Archives mensuelles : janvier 2011

Je suis fier d’être un pirate

De toutes part les lobbies de l’industrie du divertissement et les politiques essayent de nous faire croire que le mot pirate est sale. Que le pirate est un égoïste qui va gaver son disque dur du travail des autres sans aucune considération pour celui qu’il serait en train de « voler ». Je me revendique pirate et j’en suis fier, parce que la réalité d’un pirate est à des années lumières de cela !

La réalité d’un pirate est bien différente de ce que l’on veut nous faire croire pour protéger ceux qui sont finalement les plus néfastes à la culture : ceux qui vont décider de ce que vous écouterez, regarderez, achèterez demain… Ceux qui finalement font de l’argent sur le travail des autres sans aucune considération pour celui qu’ils sont en train de voler (vous remarquerez que les guillemets ne sont plus de circonstance).

Un amoureux de la culture et de la découverte

Le partage – ne me parlez pas de téléchargement – est un acte noble, il s’agit de faire profiter de ce que l’on possède à quelqu’un d’autre. Le partage à l’ère numérique a une portée philosophique encore plus importante à mon sens : on partage plus, on partage mieux et on partage avec d’illustres inconnus.

Si un modèle de société pouvait se créer sur ce principe à l’échelle mondiale (je ne parle pas de communisme où il reste un point central mais de réel partage décentralisé) on vivrait en pleine utopie. A l’échelle de la culture et de l’information on partage déjà, philosophiquement, l’essentiel (oui c’est plus important de manger mais on va se contenter d’une approche strictement philosophique).

Finalement quand je partage une œuvre, je ne fais qu’appliquer les préceptes enseignés par nos parents (enfin je ne sais pas pour les tiens mais j’avais intérêt à ne pas garder l’ordi trop longtemps quand je n’en n’avais pas encore une dizaine à moi tout seul). Internet a juste changé l’échelle de ce geste et la portée, à la base restreinte au seul cercle d’amis, s’internationalise et se diversifie.

On peut partager des informations avec un Chinois sur Twitter, on peut partager de la musique avec un Finlandais, … Les possibilités sont infinies et là encore c’est beau. J’ai toujours, à 23 ans et alors que je suis un pirate depuis des années, un petit frisson quand je lance mon client P2P – je sais ce qui se passe derrière et à quel point la technologie rapproche et cultive les gens.

Certains sont attachés à l’objet disque, ou au DVD et continuent à en acheter alors que la plupart commence à comprendre qu’ils se font joyeusement entuber. Moi je suis attaché au partage et je trouve qu’un disque en plastique ou une interface de commerce en ligne sont froids et n’apportent rien…

Un intérêt pour l’intérêt

Être pirate c’est avant tout être curieux. C’est peut-être même le seul point commun avec le hacker moyen avec qui on le confond trop souvent.

Je suis curieux de tout, je passe des heures chaque semaine à écouter de la musique de tous les pays, à découvrir des artistes, des cultures, des façons de penser, des gens, … Tout cela grâce au piratage !

Réfléchissez un instant à ce qu’aurait été le monde de la musique sans le piratage…

Personnellement je vois une dizaine de majors qui décident de ce que le peuple, ignare qu’il est, aura le droit d’écouter ou pas. Grâce au piratage, qui a mis les majors en question face à leurs responsabilités, des offres concurrentes au système centralisé de diffusion de la culture on commencé à émerger, des entreprises se sont fondées pour proposer de la musique libre, d’autres sur un business model tout à fait différent de la vente de CD physiques,…

A l’heure actuelle on dispose d’un choix jamais égalé pour se cultiver ou s’informer. Ce choix se serait de toutes façons élargi avec le développement d’Internet en soit, mais le partage à grande échelle a foutu un bon gros coup de pied au cul des acteurs en place et qui régissaient les goûts des populations mondiales.

Les pirates sont les vrais amis des artistes

C’est un constat que j’ai vu vérifié depuis trois mois que je suis à la tête du Parti Pirate : les artistes les vrais aiment à être piratés ! Un « artiste » qui se bat contre « le téléchargement illégal » est un business man qui ne réfléchit plus en terme de créations mais d’argent, et qui de plus réfléchit très mal !

Un point commun à beaucoup de pirates est le fait qu’ils produisent eux aussi, que ce soit des textes, de la musique, des photos, … et certains même de façon professionnelle.

Pour ma part j’écris ici, ailleurs, dans des bouquins (faut que je m’y remette), j’ai fait de la photo (plus le temps), j’aimerai faire de la musique, … Et croyez-vous que je m’offusquerai quand on me partagera ? Non ! Il faut, pour le bien de la création, que celle-ci voyage, qu’elle rencontre son public !

