Archives mensuelles : novembre 2010

Engagez vous qu’ils disaient !

Partout on voit des projets de CrowdSourcing émerger se posant en défenseur de la liberté des peuples : le pouvoir par le peuple et pour le peuple ! Mais la part des gens qui contribuent réellement aux causes qui les intéressent est relativement faible et s’il l’on veut avoir un impact réel sur la société il faut que cela change !

Nous sommes chaque jour plus nombreux à nous plaindre de la politique appliquée à l’Internet, au partage, aux libertés fondamentales (ne rayez aucune mention inutile et complétez la liste) et pourtant le nombre de ceux qui font entendre leur voix ou qui participent à faire entendre celles de ceux qui gueulent déjà haut et fort est toujours aussi faible.

Nous avons besoin de vous, de chacun de vous, parce qu’en face la pression qu’exerce le gouvernement est très forte. La fatigue que chacun de nous subit, la lassitude de voir ceux d’en face sortir de grosses conneries quand elles ne viennent pas même de ceux qui partagent nos idées, eux aussi fatigués de subir…

Mais si le gouvernement peut espérer faire tomber un par un, de fatigue, de lassitude, … (là encore aucune mention inutile) les opposants déclarés à toutes ces lois qui visent à restreindre nos libertés, contrôler la presse, censurer le net, … Ils ne pourront jamais faire taire la foule qui gronde en fond…

Et si cette foule venait sur le devant de la scène, si elle grossissait les rangs des associations qui militent dans notre sens, si elle participait aux projets d’ouverture de données au public, si elle s’engageait au Parti Pirate (il faut bien prêcher pour sa paroisse), si cette foule donnait chaque semaine 10mn de son temps à faire avancer les choses… Nous arriverions enfin à un niveau suffisamment important pour que les dirigeants dérogent enfin de leur point de vue actuel : « 5 gus dans un garage »… Sauf que derrière ce garage il y a d’autres garages, beaucoup de garages remplis de gus !

Notre cause est juste, notre propos sera entendu un jour ou un autre… La question est de savoir combien de temps cela prendra et quels auront été les dommages collatéraux d’ici là ?

Si vous voulez continuer à vivre dans un pays que l’on a qualifié par le passé de pays des droits de l’Homme il est temps de faire entendre votre voix, de montrer que nous sommes nombreux et de gonfler les rangs de la contestation afin qu’ensemble on puisse proposer un schéma de société qui ne sacrifie pas les libertés fondamentales aux « problèmes » d’industries vieillissantes, de la morale, ou de tout autre sujet qui pourrait être traité sans que les dégâts soient tels que la démocratie devienne un vague souvenir…

Des pirates et des artistes…

A mon grand étonnement j’ai appris il y a peu que certaines personnes considéraient le Parti Pirate comme une organisation « anti-artiste ». Si je ne peux m’exprimer sur ce point au nom du PP ici je tiens à témoigner de ma vision personnelle des choses, en tant que pirate assumé.

Aujourd’hui on utilise le mot pirate à tout va, là où le mot était utilisé pour désigner une personne qui tue, viole et pille il y a quelques décennies les lobbies divers et variés de l’industrie ont réussit à détourner la signification pour que le terme soit à applicable à presque tout un chacun.

Mais qu’est ce qu’un pirate ?

Un pirate (actuel) est quelqu’un qui veut profiter de la culture telle qu’elle existe sans pour autant passer systématiquement à la caisse. Cet acte peut avoir plusieurs raisons qui à elles seules pourraient faire l’objet d’un article, mais le fondement est là : un pirate est un public.

Pour ma part j’achète des livres presque au kilo, je télécharge de la musique, des séries et de films de façon très régulière (en tout cas quand mon emploi du temps me le permet), je vais à des concerts, des expos, des représentations de théâtre… Bref j’aime l’art !

Je l’aime tellement qu’une grosse part de mon budget passe effectivement là dedans et que j’y consacre une grande partie de mon temps, que je pourrai passer tout autrement à boire et faire la fête avec des amis…

Qu’est-ce que l’art ?

L’art est un synonyme de la création, c’est une notion qui peut désigner à peu près n’importe quoi qui ait été créé pour divertir et pas pour assouvir un autre but.

