Archives mensuelles : septembre 2010

Sécurisation de la ligne – Même chez Hadopi c’est pas gagné !

Hier soir j’ai reçu un appel de Renaud Veeckman, l’un des créateurs de SOS-Hadopi et un très bon compagnon de travail (Offres Légales et Ethiques notamment) me prévenant qu’il serait ce matin sur Sud Radio pour discuter de son bébé (monté avec Jerôme Bourreau Guggenheim et Christophe Berhault).

Ayant complètement zappé je me suis penché sur le podcast de rediffusion de l’émission (disponible ici, pas de licence visible donc il reste là bas – à partir de 68 minutes) que j’ai écouté en travaillant. Je suis du coup agréablement surpris d’entendre monsieur Eric Walter, secrétaire général de la Hadopi également présent sur l’émission et qui va du coup pouvoir présenter son point de vue et l’opposer à celui de Renaud dans un débat qui promet d’être intéressant.

Et bien figurez vous que j’ai appris quelque chose sur Hadopi ! Apparemment si l’on éteint son ordinateur la connexion est sécurisée ! Ce qu’il y a de bien c’est que j’ai plusieurs ordinateurs dont au moins un est toujours éteint (certains sont même débranchés !) – Dois-je en conclure que ma connexion est de fait sécurisée ?

Passé la caricature (on comprend bien qu’il s’agit là d’une bourde sans réelle gravité) je m’inquiète de l’impact d’une telle désinformation sur la ménagère de moins de 50 ans qui écoute Risoli et qui se dit « oh bah ça va, tant que je suis devant mon PC je risque rien » et qui, une semaine plus tard reçoit un courriel Hadopi parce que son réseau wifi est ouvert…

A bon entendeur !

Ne cassez pas Hadopi.fr !

Ceux d’entre vous qui me connaissent un peu doivent se demander quelle mouche a bien pu me piquer que je vous demande de ne pas vous attaquer à Hadopi.fr… Alors il va falloir que j’explique un peu où je veux en venir et ce qu’il faut faire de Hadopi.fr

Aux dernières nouvelles, Hadopi.fr devrait voir le jour vendredi ou lundi prochain… Les mails suivant de quelques jours…

Le site sera très probablement linké dans les mails en guise de complément d’information pour madame Michu, cible prioritaire de la Haute Autorité. Il y a aussi de grandes chances que le site contienne un certain nombre d’infos sur les tentatives (nombreuses probablement) de phishing qui vont voir le jour avec notre cher Hadopi.

Eric Walter a d’ores et déjà prévenu que le site ne serait pas à l’épreuve des DDOS et c’est très bien ! Il n’est pas utile que plus d’argent (notre argent) ne soit gaspillé dans le gouffre Hadopi qu’il n’en n’est déjà dans un combat de toutes façons perdu d’avance. Et sur ce point je sais de quoi je parle : les DDOS ces derniers temps j’en prends plus que des clopes !

Il va de soit que le site sera audité, d’un point de vue sécurité, SEO et qualité de conception en général… Mais dans les règles de l’art, sans rien casser. Si vous en avez le niveau je vous invite d’ailleurs à vous joindre à moi (/nous) dans cette entreprise qui risque de s’avérer très cocasse si le site fait montre de négligence caractérisée…

Mais là où Hadopi ne répond pas au manque à gagner supposé de la création par des mesures ridicules nous ne devons pas nous abaisser à leur niveau par un DDOS qui ne prouverait rien et ne ferait que les conforter dans l’idée que nous sommes de sales pirates tout juste bons à casser / piller / violer madame Michu !

Alors oui à l’Hacktivisme et non aux lame DDOS !

Et si vous trouvez une faille méfiez-vous quant à la façon de la publier, pas sûr qu’ils aient beaucoup d’humour sur le full disclo sur ce coup là…

[Parti Pirate] Un appel aux artistes et à la raison

Voici un article publié sur le blog du Parti Pirate que je vous invite à reproduire et à diffuser autant que vous le pouvez. Il est sous licence creative commons by SA et vous pouvez donc en faire à peu près ce que vous voulez à partir du moment où vous citez la source : http://www.partipirate.org/blog/com.php?id=1332.

Je profite de ce billet pour vous informer que ce blog ainsi que mes autres sites et mon Twitter reprendront un rythme de publication / une activité normale la semaine prochaine, cette semaine je suis encore très difficilement relié à notre cher Internet (mais j’y arrive, coupé du monde en ZI dans une boite où mon laptop n’est pas reconnu comme faisant partie du réseau – bonne chance Hadopi pour m’empêcher de me connecter).