Pourquoi alors certains se battent contre cela ? Parce qu’ils ont trouvé un moyen de vivre de leurs créations et qu’ils ont peur que cela s’arrête… Mais si cela doit s’arrêter ce ne sera jamais parce que l’on vous partage trop, ce sera parce que votre public ne vous plébiscite plus. Quel meilleur moyen pour cela que de s’attaquer à la main qui vous nourrit sans réfléchir un instant à ce que le public, qui a justement permis aux artistes d’arriver à vivre de leurs création, va penser de se voir ainsi traité…

Mais surtout les pirates sont les seuls à demander à ce que les moyens de rétribuer la création évoluent et favorisent à la fois le public – ce qui permettra à celui-ci de continuer à profiter de la profusion de choix qui s’offre à lui – et l’artiste ! Les politiques et les lobbies n’ont finalement d’autres intérêts qu’eux même dans ce combat qu’ils mènent face aux pirates.

Toute personne clamant que le piratage tue la culture ou l’artiste est un démago qui sait très bien qu’il ment et pourquoi il le fait : la culture ou les artistes ne disparaitront jamais, les intermédiaires et les vendus oui…

Je suis un pirate et c’est probablement un des traits de ma personnalité dont je suis le plus fier !

Hadopi : automatisation d’un échec annoncé

Ce matin j’étais, comme je l’ai déjà été en juin dernier il me semble, convié à une conférence de presse Hadopi. Je ne suis plus journaliste depuis des années aussi j’y vais en tant qu’opposant et président du Parti Pirate. C’est d’ailleurs un point qu’il faut leur reconnaitre : un certain nombre d’opposants étaient présents dans la salle.

C’est le seul point que je vais leur reconnaître (une fois n’est pas coutume) car cette conférence de presse ne fait que confirmer une fois encore mes craintes par rapport à cette usine à gaz antédémocratique.

Pour ma part si je vais chez Hadopi c’est à la fois par esprit d’ouverture – je suis prêt à apprendre de tous, même de ceux qui ont une vision de la société diamétralement opposée à mes idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité – et parce que j’aime à pouvoir poser des questions qui dérangent un peu en fin de séance… Hystérique du net que je suis…

Cet article n’a pas but à résumer tout ce qui s’est dit mais je veux rebondir sur certains points qui m’ont choqué au point que je délaisse deux minutes la LOPPSI et la Tunisie pour revenir sur Hadopi et publier ici.

La Hadopi est en train d’automatiser son fonctionnement là où ils se défendent au contraire de conserver un caractère humain. Ils font évoluer leur plateforme technique afin qu’elle intègre les critères actuellement observés par les membres de la Commission de Protection des Droits (CPD) et que celle-ci puisse éventuellement être supprimée à moyen terme. Le dernier organe humain sera donc la hotline de la Hadopi (il reste la comm mais vu comment leurs interventions sont millimétrées je ne vais pas vraiment pouvoir lui donner un caractère humain sans esquisser un sourire).

Pour justifier l’inversement de la charge de la preuve qui caractérise la contravention de « négligence caractérisée » Mireille Imbert Quaretta (MIQ) nous a parlé de l’infraction de commission par omission, prenant comme exemple quelqu’un qui n’aurait pas renouvelé sa carte grise dans le délai imparti par la loi. Je n’ai pas eu le loisir de réagir sur ce point mais comparer un acte trivial et purement administratif comme le renouvellement d’une carte grise à une obligation de sécurisation de son accès à Internet est une abstraction simpliste (dont on commence à avoir l’habitude avec la Hadopi).

N’oublions pas que l’on demande à n’importe qui d’être en mesure de sécuriser l’insécurisable (tous les éléments d’une connexion Internet ne sont pas accessibles en paramétrage par l’utilisateur). Quand bien même ce serait réalisable, cela resterait d’un niveau de technicité élevé (j’en suis moi même incapable alors que travaillant dans la sécurité informatique). N’oublions pas non plus que cette infraction par omission donne lieu à une amende de catégorie 5 avec confiscation de l’objet du délit : la connexion Internet, on ne supprime pas la voiture d’un automobiliste qui a oublié de renouveler sa carte grise !

Là où j’ai pu intervenir par contre c’est sur le fait que les secondes recommandations commencent à partir dans les jours à venir. Je leur ai fait remarquer (sous forme de question mais bon…) que la procédure pénale s’enclenchait donc (la seconde recommandation se faisant par LAR elle est des pièces constituant le dossier qui sera transféré au parquet) alors que le volet pédagogique de la loi lui était toujours au point mort (non la peur du gendarme n’est pas de la pédagogie !).

On m’a donc répondu que le lancement de ce volet aussi était imminent. Pensant joyeusement trouver bientôt un portail des offres légales et un portail m’expliquant comment sécuriser ma connexion Internet (pour ce qu’elle est sécurisable) dans les jours à venir j’ai abandonné le micro au prochain détracteur. Sauf qu’en rentrant j’ai sagement lu le dossier de presse de la Hadopi et constaté que le portail de référencement des offres légales verrait le jour, normalement, fin 2011 !

