Archives mensuelles : mars 2011

Hadopi, à nouveau vulnérable au XSS

Hier l’offre légale a enfin trouvé sa place sur le site de la Hadopi. Au delà du fait qu’elle ne respecte pas la loi (ou son esprit) en présentant un moteur de recherche en lieu et place d’une liste d’oeuvres sur lesquelles porte la labellisation, c’était pour moi l’occasion de voir si ils avaient retenu la leçon de la précédente faille trouvée dans le formulaire de recherche…

Rappelons que la Hadopi demande à chaque personne de sécuriser son accès à Internet, ce qui, si c’était possible, révèlerai de qualifications d’un ingénieur en sécurité réseau. Le fait est qu’il restera toujours des points du réseau hors du contrôle de l’utilisateur et que son adresse IP pourra toujours être usurpée, même si son réseau est lui sécurisé de l’ordinateur aux sites qu’il visite.

Autant dire qu’elle repose sur du vent et que personne n’arrive à leur faire entendre cela depuis des mois / années que tous essayent…

Nous nous étions alors posé la question avec Bluetouff et RootBSD de savoir si le gouvernement, avec ses moyens, s’appliquait lui même la rigueur qu’il exige de monsieur et madame tout le monde. Réponse courte : pas du tout !

J’ai ensuite voulu vérifier si la Hadopi le faisait. Réponse courte : non plus !

Puis ce fut le tour de TMG, nouveaux gendarmes privés du Net. Réponse courte : toujours pas !

Mais là où on pourrait croire que la Hadopi aurait tiré les leçons de la première démonstration, j’ai pu trouver hier, en 6mn30, une nouvelle faille sur le site de l’autorité… Selon la loi il s’agit donc du second avertissement… Au prochain il faudra songer à couper la connexion chez Hadopi ?

Je vais bien sûr contacter Eric Walter (en heures de bureau) pour lui signaler la faille et lui expliquer comment la corriger avant qu’un « voyou d’internet » (copyright Pr Riguidel) ne s’en serve… D’ici là, amusez vous avec ce petit détournement publié sur Twitter 🙂

MAJ : Après avoir contacté Eric Walter, il semblerai que la faille ait été corrigée. Il n’en reste pas moins qu’elle constitue le deuxième manquement au devoir de sécurisation… A la prochaine 😉

Copier n’est pas voler… Putain !

J’espérai que l’on avait passé ce stade… Sauf qu’en quelques jours deux personnes, sur Twitter, un blogueur et un photographe ont fait cette assimilation dangereuse. Me voici donc à écrire ce sempiternel billet sur les différences entre le vol et la copie… Aïe !

Sans entrer pendant 107 ans sur les différences (que la vidéo ci-dessous résume bien mieux que je ne pourrai le faire), notons simplement le fait que la copie de l’immatériel (comme du matériel dans quelques années) ne supprime pas la donnée (ou l’objet) initial dont le premier « propriétaire » conserve la jouissance.

La copie est donc un acte naturel et qui permet la multiplication de la richesse. Elle est dans l’ordre logique de l’évolution et est inéluctable tant elle présente d’avantages à l’échelle de la société.

Se pose alors la question de ceux qui pâtiront de cette évolution, tout comme elle s’est posée lors de l’arrivée de l’électricité, de l’automobile, ou de la plupart des évolutions majeures qui ont marqué notre histoire.

Je pourrai me réfugier dans un magnifique « ça ne me regarde pas », qui n’est pas si loin que cela de la vérité mais je préfère chercher et réfléchir à des solutions avec les créateurs dont l’activité est basée sur la vente de droits sur des copies (musiciens avec les CD et surtout MP3, journalistes, photographes, … la liste est longue comme le bras). La solution passera forcément par de la valeur ajoutée, d’une façon où d’une autre, au contenu original qui pourra lui circuler librement dès lors qu’il a été publié sur Internet.

C’est finalement la même question que celle que l’on se pose à propos des contenus publiés sur Facebook et qui se retrouvent dans « de mauvaises mains »… A partir du moment où l’on considère que tout ce qui est en ligne est public, on se pose moins de questions…

Il est donc (très largement) temps de reprendre ce vieux code de la propriété intellectuelle et de repartir dans le bon sens pour que celui-ci intègre un outil, à peine présent, que l’on appelle communément Internet et qui est basé sur le principe de la copie.