Billet original :

Ce billet est écrit à destination des auteurs, des interprètes, des réalisateurs, des acteurs, des musiciens,… en un mot, des créateurs.
Il est à pirater massivement et à diffuser partout où c’est possible pour vous, (en respectant bien entendu les chartes des divers sites où vous pourriez le copier/coller).

Bien trop souvent, ceux qui ont des intérêts [strictement] financiers dans la création telle qu’elle existe aujourd’hui, ont tendance à opposer pirates et créateurs. La schématisation est toujours de mise et le constat final toujours le même : les pirates volent l’oeuvre des créateurs, ils ne se soucient pas de ceux-ci et n’ont en tête que de remplir leurs disques durs… Les pirates nuisent donc à la création.

La réponse elle aussi est souvent la même : les effets nocifs du piratage sur la diffusion (manque à gagner ?) d’une oeuvre n’ont pas été prouvés et ne peuvent pas l’être : comment prouver qu’un téléchargement équivaut à une vente perdue ? (la preuve par l’absurde prend ici tout son sens pour démontrer le contraire par contre).

La réalité est finalement à mi-chemin entre ces deux interprétations d’une situation de toutes les façons bien plus compliquée que l’approche manichéenne actuelle ne permet de le supposer. Les créateurs sont souvent ravis de voir leurs œuvres trouver un public (même si parfois amers que ceux-ci se livrent à ce qu’ils ressentent comme un pillage de la dite œuvre) et le public est juste excédé des sommes que les intermédiaires actuels prennent sur le dos des créateurs, conscient néanmoins que leurs artistes fétiches méritent une rétribution à la mesure de leur succès.

Alors, qui organise ce combat des artistes contre leur public ? Autant la situation est compliquée, autant la réponse à cette question est d’une évidence troublante : les intermédiaires ! Ils n’ont en effet aucun intérêt à voir les créateurs se rapprocher de leur public sachant que ce qui, pour le moment, permet cette distanciation est leur raison de vivre et de gagner de l’argent.

Pendant des années, ces intermédiaires sans scrupule se sont servis sur le dos de la création, et aujourd’hui, alors que le monde de la culture n’a plus besoin d’eux, ils s’accrochent aux branches, dans une tentative détestable et désespérée de reprendre le contrôle d’un monde qu’ils ont gouverné pendant quelques décénies.

Il ne faut pas laisser cela perdurer !

La culture, son mode de diffusion et la rémunération de ses créateurs doivent évoluer !

Imaginez un monde dans lequel vous seriez en contact réel avec votre public, un monde dans lequel vous évolueriez aux côtés d’artistes de tous genres, auxquels le public aurait décidé de donner une chance, non pas parce que l’album, un livre ou un film, était vendeur, (bankable) mais parce qu’ils plaisent !

Imaginez un monde dans lequel vous seriez vraiment payés à la mesure de votre talent, un monde dans lequel quelques artistes ne monopoliseraient pas la quasi-totalité de la rétribution du public pour l’ensemble de la création, répartie en fonction de qui aurait le mieux négocié son contrat, mais où la rémunération serait directement proportionnelle à l’appréciation de l’artiste par son public !

Imaginez enfin un monde dans lequel votre art se diffuserait plus vite qu’il ne l’a jamais fait ou ne le fera jamais, un monde dans lequel un CD acheté appartiendrait réellement à celui qui dépense de l’argent et qui peut décider d’en faire ce que bon lui semble – fédérant au passage un nouveau public, pour vous !

Nous avons eu un exemple formidable d’un créateur littérallement en avance sur son temps cette semaine avec le geste de monsieur Jean-Luc Godard qui, sur ses deniers personnels, a décidé de soutenir James Climent — ce pirate que les intermédiaires s’acharnent à déposséder de tout ce qu’il possède pour la seule raison qu’il a souhaité avoir accès à la culture sans en avoir forcément les moyens.

Sans entrer dans la démagogie pure et en évitant d’utiliser le même type d’image que ceux contre qui nous nous battons (« le piratage tue la musique »), comment pouvez-vous cautionner ce type d’action ?

Nous sommes à l’aube d’un changement considérable dans le mode de consommation de la culture. Ce changement arrivera parce qu’il est nécessaire et logique. Les lois comme Hadopi, les traités comme ACTA ne font que ralentir ce progrès et les formidables possibilités qu’il offre, en faisant tomber au passage des innocents de demain au motif qu’ils souhaitent avoir accès à votre création aujourd’hui…

Il est temps pour vous aussi de faire un pas en avant, et de prendre les devants comme monsieur Jean-Luc Godard l’a fait, et de songer ensemble à des solutions alternatives, de faire pression pour que ces solutions se mettent en place, et en attendant, de faire en sorte que les mentalités changent et ce, en particulier, auprès de ceux que l’on enterrera demain : les intermédiaires.