On commence donc joyeusement à taper sur les consommateurs sans leur expliquer l’alternative légale à la méthode, délictuelle d’après eux, utilisée pour avoir accès à quelque chose d’aussi fondamental que la culture ! On nous reprochera pénalement des faits sans nous expliquer comment y remédier !  Pour reprendre l’exemple de la carte grise c’est comme si on nous intimait l’ordre de la faire refaire sans que l’on sache où ou comment…

En fin de conférence j’ai répondu à quelques journalistes avant que MIQ passe juste devant moi et commente la réponse qu’elle m’avait faite à la question précédente… Je lui ai reproché sa sortie dans le figaro à propos des justiciables Hadopi dont elle se moquait ouvertement. Elle m’a répondu, en s’emportant au passage, que c’était là de la tendresse et qu’elle croyait que sur Internet on avait de l’humour… Sans commentaire…

On finit sur un coup de lulz (parce qu’on a de l’humour sur Internet) : lors de la conférence la Hadopi s’est félicité de son site Internet (troué) et de ses 350.000 visiteurs par jours… Dans le dossier de presse je lis par contre qu’il s’agit de 350.000 pages vues par mois, un écart donc très considérable et qui laisse à penser qu’il est fréquenté par environ 1500 à 2000 personnes par jour (loin des 350.000) soit un peu moins que ce blog quand je publie ^^

Une tranche de vie

Aujourd’hui a été une bien longue journée… Elle a commencé par un mail me prévenant que nous n’avions plus de nouvelles d’un membre du PP Fr parti en Tunisie pour créer le PP Tn… Depuis je n’ai pas arrêté jusqu’à, ce soir, tomber sur un cas qui m’a fait avoir recours à Twitter, d’où mon article un peu mylife de ce soir.

Après avoir passé près d’une heure au téléphone avec le ministère des affaires étrangères ce midi mon téléphone n’a presque plus de batterie quand je quitte le travail à 18h pour espérer pouvoir prendre des nouvelles du front dès ce soir.

Sur le chemin pourtant relativement court qui sépare mon bureau du métro je tombe sur une sans-abri que j’ai l’habitude de voir dans le quartier, elle est en fauteuil roulant : elle n’a qu’une jambe.

En l’occurrence, elle est par terre à côté de son fauteuil avec un air énervé et désemparé à la fois, je lui demande donc ce qui se passe, elle ne peut pas me répondre : elle ne parle pas Français.

Ce qui se passe en fait c’est que la roue droite de son fauteuil est pétée au niveau du moyeu, il est inutilisable… J’essaye avec son aide de renfoncer le cadre qui maintien les rayons dans le moyeu en question mais rien n’y fait.

Passe alors une patrouille de police que j’interpelle et qui va essayer de nous venir en aide. On décide de chercher un cordonnier dans les alentours pour voir s’il peut effectuer la soudure que je pense nécessaire. Aucun des deux que nous sollicitons n’est équipé pour souder sur de l’aluminium…

Je décide donc de passer un appel via Twitter en espérant que quelqu’un nous aidera alors que nous envisageons toutes les possibilités avec les officiers de police.

C’est finalement Police secours qui va la prendre en charge une petite heure après que je sois sorti du boulot.

MAIS : rien n’est résolu, son fauteuil est toujours dans le même état et elle a juste été transportée dans un centre situé aux alentours du théatre de Marigny (aucune info supplémentaire). Je ne sais pas combien de temps elle va pouvoir ou vouloir y rester ni ce qu’ils vont pouvoir faire pour elle.

Aussi j’aimerai que l’on identifie ledit centre et que l’on trouve une association capable de lui fournir une roue ou mieux encore un fauteuil neuf !

Je ne découvre pas la misère, je ne suis pas innocent. Mais vu la façon dont mon message initial a été relayé j’aimerai que l’on profite de cet outil formidable qu’est Internet pour témoigner à cette personne notre générosité et une certaine forme de mobilisation.

J’ai essayé de contacter une amie qui travaille à la croix rouge pour avoir plus d’informations de sa part mais elle ne répond pas pour le moment.

Si vous avez dans votre entourage des gens qui peuvent aider, ou si vous même le pouvez, merci de faire tout votre possible.

Je lui ai donné de l’argent, elle a donc de quoi payer des éventuelles réparations, voire même une roue (aucune idée de ce que ça peut coûter) mais faites quelque chose…

Merci de ne pas Flattrer ce billet mais de le relayer autant que possible, merci aussi de ne pas encombrer les commentaires inutilement et de ne poster que pour apporter quelque chose à la situation. Si vous préférez la discrétion le formulaire de contact est là pour ça.

Pour ma part je vais essayer de me reposer 5mn après une semaine très difficile donc ne vous étonnez pas si je ne suis pas réactif, je vous lis et apprécie l’action de chacun de vous qui aidera.

Je vous tiendrai bien sur au courant.