En attendant cela, et considérant la perspective très proche de la fin (heureuse) de tout contrôle sur la circulation des données rendues publiques, c’est à ceux dont c’était le métier de vendre des droits sur de la copie de remettre en question leurs emplois (surtout leur financement) et de trouver des solution pour continuer d’exister ou tomber sous le coup des avancés technologiques… Comme ça a toujours été le cas…

Le CD va mourir (et c’est tant mieux)

Vous le savez si vous me lisez régulièrement : j’aime la musique, je suis capable d’écouter de la classique au matin, du jazz à midi et du cyberpunk pour m’endormir. Je m’ouvre chaque jour un peu plus à de nouveaux styles, mon frère me fait découvrir le rap, j’ai une passion jamais satisfaite pour le métal, … Et je n’aime pas les CD !

Le CD est un objet de plastique, sans aucune charge affective. Ces dernières décennies ont été le théâtre de changements de supports perpétuels : du vinyle à la cassette en passant par les mini-disc pour arriver finalement au CD… J’ai connu, malgré mon âge, tous ces supports, aussi éphémères que chers (exception faite du vinyle qui porte une certaine charge affective intemporelle chez certains, dont moi).

Je suis aussi passionné de lecture (je dirai bien littérature mais certains ouvrages que je lis en sont loin) et pourtant je n’envisage pas une seconde d’abandonner le livre physique, le papier… Alors qu’en bon geek tout ce que j’écris, même mes prises de notes, est sur informatique…

Pourquoi ?

Parce que le livre a une histoire, des moines copistes à l’imprimerie, qui ne prend pas ses racines il y a à peine 100 ans. Parce que le livre a toujours été sur le même support depuis tout ce temps et que tenir dans ses mains un livre veut dire beaucoup plus que de tenir une galette de plastique dont on doit en plus se séparer pour l’apprécier.

Parce que le livre est cher, mais il coûte aussi relativement cher à produire là où le CD est aux mêmes prix pour un coût de fabrication bien nettement inférieur… Parce qu’avec un livre les éditeurs nous prennent pour des cons… mais pas trop…

Alors oui c’est triste, si l’industrie musicale (quel terme abject pour quelque chose initialement artistique) ne se renouvèle pas, ne pourra plus vendre de musique enregistrée dans quelques années. Pas parce que les gens préfèreront le gratuit, mais parce que les gens ont tendance à se rendre compte, au bout d’un moment, quand ils se font enculer…

Mais si la musique enregistrée [payante] n’était qu’une phase, si les soit-disant artistes (quand on pinaille sur les mauvaise ventes de son œuvre alors qu’elle trouve un public autrement on n’est plus un artiste mais une machine à produire du copyright) avaient eu la chance que n’auront pas leur successeurs et que n’avaient pas leur prédécesseurs de vendre plusieurs dizaines (centaines) de milliers de fois la même œuvre et d’en tirer du bénéfice ? Serait-ce grave pour autant ?

La musique aura toujours de la valeur, qu’elle se transcrive en monétaire ou pas dépendra de la stratégie en ce sens des groupes, l’enregistrement quand à lui n’en a jamais eu. Il a eu un coût, et l’on voit où cela nous mène…

Le CD est un format obsolète par sa mise en place, obsolescence due aux stratégies commerciales des maisons de disques, qui n’a pas encore trouvé de successeur (vendre du MP3 est juste une aberration) et qui n’en trouvera probablement pas.

Pourquoi continuer à faire peser les libertés individuelles des citoyens (Hadopi si tu me lis) pour protéger ceux qui se définissent eux-même comme une « industrie », qui n’ont pas su s’adapter à leur marché et qui finalement ne représentent qu’une toute petite partie de la culture, la vraie !

Pourquoi pleurer sur le sort de personnes qui sont responsables de leurs propres échecs et qui ne sont pas le moins du monde nécessaires à la création en elle-même ? Quel est le risque de voir des « industries » disparaitre à part de les voir remplacées par quelque chose qui sera plus au goût du jour ?

PS : Dans 2 jours je suis invité par Universal à l’avant première d’un reportage sur le piratage… Je me suis dit que ça valait bien un billet d’humeur 🙂

Duplicate content, SEO et piratage

Depuis des années déjà le duplicate content est, en SEO (Search Engine Optimisation), un fléau que les créateurs de contenus originaux se sentent obligés de combattre. J’ai fait le choix de l’encourager en diffusant tous mes textes sous licence CC-BY-SA (ou CC0 pour certains) – pourquoi ?