Ceux qui créent sont parfois appelés des artistes (certains rejètent ce terme), mais ce n’est pas cela qui est important à la base : c’est l’art en lui même.

Ainsi lorsque l’on promeut un accès pour tous à l’ensemble de l’art on pense avant tout au public, mais l’essence de l’art étant de divertir (ce qui ne peut être fait sans public) les artistes en profitent par extension en trouvant un public. Et là où le législateur va penser à un type d’artiste en particulier nous souhaitons que tous, qu’ils soient signés ou non, qu’ils aient envie de l’être ou non, … aient leur chance face au public et ce, sans avoir à passer par des intermédiaires qui ont tout intérêt à limiter l’offre pour en garder le contrôle.

Peut-on décemment considérer que quelqu’un qui fait passer la création avant le créateur (toutes proportions gardées) soit contre ledit créateur ? Et cette question prend encore plus de sens lorsque l’on considère le fait que l’art a besoin d’un public et que de plus en plus d’artistes n’auraient pas trouvé leur public sans les bienfaits du piratage !

Enfin, en réduisant les pirates au simple partage des œuvres on oublie que ce sont aussi eux qui réfléchissent à un nouveau modèle de financement de la culture qui serait plus juste pour le public mais aussi et surtout pour les artistes qui sont actuellement piratés par les intermédiaires !

Les internautes, Universal 2.0

J’ai eu la chance et le plaisir de lire il y a peu le livre de Pascal Nègre, président d’Universal (critique à venir dans les jours prochains sur Read Write Web) et j’aimerai rebondir sur un point en particulier et en détails ici avec une proposition technique.

Actuellement ce qui bloque réellement les musiques libres, la culture libre en général, c’est le difficile accès aux radios (ou autres médias) qui sont littéralement trustées par les majors… Alors sur la question de savoir à quoi cela est du, j’ai bien mon idée (et non c’est pas pour les beaux yeux des producteurs) mais à la limite on s’en fout !

Ce qui manque aujourd’hui c’est une passerelle entre le public et les artistes… A moins que !

L’idéal de la culture est une culture dans laquelle chacun de nous se retrouve, non pas qu’elle est uniformisée façon majors, mais qu’elle est suffisamment vaste pour que si vous avez une préférence pour le hardstyle en do majeur et en provenance du sud de la Pologne vous ayez quand même du choix !

Alors qui de mieux pour décider de ce qui plait au public que le public lui même ? N’envoyez pas le nom de votre candidat préféré au numéro surtaxé qui défile en bas de l’écran de votre boite à temps de cerveau disponible, gardez les tous !

Combinez cela avec un réseau social intéressant pour les « simples auditeurs » devenus « simples présidents de leur propre label » et vous avez tout ce que l’Internet a a offrir de meilleur. Quand on voit le nombre d’utilisateurs de Facebook, Twitter, 4square, … les possibilités sont infinies !

Comme je pourrai écrire dessus pendant des heures, et que si j’avais des heures je préférerai les consacrer à ce type de projet je vais finir cet article par une liste d’idées, bonnes ou mauvaises mais qui me paraissent intéressantes à développer ensemble pour former un réseau social musical qui mette réellement en avant la musique !

  • un moteur de recherche ultra-précis et performant
  • des suggestions en fonction de vos goûts et de ceux de vos amis
  • un système de popularité en fonction des goûts de chacun pour trouver ce qui plait aux gens qui ont les mêmes gouts que vous
  • de l’incentive à la découverte avec des récompenses pour les meilleurs découvreurs
  • une rémunération directe du public à l’artiste, typiquement via Flattr
  • une interconnexion avec les réseaux sociaux existants pour partager toujours plus
  • une interconnexion avec les plateformes de musique en ligne existantes pour avoir plus de choix
  • des applis mobiles sous forme de webradio avec plébiscite simple
  • du téléchargement gratuit et légal pour propagation de la musique !
  • pourquoi pas une boutique type spreadshirt par groupe (business model ?)

En quelques mots tout est possible et il est temps que le possible devienne réel et permette à la culture de se libérer au détriment des majors qui n’ont que trop longtemps verrouillé tout cela à grand coups de popstar, star’ac et j’en passe !

