Quand l’Hadopi n’assume plus d’avoir essayé d’acheter des opposants

22 juillet 2011 — 2:04

Hier j’ai eu la chance d’être convié à la présentation du plan France Numérique 2020 au ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Outre les petits fours (depuis le temps que je voulais goûter des macarons fauchon ^^) et le bon vin je retiendrai une réelle volonté d’ouverture (ne serait-ce que par ma présence et celle de représentants de sociétés d’auteurs dans la même salle) et un début de clash sur Twitter avec Eric Walter (secrétaire général de la Hadopi) auquel j’ai fini par arrêter de répondre devant la mauvaise foi de celui-ci et le débat que j’étais venu suivre qui se poursuivait en face. Je profite donc de mon blog pour revenir sur le « clash » en question de façon plus argumentée et construite que les classiques 140 caractères me le permettent.

Tout est parti de l’interrogation légitime de Benjamin Bayart sur le fait qu’il n’ait pas été invité à la cérémonie d’hier, il a alors tweeté « Ils n’invitent que les geeks qui acceptent l’argent de l’#hadopi ? » et je me suis donc empressé de répondre que je n’avais jamais accepté de l’argent de la Hadopi, bien que ceux-ci me l’aient proposé à plusieurs reprises. La réponse ne se fit pas attendre, et ce même si Eric Walter a récemment décidé de me bloquer sur Twitter au motif que je le mettais trop souvent en copie avant que je ne lui explique au téléphone que son blocage avait aussi comme conséquence de m’empêcher de le suivre… Je le cite : « laquelle #hadopi ne vous en a jamais proposé d’ailleurs ;)  ».

Manque de chance, j’ai une mémoire terrible et donc je note tout ce qui peut avoir de l’importance sur ce sujet dans un joli fichier oowriter (de plusieurs dizaines de pages) que je conserve en sécurité tant les pratiques de la Hadopi sont douteuses. Je n’avais jusque là pas ressenti le besoin d’en parler, puisque finalement ils gèrent leur business comme bon leur semble mais laisser quelqu’un qui a justement tenté de m’acheter (haha quand on sait ce que je pense de l’argent…) me traiter publiquement de menteur est juste au dessus de mes forces…

Ma première rencontre avec Eric Walter a eu lieu chez eux, en octobre 2010 et a duré plusieurs heures (5 pour être précis). Elle faisait suite à une conférence de presse au cours de laquelle déjà Eric (je le vouvoie toujours pour conserver de la distance avec lui mais pour éviter de surcharger le texte l’on va se contenter du prénom) m’avait proposé de rejoindre les labs.

Au cours de notre entretien il réitérera cette proposition à plusieurs reprises, restant volontairement dans le flou sur le poste exact qui m’était proposé. Le lab « Internet et société » a été évoqué mais rien de particulier sur l’intitulé du poste. A ce moment là les postes d’experts associés n’étaient pas au programme et Turblog (/Spyou) qui était dans la même pièce que moi s’est vu proposer grosso-modo les mêmes choses que moi, et l’on sait comment cela s’est fini (avec tout le respect que j’ai pour la démarche et la personne de Turblog).

Dans le même temps des budgets ont été débloqués pour des marchés relevant des missions de l’Hadopi dont un était la création d’un portail d’information sur les moyens de sécurisation de la connexion. Ce budget à 7 chiffres a été proposé à nouveau à des opposants pour la réalisation dudit portail. Il était clairement sur-dimensionné et lesdits opposants l’ont donc refusés (je ne donnerai pas de noms, ne les ayant pas associé à la démarche qui est derrière cet article).

Dans un moment d’égarement et d’humour noir j’avais répondu à l’offre d’emploi de community manager de la Hadopi (lisez le texte avant d’hurler, je ne voulais pas vraiment ce poste hein !) sur mon blog. J’ai donc logiquement été contacté à nouveau par Eric (en DM twitter) qui me demandait, sur le ton de l’humour, quelles étaient mes prétentions salariales. Gageons que si j’avais répondu un chiffre l’humour aurait vite disparu de la discussion. Ma réponse fut plus simple : « vous n’avez pas assez de budget pour m’acheter ».

Un peu plus tard, lors de la sortie du site hadopi.fr, des opposants ont jugé opportun de revoir la FAQ du site qui était pleine de désinformation et se sont, par conséquent, vu proposer de l’argent en rétribution de ce travail. Qu’on s’entende bien, cela est normal, mais je suis convaincu que cela n’était pas nécessaire et, d’un point de vue strictement éthique, risqué pour les deux parties. Je ne sais pas ce que cet argent a fini par devenir mais là encore la Hadopi en la personne d’Eric ont vu large avec le chéquier.