Avant tout il faut comprendre le pourquoi de la création de texte. Certains le font pour se détendre, d’autres pour faire passer des idées et certains pour gagner de l’argent. Je suis dans la seconde catégorie, je gagne un peu d’argent grâce à Flattr mais les publicités ont quitté mes sites depuis un certain temps déjà… Ce qui m’importe c’est d’écrire avant tout, mais aussi d’être lu… Ici ou ailleurs… L’argent sert plus ou moins à payer ma boulimie d’hébergements et noms de domaines, pas plus, souvent moins…

Il faut aussi comprendre la motivation de ceux qui reprennent le contenu, pas toujours de façon élégante : certains le font pour diffuser des idées, la plupart de ceux-ci demandent avant de reprendre un contenu, même s’il est placé sous une licence qui le permet de façon naturelle et il y a ceux qui montent ce que l’on appelle des fermes de contenus ou MFA (Made For Adsense).

Dans un cas on est donc dans du fair-use, de la propagation des idées des gens, de leurs œuvres pour que plus y aient accès, dans le second on est dans un cas de profit sur le dos de la création… Ça vous rappelle quelque chose ?

Les agrégateurs de contenus qui ne font que répliquer le contenu, en citant la source et en ne tirant pas profit (financier ou autre) de cette activité ont un réel intérêt pour les créateurs originaux : l’apport de visibilité (et une très faible valeur ajoutée pour les visiteurs qui préféreront bien vite l’original à la copie) alors que les autres tirent profit de la création d’autrui, toujours sans aucune valeur ajoutée ni intérêt pour le visiteur…

Mais le réel problème ne vient ni de ceux qui s’adonnent au duplicate-content, ni de ceux qui produisent ou consultent les contenus – il vient des moteurs de recherche eux-même qui, compte-tenu de la taille du web, ne peuvent pas toujours visiter les sites des créateurs originaux avant ceux des « copies », favorisant ainsi parfois le contenu sans valeur ajoutée. C’est l’algorithme des Google & co qui pose problème, pas tant la pratique, qui vise à disparaitre à moyen terme… Il est anormal que les contenus dupliqués soient pénalisés au détriment de l’original et non de la copie à l’heure où la copie est une pratique courante et impossible à circonvenir.

A bon entendeur (et à copier autant que vous voulez ;))

Dope Stars Inc, le groupe qui a réussi à me vendre un CD !

Pour certains cela parait normal d’acheter des CD, pour ma part je n’en vois pas l’intérêt. Je ne dis pas que je télécharge illégalement tout ce que j’écoute, juste que l’objet CD ne m’attire pas, et que depuis quelque chose comme 5 ans je n’en n’ai jamais acheté… Jusqu’à hier !

Régulièrement, sur le mail du Parti Pirate on reçoit des messages de soutien, d’autres de demande d’aide… En général on répond assez vite et on fait notre maximum. Hier nous avons reçu un mail auquel j’ai répondu en 20mn chrono : un mail de la part de Victor Love, chanteur du groupe Italien de cyberpunk Dope Stars Inc.

Je ne connaissais pas, j’ai découvert en cliquant sur l’objet du mail : « pro piracy model for music » – Rien que là ça sentait bon !

Et là le choc : la musique est excellente (si l’on aime le style), la démarche innovante et le monsieur très sympathique malgré les 60000+ fans de son profil Facebook !

Concrètement la musique sera téléchargeable en ligne gratuitement et vous avez, d’ores et déjà, plein d’options pour donner au groupe, acheter quelques goodies et surtout un long laïus sur l’obsolescence du format CD, des contraintes qu’il impose pour un petit groupe (obligation de passer par un distributeur sur lesquels les majors ont la main mise, y compris pour les labels indépendants).

Pour ceux qui souhaiteraient obtenir un CD de Dope Stars Inc la solution est alors de le commander directement chez eux, avec notamment une option que j’ai trouvée excellente : la Do It Yourself edition. Le CD est envoyé quelques jours avant la sortie officielle, vierge mais avec tout le packaging. Ce sera ensuite à vous de le graver avec les pistes récupérées sur le site de Dope Stars Inc. Quatre euros plus tard (+4€de frais de port), me voilà acheteur d’un CD… Putain !

Du coup je les ai aussi mis en relation avec 2/3 contacts qui sont dans le milieu et feront, je l’espère, de leur mieux pour les aider…

Je ne peux que vous encourager à découvrir ce groupe, à le soutenir via Flattr, Bitcoins, Paypal, … Ce que vous voulez en fait.

Leur site : http://www.dopestarsinc.com

Leur MySpace : http://www.myspace.com/dopestarsinc

Leur Facebook : http://www.facebook.com/dopestarsinc

Leur Twitter : @DopeStarsInc