Mobilisons nous contre la LOPPSI

Depuis des mois on se bat tous contre la Hadopi au point que le gouvernement, qui aime bien nous occuper à droite à gauche, risque de faire passer une loi au moins aussi dangereuse (voire plus quand on sait qu’Hadopi est une blague) : la LOPPSI.

Je suis incapable, bien que l’ayant lu et ayant suivi une bonne part des débats à son propos, de vous énumérer le champ d’action de la LOPPSI tant celui-ci est vague. Dans ce texte fourre-tout se battent pèle-mêle la vidéosurveillance, des textes clairement xénophobes, des mesures contre les militants de tous bords et toutes convictions, … et le filtrage du net.

Sur la forme déjà on est très loin d’un texte de loi classique qui a pour but de répondre à une problématique précise. Au lieu de cela le ministère de l’intérieur nous gratifie d’un texte dans lequel les pires horreurs se partagent la vedette espérant qu’un certain nombre ne seront pas censuré par le conseil constitutionnel…

Sur le filtrage du net

Le motif invoqué ici est de « lutter » contre la pédopornographie qui pollue notre beau réseau. Personnellement, et malgré un usage intensif du net (4chan included), je peux compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où je suis tombé sur ce type de contenus. Et si j’ai été choqué par cela j’ai fait ce qu’il fallait : j’en ai référé à l’hébergeur des dits contenus afin de les faire disparaître et non pas de les masquer !

Face à ce type de contenus c’est la seule solution et l’Allemagne qui avait envisagé le filtrage et lui a préféré ce type d’agissement est un très bon exemple de résultat positif : 93% des contenus retirés en moins de deux semaines !

Le filtrage aura pour seule conséquence de renforcer ces organisation qui fonctionnent déjà via des réseaux sous-jacents à Internet (ce qui explique que l’on n’en croise que très rarement sur Internet) en généralisant la crypto-anarchie qu’Hadopi a déjà commencé à instaurer…

Une fois ces mesures en place et en activité (elles seraient déjà en place selon l’industrie du divertissement qui ne rêve que de cela) il n’y aura aucun moyen de savoir si ce que l’on visualise sur le net est un contenu altéré, original ou s’il a même jamais existé dans le cas où la censure serait totale.

Enfin rien ne permet de garantir aujourd’hui ce à quoi servira le filtrage demain. Il était censé être réservé aux contenus pédopornographiques et doit déjà être utilisé pour les sites de jeu en ligne et bientôt le téléchargement prétendument illégal…

La liste étant, par nature, confidentielle il n’y aura aucun moyen de vérifier son contenu. Du moins jusqu’à ce qu’elle filtre sur wikileaks et que les pédophiles disposent d’un parfait annuaire de sites qui auraient tout aussi bien pu être fermés et que les autres constatent avec horreur que la censure à la chinoise / tunisienne est bien en place au pays des droits de l’Homme…

Sur la vidéo-surveillance

La logique de justice automatique instaurée avec les radars fixes, puis la Hadopi se poursuit et le gouvernement veut faire de la France une version géante de Levallois Perret (la ville la plus vidéosurveillée de France).

Et si le gouvernement s’entête à parler de vidéo-protection c’est qu’il y a une logique derrière tout cela : automatiser la justice et en particulier la constatation d’infraction (comme le fait Estrosi à Nice). Si déjà cela peut paraître très original pour du stationnement gênant, imaginez un instant que cela serve à repérer les regroupements de jeunes, les manifs, à suivre des individus à leur insu dans le cadre d’une enquête, …

Est-il vraiment besoin de faire le parallèle avec un certain bouquin de George Orwell ?

Sur le reste

Comme je l’ai dit en introduction le texte couvre des points très larges dont, pour la plupart, je n’ai qu’une approche de néophyte. Je ne me risquerai donc pas ici à une analyse totale de la loi. Mais le point essentiel à conserver en tête est que celle-ci touche chacun de nous ! Que ce soit à travers des deux points évoqués ici ou d’autres articles qui vous concerneront en particulier, vous ou un proche, …

Il est très urgent de se réunir à ce propos et de démontrer aux dirigeants, comme nous l’avons fait pour la Hadopi qui est aujourd’hui vidée de toute substance et dont la seule fonction est de dilapider l’argent du contribuable en envoyant massivement du spam, que la LOPPSI doit être, si ce n’est abandonnée, complètement revue et ce en respect des droits et libertés fondamentales garanties par la loi !