Et enfin tout récemment, quelques jours avant la sortie de la campagne de publicité propagande de la Hadopi, Eric m’a appelé pour me demander si j’acceptais « un travail de la part de la Hadopi » (et ce sont là ses mots). J’ai bien sûr commencé par répondre par la négative avant qu’il m’explique qu’il désirait un avis très critique sur la campagne à venir. J’ai alors accepté à la seule réserve que l’on ne me demande pas d’accepter de l’argent pour ceci. Il me répondra que je suis pourtant en droit de le demander… Finalement pour des raisons d’emploi du temps j’ai découvert les pubs en même temps que vous, avec probablement la même grimace…

Je ne parle ici que de quelques faits, ils sont multiples et tous aussi troubles… Donc monsieur Walter, merci de ne pas me prendre pour un con et d’assumer votre démarche, aussi contestable soit-elle.

Et puisque l’on est dans le full disclo, il est bon de savoir qu’à chaque opposant qu’il a rencontré et que je connaisse, Eric s’est présenté comme anti-hadopi…

10 commentaires » | Non classé

Haterz gonna hate

15 juillet 2011 — 8:13

On m’avait prévenu : quand tu commences à avoir un tout petit peu de visibilité, tu manges. Des fois c’est constructif, d’autres fois c’est destructif. Ces derniers temps et alors que jusque-là le côté destructif était plutôt rare, les haterz se sont déchaînées et j’en ai pris plein la gueule… Je m’en branle :)

Rapide tour d’horizon de ces preuves d’intelligence : j’ai été un troll, un nanti, un énorme con (celle là est d’aujourd’hui), un fils de l’immigration donc quelqu’un qui n’a pas à donner son avis sur la France, un lâche, … Ouais non je vais pas toutes vous les faire.

Alors comment on réagit face à ça ? Franchement ça fait bizarre au début, j’ai eu envie de tout plaquer et de fermer tous mes moyens d’expression plusieurs fois ces derniers temps… Et puis merde ! Y’a pas le choix il vaut mieux s’en foutre…

Alors je vous le dis clairement : j’aime les avis contradictoires, ça me fait plaisir de pousser la réflexion au-delà de ce que je sais déjà, mais si c’est pour m’insulter je vais clairement saturer et fonction de mon humeur vous ignorer royalement ou m’énerver à mon tour. Heureusement je suis un mec difficile à énerver normalement, malheureusement quand je m’énerve ça chie des bulles.

Si je vous ignore ce n’est donc pas que je prends la grosse tête (ah oui tiens je l’ai lue quelque part aussi celle-là) mais que je garde mon calme, mieux vaut pas trop me titiller dans ce cas ;)

A bon entendeur, bisou !

14 commentaires » | Non classé

Une version (beaucoup) plus propre de Piratons la démocratie

13 juillet 2011 — 6:14

J’ai bien lu depuis hier que le livre a « leaké » chez Korben toutes les remarques sur le fond mais surtout sur la forme. Si les remarques sur le fond me parlent, c’est surtout celles sur la forme que j’aimerai voir disparaitre (bah oui c’est un peu con et je dois bien avouer m’être merdé sévère sur la mise en page – c’est un métier mes enfants !).

Aussi je publie aujourd’hui une version beaucoup plus lisible mise en page par Geoffrey Dorne. Il reste des coquilles orthographiques qui m’ont été signalées et seront corrigées, mais déjà le format devrait permettre de se concentrer sur le fond.


Piratons la démocratie

Je suis ravi de voir les discussions soulevées par cet écrit et je tiens à préciser une chose (qui est écrite dans la partie « principe du livre ») : il s’agit de susciter le débat et pas d’apporter des solutions, ce que je me refuse à faire. La cible n’est pas non-plus les avertis que l’on touche déjà à travers de nos blogs ou médias spécialisés traditionnels (même si je serai ravi qu’ils participent au débat) mais bien madame Michu, qui elle n’ira pas sur Numerama ou PCINpact pour se renseigner sur le sujet et pourra par contre être intéressée par un petit livre qui se lit vite et qui est en plus gratuit si elle demande à son fils de le lui imprimer (version en texte brut sortie en même temps que l’édition papier).

En passant, après la lecture n’hésitez pas à remplir la fiche créée sur Sens Critique.

7 commentaires » | Non classé

Piratons la démocratie bientôt disponible chez vous

12 juillet 2011 — 7:29

C’est avec beaucoup d’émotion (j’en ai tremblé et j’ai même versé une larme) que j’ai hier lancé l’impression de mon premier livre : Piratons la démocratie. Je vous en avais déjà parlé ici et il ne me manquait plus grand chose pour finaliser la sortie de ce livre qui j’espère vous plaira.

Dans la foulée je l’ai hier envoyé à tous ceux qui m’ont aidé tant par un soutien financier sur Ulule que par des apports d’idées lors de la rédaction ou avant (et donc forcément j’ai oublié du monde, désolé). Le mail envoyé était le suivant :

Bonjour à toutes et tous,

Avant tout je tiens encore une fois à vous remercier pour votre participation à cet ouvrage, qu’elle soit financière ou par des apports d’idées, de contenus, de discussions,…

Vous trouverez en pièce jointe et en avant-première (j’ai lancé l’impression ce soir) la version numérique du livre que je vous encourage à pirater, à partager, … bref à en faire ce que bon vous semble.