Auteurs, musiciens, réalisateurs, chanteurs,… créateurs de tous horizons, nous en appelons aujourd’hui à votre bon sens, et à ce pour quoi la création est née, et nous vous invitons à réfléchir à ce que le partage de votre oeuvre peut représenter pour vous, pour votre public, pour le monde…

Et comme Rome ne s’est pas construite en un jour et qu’il est nécessaire de se fixer de petits objectifs intermédiaires dans une quête aussi longue et ardue que celle-ci, nous vous proposons un premier geste hautement symbolique, qui est celui de suivre l’initiative de Jean-Luc Godard.

James Climent a besoin d’un ultime coup de pouce pour réunir la somme nécessaire à la défense de sa cause. Cette somme lui servira, en cas de victoire, à ne pas avoir à payer ces intermédiaires qui se rincent sur votre dos et sur le notre. Pensez-vous que des 20.000€ d’amende, un seul centime est destiné aux artistes « lésés » ?

Aussi, en signe de protestation, vous pouvez aujourd’hui décider d’aider cet internaute qui aurait tout aussi bien pu être vous, (les créateurs aussi téléchargent ) à signifier votre désaccord avec le modèle actuel de rétribution de la culture qui vous lèse autant qu’il lèse votre public. En donnant, même un euro symbolique à James, vous pouvez marquer le coup et nous aider à faire passer le message.

Je vous laisse avec cette image utopique d’un pirate défendu par un avocat financé par des créateurs de tous horizons, souhaitant enfin en finir avec ceux qui, depuis trop longtemps, les opposent à leur public pour se créer une raison d’exister, là où la logique et le progrès voudraient qu’ils aient disparu depuis plusieurs années pour le bien de la culture.

Enfin, je suis prêt à prendre personnellement le temps de discuter de ces problèmes avec tous les créateurs qui en feront la demande,  que ce soit via le net ou sur la région parisienne si mon emploi du temps le permet… Le Parti Pirate doit se rapprocher des créateurs qu’il défend, au même titre que les pirates.

Paul Da Siva le 20/09/2010

Candidature au poste de Community Manager de la Hadopi

La Hadopi a récemment publié des offres d’emploi et je me devais, en grand altruiste que je suis de me proposer pour les aider sur un sujet passionnant : celui de Community Manager d’un produit finalement méconnu de la population ! Voici donc ma candidature !

Hadopi
4 rue du Texel
75014 Paris

Villiers sur Marne, le 19 Septembre 2010

Objet : candidature au poste de Community Manager

Madame, Monsieur,

Vous avez récemment publié une offre indiquant qu’un poste de community manager était disponible au sein de votre administration. Celle-ci présente des avantages certains comme le fait d’être salarié d’état tout en restant à la solde d’intérêts privés, un côté novateur certain dans l’approche systématique d’une surveillance généralisée de la population (gros challenge technique), une marque (qui ne vous appartient pas encore tout à fait) déjà mondialement connue (pas toujours en bien), … Et la liste est trop longue pour rester concise comme l’exige le format d’une lettre de motivation.

Je connais très bien le cadre d’application de la loi qui créé l’Autorité qui aujourd’hui propose ce poste. J’ai animé un certain nombre de communautés par le passé sur des sites personnels ou des médias dans lesquels j’ai pu travailler. Je suis aussi membre de beaucoup d’autres communautés comme le Parti Pirate par exemple. Je connais aussi très bien la Hadopi pour en parler régulièrement sur mon blog. Enfin, je dois avouer que l’un de mes livres préféré est 1984 de G. Orwell et que ce que vous tentez de créer avec la Hadopi et son fameux logiciel de sécurisation m’y fait penser en bien des points.

Ensemble nous pourrions donc faire un travail formidable en vendant, comme c’est le souhait des entreprises privées qui tirent les ficelles de la Hadopi, une solution de surveillance systématique de la population qu’un bon community manager (moi ?) aura la très intéressante tâche de faire passer pour une solution de protection de cette fameuse population si crédule. Je prends bien sûr toute la mesure de la difficulté de cette tâche mais reste persuadé qu’avec vos ressources et ma connaissance du dossier un résultat très intéressant (pour la SCPP et ses alliés il va sans dire) est atteignable à moyen terme.