Informez vous, informez vos amis, informez vos ennemis ! Mais ne laissez pas ce texte passer !

Alors la CMJ, 100% kiff ?

Il y a quelques jours / semaines de cela notre gouvernement préféré (bon en vrai on n’a pas vraiment le choix avant 2012) nous sortait sa fameuse carte musique jeune accompagnée de ses supers spots TV sur lesquels je ne reviendrai pas tant ils sont ridicules et m’ont conforté dans l’idée que le gouvernement en question prend tous les jeunes pour des mollusques sans cervelle…

Le principe de cette superbe initiative qui en arrangera plus d’un (mais toujours pas les artistes hein !) est que l’état subventionne la moitié de la consommation légale de musique du jeune, cette espèce de plus en plus répandue qui bizarrement aime la culture. Bien entendu tout cela est plafonné et très bien encadré (héhé).

Le gros reproche que l’on peut faire à cela est donc que, après la Hadopi, l’état fait encore un gros cadeau aux ayants-droits en tapant dans ses finances pour renflouer les caisses d’une industrie qui va maaaal (je tiens un tube de l’été là non ?).

Le point positif est qu’une alternative sérieuse, en la présence de CD1D une plateforme qui regroupe des labels indépendants, est aux côtés des géants du marché.

Et puis ce matin, le casque sur les oreilles, en train de bosser, démarre une horrible pub Deezer pour Justin Bieber ou autre joyeuseté qui passe très bien au milieu d’une playlist d’electrogoth/indus/boum boum en tous genre…

Gros pétage de câble, je retrouve le lien de la CMJ (que je ne peux pas poster ici, c’est interdit ^^) et regarde les tarifs pour le site Deezer. Verdict : première formule à 5€ les 6 mois… Bon bah fait péter !

Résultat le site (très bien conçu par mes amis d’Extelia) me demande deux fois mon mail et m’envoie, 15 minutes plus tard un lien de vérification du mail très (trop) simple à falsifier…

Le lien a une structure bien connue :

https://www.moncompte.carte-musique.gouv.fr/cmj//pages/subscription/[email protected]&technicalID=14083

La vérification se fait donc sur le mail et un nombre qui m’a tout l’air d’être le numéro de l’entrée de votre compte client en BDD (auquel cas ils ont 14083 clients potentiels ce qui est très très peu !).

Concrètement ça se bruteforce pour faire une commande sur un mail qui ne vous appartient pas : remplacez le mail par le mail saisi à l’inscription, et on teste tous les id en partant de 14083 jusqu’à tomber sur le sien…

Encore un défaut de sécurisation manifeste !

Accessoirement le mot de passe est aussi envoyé en clair et je vais donc faire une demande pour que l’on me certifie qu’ils sont bien cryptés en base…

Une bonne quinzaine de minutes plus tard encore je reçois un code à saisir sur une page de deezer dont on me file à nouveau le lien.

Résultat : plus jamais de Justin Bieber !!!

Je ne suis pas en train de faire la promotion de cette carte dont je trouve le principe stupide, je ne suis pas en train de vous recommander d’en faire l’achat… J’ai juste pour une fois décidé de profiter des conneries du gouvernement pour mon propre profit (oui j’ai bien moins de 25 ans) et ce même si cela engraisse des maisons de disques qui vont imposer des conditions scandaleuses aux Deezer et consorts.

J’avais aussi beaucoup envie d’essayer pour voir comment tout cela fonctionne… Maintenant si je dois me payer un abonnement Deezer (dans 6 mois je dirai) je le ferai sans l’aide de nos impôts qui pourraient être utilisés de bien meilleure façon…

Accessoirement (et cet article commence à être vraiment décousu mais rassurez vous il est presque fini) Deezer acceptant Paypal je me suis servi de ce mode de paiement sur lequel restait encore l’argent gagné grâce à Flattr (et surtout à vous) et je trouve la situation bien cocasse…

Ah et tout ce que je découvre sur Deezer je fini par le télécharger pour l’écouter à la maison. Puis je vais aux concerts quand les artistes me plaisent… Effet sur le téléchargement : zéro, effet du téléchargement sur les revenus de l’artiste : 100% kiff !