Les mots me manquent face à ce que la publication de ce livre représente pour moi. Je ne saurai jamais assez vous remercier pour votre contribution.

Je vais donc aller à l’essentiel : certains d’entre vous doivent recevoir une version papier du livre. Pour ceux-ci merci de me donner votre adresse (certains l’ont déjà fait, ignorez donc cette partie du mail) pour que je puisse vous faire parvenir le livre dès que je l’aurai reçu.

De tout mon cœur et quitte à me répéter un peu : merci.

Paul

J’espère donc très bientôt le voir en téléchargement un peu partout… Ce qui a d’ailleurs commencé :)

D’ici peu le livre sera disponible au format papier, sous licence CC-by (ILV ne propose pas le CC0, je vais voir si c’est possible quand même sinon tant pis :/) pour un prix de 2.60€, sans aucun droit d’auteur, alors qu’il restera gratuit en version numérique.

Je vais aussi monter un forum de discussion sur http://livres.paulds.fr pour que la discussion puisse prendre part sur ce livre et sur mes suivants. J’ai hâte de revivre cette émotion de voir le projet prendre vie et plus encore de recevoir les 45 exemplaires commandés hier !

Il faut aussi que je lance la traduction de l’ouvrage en anglais et l’impression dans cette langue. Si vous souhaitez le traduire dans une autre langue vous avez bien-sûr ma bénédiction !

Encore un grand merci à tous !

20 commentaires » | Non classé

Non je ne suis pas de gauche… désolé ?

11 juillet 2011 — 6:41

C’est fou comme quand on prend parti contre des mesures débiles lancées par un parti mal dirigé et qui s’est perdu dans ses objectifs on est catalogué comme appartenant à celui d’en face, même s’il n’a « d’en face » que le nom… Raté, je m’en suis aussi pris au PS et il n’est pas plus que l’UMP ma couleur politique.

Actuellement si l’on veut voter il faut s’inscrire (presque automatiquement mais j’y reviendrai) dans le sacro-saint clivage gauche / droite. Si je devais m’y inscrire mon cÅ“ur d’entrepreneur irait plutôt à droite mais le parti majoritaire à droite n’est pas du tout ce qui représente pour moi une couleur politique dont le rôle est de défendre les entreprises pour créer de l’emploi et de la richesse.

Oui je suis un atroce capitaliste qui croit en les vertus de l’entrepreneuriat, n’ayant pas pour le moment eu la chance de voir un autre régime fonctionner mieux, je me dis que le moins pire est pas nécessairement mauvais dans ses principes – son application c’est autre chose.

Pire encore : le parti de droite actuel foule allègrement au pied des valeurs qui pour moi sont fondamentales comme les droits de l’Homme ou la Neutralité du Net (pour ne citer qu’eux). Mais encore une fois ce n’est pas mieux en face et le jour où un responsable du PS m’a dit mot pour mot « je n’en n’ai rien à branler de la misère humaine » je me suis dit que non, je ne suis définitivement pas de gauche… surtout avec une gauche qui « défend » le peuple plus par carriérisme que par conviction ou qui ne se définit uniquement par l’opposition aux projets de la droite.

Bref je suis bien emmerdé au moment de voter, et ce clivage gauche / droite m’insupporte chaque jour un peu plus. Il part en effet du postulat que l’on doit diviser en deux la population pour que certains soient délibérément mis à l’écart, trop cons, trop pauvres ou trop trop riches qu’ils sont pour participer au débat qui finalement les concerne aussi un peu quand même. Je suis d’autant plus emmerdé que j’ai bien conscience que les informations qu’ont la majorité des français est bien partielle et manifestement orientée (ne me dites pas qu’un téléspectateur de TF1 est en mesure d’avoir un jugement clair sur le pays dans lequel il vit) et que dans ce contexte le vote est finalement un jeu de communication des politiques et des médias plus qu’un choix réel et éclairé du peuple.

Pour le moment, à 23 ans, je n’ai voté qu’une fois : nul.

En 2012 je pense, si je suis toujours en France, que je me déplacerai pour voter. Mais je serai bien emmerdé pour choisir un candidat qui me plaise. Le seul mouvement d’ampleur (donc Parti Pirate exclu, parti auquel va bien entendu mon cÅ“ur) qui me paraisse rassembler au-delà de ce clivage nauséabond et contre-productif est le parti des Verts… Reste à voir s’il sera bien mon choix de 2012, pas sûr à l’heure actuelle…

Edit : une chose que j’ai oublié de préciser : je connais des politiques à droite comme à gauche, des militants aussi, qui sont des gens intègres et formidables… Ils ne sont bien sûr pas visés par ce papier et je les prie de me comprendre ou de me questionner ;)

27 commentaires » | Non classé

Remonter