliste d’Al Jazeera, remontées jusqu’à la maison blanche… Ouais ça fait tout drôle…

Nous n’avons que très peu communiqué à ce propos pour ne pas faire la moindre récupération. La seule chose que nous risquons est l’insomnie alors que les réels acteurs de ces soulèvements mettent leurs vies dans la balance !

Visiblement cette distinction entre le relai d’information neutre et les acteurs, certains ne l’ont pas compris et juste avant une table ronde – à laquelle ils n’ont pas assisté – j’ai été approché par deux membres de l’équipe de BHL qui m’ont proposé quelque chose pour le moins saugrenu…

L’idée qu’a eu notre « philosophe » (je connais de réels philosophes, ma position à propos de cette personne reste inchangée) people est d’enfermer dans un hôtel huppé en Tunisie un certain nombre d’intellectuels (people aussi vu les noms que l’on m’a avancés) ou d’acteurs des révolutions pour un grand colloque en parallèle du G20.

Cette joyeuse sauterie sera financée par des associations (comme si elles n’avaient que cela à foutre en ce moment les pauvres) et des fonds publics… Après tout on a payé le cortège de Hu Jintao, pourquoi pas les petits fours de BHL.

Ils m’ont ensuite proposé de rédiger une tribune pour un des sites de BHL. Ce qui en substance voulait dire : tu écris, BHL signe… Je n’ai jamais eu la propriété de mes idées, j’ai déjà écrit pour d’autres (principalement en politique) et le vis très bien. Mais de là à écrire pour un parvenu dont la démarche consiste à hurler après la bataille, dans le même sens que la majorité et avec les arguments des autres dans un but commercial… Je dis stop.

J’ai expliqué mes réserves aux deux personnes que j’avais face à moi (et qui ont par ailleurs été très courtoises) et bien sûr je suis resté ouvert d’esprit en précisant que je serai ravi de discuter avec BHL himself pour qu’il me rassure sur ce que j’ai perçu de lui. Ils m’ont proposé de rencontrer sa rédactrice en chef… Tout est dit…

J’ai donc poliment décliné l’invitation, mais laissé la porte ouverte à mon successeur au Parti Pirate en donnant à ces messieurs bien pressés de partir une adresse de contact.

Pour finir sur une analogie, et parce que je sais que cela va ressortir dans les commentaires : oui je suis pour le partage de l’immatériel, à commencer par le savoir, entre particuliers et à but non lucratif. Dans ce cas il s’agit de partage unilatéral (ce qui ne pose aucun souci, mais je le souligne tout ce même), entre un particulier et une entreprise (BHL est une entreprise) dans le but, pour lui, de gagner de l’argent…

Le point sur Hadopi et le FreeWifi

Cela fait trois fois (dont ma propre mère) que je vois des Internautes se faire allumer par la Hadopi pour un usage frauduleux de leur FreeWifi. L’incompréhension semble la règle alors je vais essayer de clarifier le truc (avec la réserve que je ne bosse pas chez Free et pense juste avoir compris comment cela fonctionne).

Concrètement lorsque vous ne le désactivez pas (activé par défaut), votre Freebox se comporte comme un hotspot accessible à tous les abonnés Free qui partagent eux aussi leur accès. Une adresse IP publique est dédiée à ce hotspot – donc si un voisin profite de votre accès via ce hotspot il n’aura pas la même adresse IP que vous.

Sauf que ce voisin, comme vous d’ailleurs, pour profiter de l’accès au hotspot, dispose de codes l’identifiant (numéro de client et mot de passe choisi par l’utilisateur). Ces identifiants ainsi que les IP dédiées au FreeWifi sont connus de Free qui fera le match avec le client à qui appartiennent les codes utilisés et non la passerelle (la freeboite).

En l’occurrence quand un FreeWifi est flashé, même si il utilise votre freeboite, c’est à priori la personne à qui appartiennent les codes qui sera incriminé par la Hadopi pour des faits de non-sécurisation de sa connexion.

Bien sûr cela est tout à fait illogique puisque les codes en question sont parfois très simples (pour s’en souvenir partout où l’on est), que certains sont dispos sur le Net et surtout parce que la connexion d’un abonné peut être (dans la mesure du possible encore une fois) tout à fait sécurisée et ses codes FreeWifi dans la nature (de son fait ou non – exemple : http://pastebin.com/5pC6TAh8).

Bref encore une connerie de la Hadopi, mais oui : on peut se faire flasher en FreeWifi (que l’on télécharge ou pas d’ailleurs, mais ça c’est le principe même de la Hadopi !)