Je reste à votre disposition pour vous communiquer les d’éléments qui vous seraient nécessaires.

Salutations distinguées,

Paul Da Silva

Paf le don ! JL Godard soutient James Climent

Jusque là je n’avais pas parlé de l’affaire James Climent sur ce blog et c’est un tort. Je suis en contact avec lui depuis début août et lui ai expliqué le pourquoi de ce silence (ça commence par un A et ça finit par TILD) ce qu’il a bien compris. On en a conclu assez vite que ce détail ne devait pas prévaloir sur le sérieux de son affaire et que j’allais du coup commencer à communiquer à son propos.

Dans quelques jours (semaines ?) un site de soutien fait par votre serviteur verra donc le jour.

Un ptit résumé s’impose !

Mais si je décide de vous parler de James aujourd’hui c’est pour tout autre chose… Dans un premier temps on va faire un rapide résumé de ce qui arrive à celui qui pourrait tout aussi bien être votre voisin, votre frère, … ou vous-même !

James est photographe professionnel. Il est donc artiste, mais ne gagne pas des milles et des cents comme les artistes que la SACEM ou la SDRM sont amenés à représenter. Actuellement il vit du RSA et, de ses mots, « dans une situation très précaire ».

Fin 2005 il est repéré en train de télécharger de la musique à l’aide du (génialissime) logiciel Soulseek. La police fait donc un petit détour par chez PafLaPuce (son pseudo) pour découvrir que le vilain pirate possède plus de 13.000 fichiers musicaux acquis « illégalement ». Le sang de la SACEM et de la SDRM ne fait qu’un tour et ceux-ci décident de faire un exemple… Peu importe qu’ils s’attaquent à quelqu’un qui n’a pas les ressources nécessaires à l’acquisition de cette culture (au prix itunes on parle ici de 12.870€).

James est condamné à payer une amende de 1.400€ et à le faire vite. Jugeant le verdict trop faible, la SACEM fait bien sûr appel, quand la SACEM décide de mettre un artiste dans la merde elle ne le fait pas à moitié, que cela se sâche !

L’appel ne lui sera pas vraiment favorable puisque ce n’est plus 1.400€ qu’il est condamné à payer, mais 20.000 ! Entre temps ses revenus n’ont pas doublé par contre et il est toujours, quand bien même il en aurait l’envie, dans l’incapacité de payer cette somme.

What now ?

Parce que c’est là la force de James : il refuse de participer à ce verrouillage de la culture par les majors et déclare publiquement « Je refuse catégoriquement de payer une quelconque amende… S’ils veulent quelque chose, il faudra qu’ils me mettent en prison ».

James défend, comme nous tous, une vision non-commerciale du partage de la culture entre les particuliers. Il n’est pas un pirate, il partage ce qu’il écoute et profite de ce que les autres écoutent… En somme il consomme de la culture comme elle devrait être consommée !

Aujourd’hui il a besoin de 5.000€ pour plaider sa cause et il a, pour collecter cette somme, lancé un appel aux dons via son site. Cet appel a trouvé un écho qu’il convient de souligner et de remercier ici en la personne de monsieur Jean Luc Godard. Celui-ci, que l’on connait pour ses positions très intelligentes sur le droit d’auteur a en effet offert 1.000€ à notre ami photographe !

Act up !

Il convient donc de saluer le geste de monsieur Godard, de l’en remercier et de faire en sorte que ce geste trouve écho à la fois dans la population (moi, vous, votre voisin, …) et dans la communauté des artistes anti-hadopi. Aussi si vous-mêmes êtes artiste, ou si vous connaissez personnellement un artiste ouvertement anti-hadopi faites en sorte que James puisse réunir l’argent nécessaire à sa plaidoirie.

J’ai envie de rajouter aussi un appel aux artistes défendus par la SACEM et la SDRM qui sont pro-hadopi. Je peux comprendre que vous souhaitiez que le téléchargement disparaisse, que les autorités fassent en sorte que cela arrive. Il faut bien comprendre que votre public a tout intérêt à ce que vous puissiez vivre de votre création et le sait… Mais les méthodes employées actuellement pour arriver à cela ne vous profite pas et ne profite pas non plus à votre public… Aussi si vous pouvez prendre conscience de cela et prendre position au moins sur le cas de James pour faire entendre votre voix auprès de la société de défense des droits (sic) qui vous défend sur ce cas précis pour que James ne soit plus traité comme un mercenaire qui désire la mort de votre art…

Quelques liens : le site de James (avec form de soutien), son blog, son Flattr et un portait dans Libé