Rejoignez le Parti Pirate !

Avant toute chose je tiens à dire que les messages de soutien reçu depuis quelques jours me vont droit au cœur et que je ne saurai jamais être assez reconnaissant envers toutes ces personnes qui m’ont témoigné tant de choses (les mécontents existent aussi, heureusement, mais je m’en fiche un peu…).

La question qui revient le plus souvent est : que va devenir le PP une fois que je l’aurai quitté.

La réponse est simple : la même chose ! J’étais effectivement un des visages du PP, mais l’ensemble de l’équipe qui m’a aidé depuis mon entrée au PP reste la même, elle reste convaincue des idées et de la méthode (les urnes) du PP…

Je suis parti parce que je n’avais plus le courage d’assumer la charge de travail que je m’étais moi-même imposé (pas du genre à faire les choses à moitié, jamais) en courbant l’échine sous la critique. Ce travail qui était effectivement imposant, peut tout à fait être distribué à plusieurs membres – il doit l’être – et représenter quelques heures par semaines et par membre.

Ce parti doit grandir, il doit fédérer des gens de tous les horizons et tous doivent travailler ensemble, dans la bonne humeur, pour véhiculer nos idées.

Les idées sont la base de ma vie, la base de la nature Humaine et je veux que ce que j’ai entrepris avec le PP ne retombe pas comme un soufflé. Je vois des gens se remotiver et relancer la machine, au moment même où j’écris ces lignes, pour que le PP me survive. Ce que j’aimerai voir aussi c’est une prise de conscience sur l’intérêt de s’engager, d’une façon ou d’une autre au PP pour que celui-ci dispose de plus de crédibilité par le chiffre mais surtout de plus de personnes impliquées et abattant un boulot qui est réalisable.

L’ambiance est cool, les réunions se font en général en téléconférence avec une bière sur le bureau… Enjoy bordel !

Il faut vraiment comprendre que les politiques en place ne s’occuperont pas de nous, ou de nos idées, avant que l’on ait commencé à leur piquer leur boulot !

Et comme le dit Rick Falkvinge : « amusez vous en le faisant, changer le monde en s’amusant… C’est pas dégueulasse » (ouais je paraphrase et si t’es pas content c’est pareil ! ;))

Un apéro virtuel IRL les pirates ?

Ce soir je serai, à partir de 18h, au Week-end café (3 rue de Washington – Paris 8eme). Si vous voulez causer, boire un coup ou me jeter des pierres pour ma décision d’hier… bienvenue !

En passant comme ça nos amis de la DCRI sauront où je suis à 18h 😉

Les renseignements intérieurs et la discretion !

Depuis quelques années que je traine ma carcasse dans le monde de l’Hactivisme j’ai appris à devenir parano. Je sors régulièrement la batterie de mon téléphone pour discuter de sujets sensibles, je reste à distance de logiciels propriétaires, je regarde souvent qui est derrière moi…

Mais grosso-merdo jusque là tout ceci était un ramassis de parano mal placée.

Et puis il y a quelques jours j’apprends que le ministère de la culture surveille d’un œil bienveillant (ou pas) mon Twitter. Ils n’ont que ça à foutre en fait ?

Mais tout cela n’est rien à côté de ce que j’ai appris hier dans la soirée et qui m’a juste fait mourir de rire.

Certains le savent : je suis allé en Tunisie une semaine au début du mois, pour me reposer un peu et pour voir des amis avec qui j’ai été en contact tout au long des soulèvements populaires, et pour certains avant. Bref j’ai passé une très bonne semaine malgré un tour opérator de merde.

Sauf que apparemment ça n’a pas rassuré la DCRI dont un des agents est allé, la bouche en cœur, demander à un ami Tunisien si il avait des infos sur moi…

« Tu connais Paul da Silva ? Non parce qu’il a passé deux semaines en Tunisie et on aimerait savoir qui il a vu, avec qui il a parlé… »

L’ami en question lui a gentiment expliqué que je n’y avais passé qu’une semaine mais que ce serait la seule info qu’il aurait puisque nous sommes amis.

Alors messieurs de la DCRI si vous voulez des infos, je suis persuadé que vous pouvez trouver mon numéro de téléphone… D’ici là faites attention à qui vous parlez, vous risquez de tomber sur des gens que je connais 😉

PS : non je ne participe pas aux raids Anonymous – ça vous fera déjà ça à corriger dans votre fichier!