La dictature des chiffres se fout de la gueule du monde
Posted on | décembre 15, 2010 | 7 Comments
Bon je vais faire court parce que j’ai plein de choses sur le feu et que le sujet n’amène pas forcément à débat ou à réflexion mais là je me devais de réagir par rapport à une déclaration de la Hadopi sur les systèmes alternatifs de téléchargement type streaming ou direct download (mafias de leur petit nom).
Je condamne depuis un certain temps déjà ces marchés parallèles qui se développent grâce aux lois de type Hadopi – qui se basent sur la peur qu’a madame Michu de se faire choper – au lieu de remettre en cause les sources réelles du problème… Si problème il y a (mais ça c’est un autre débat).
Et voilà-t-y pas qu’aujourd’hui je lis sur PCINpact que la Hadopi envisage de surveiller le trafic global du Net pour voir si oui ou non il faut s’attaquer à cela en plus du vrai partage qui lui est bon pour la culture !
Donc on envisage de nous caler à tous du DPI dans nos tuyaux là où il suffit de lever la tête pour constater que oui, le ciel est bleu (enfin pas aujourd’hui, mais je reste un éternel optimiste)… Et le tout pour constater les dégâts que la loi portée par les mêmes personnes qui envisagent cela a causé !
Et quand par contre on demande des preuves qui attestent que la baisse des ventes de CD est liée au partage numérique on a le droit à une fin de non recevoir : « mais voyons c’est une évidence » !
La seule évidence dans tout cela c’est que vous voyez ce que vous voulez voir et interprétez les chiffres comme vous avez envie de les interpréter pour nous offrir (enfin on le paye quand même sur nos impôts et c’est pas donné) un magnifique outil de surveillance généralisé de la population d’un côté (la LOPPSI c’est pas fini en passant) et un monopole des industries du divertissement qui se régalent sur le dos des artistes en écrasant les petits créateurs et en méprisant le public de l’autre !
Si je n’avais pas si faim j’aurai envie de vomir !
Wikileaks, une première expression de la puissance du contre-pouvoir citoyen mondial
Posted on | décembre 6, 2010 | 11 Comments
J’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé de titre plus court pour résumer ma pensée… Et déjà là c’est un beau résumé de ce que je le pense de Wikileaks, mais surtout de tout ce qui gravite autour depuis quelques jours que deux camps s’affrontent pour défendre ou censurer (n’ayons pas peur des mots) le site le plus controversé du moment.
Une infowar ?
De ci de là je lis ou j’entends parler d’infowar – de guerre de l’information pour que ceux qui utilisent le mot ramdam pour parler d’un buzz nous comprennent – et j’ai envie de corriger déjà depuis quelques jours. Ce n’est pas tant une guerre de l’information qu’une guerre de l’accès à l’information. En essayant de censurer des informations qui dérangent, alors même que les journaux les ont jugées suffisamment intéressantes pour qu’elles défraient la chronique IRL, les gouvernements de par le monde se sont engouffrés dans un effet Streisand qui veut que l’on ne peut censurer ce que les gens ont envie de voir.
Ce n’est pas tant sur le fond, les informations publiées, que sur la forme, les tentatives de censure, que nous voulons nous battre !
Les médias justement
On reproche à Wikileaks de divulguer des informations confidentielles, leur arguant au passage qu’ils mettent des vies en danger par de telles révélations… Comme pour la pédopornographie avec la LOPPSI (pour ne citer que l’instrumentalisation la plus honteuse actuellement) on choisi donc un point qui peut paraître affecté par es mesures prises (alors qu’ils ne le sont pas, dans un cas comme dans l’autre) et on le jette en pâture à la presse, à grand renforts de chiffres, de menaces et autres joyeusetés très démocratiques.
Alors moi je veux bien que des vies soient en danger, mais à part les menaces de mort sur Julian Assange je n’ai vu passer nulle part d’info permettant de remonter à une source ou d’information dans les actualités du type « un mort à cause des révélations de Wikileaks »…
Sur ce point les médias remplissent leur rôle et ne font qu’informer la population de ce qui se passe dans leur pays… En l’occurrence le pays de l’Internet c’est la planète Terre… A noter d’ailleurs que même le pire exemple de neutralité des médias, TF1, s’est fendu d’une minute et demi de journalisme au vingt heures pour évoquer le cas Wikileaks, refaisant au passage tout l’historique du site passé sous silence depuis 4 ans…
Enfin pour conclure sur les médias, que serait-il advenu si la source de Wikileaks était allé directement au New York Times pour donner, anonymement, ces informations. Sur qui aurait-on tapé ?
La politique
Nous, le Parti Pirate, avons réagi à la sortie manifeste de monsieur Eric Besson qui a demandé, en sa qualité de ministre, la censure pure et simple de Wikileaks…Ceci est inacceptable dans un état de droit !
Mon avis personnel est encore plus tranché : le monde politique a peur des éclaboussures éventuelles et essaye de faire front devant ceux à qui ils doivent rendre des comptes : ceux qui les ont élus, les citoyens !
Alors messieurs et mesdames les politiques, n’oubliez pas que vous avez un patron : le peuple ! Et que comme tout salarié vous devez répondre de vos actes devant votre patron. Ce patron là exige de votre part plus de transparence et cela se manifeste par des initiatives citoyennes telles que Wikileaks (saloperie de garages !)
Les citoyens
Entre les miroirs du site, les redirections DNS et l’engouement général – oui il reste des anti-Wikileaks, tout comme il reste des pro-Hadopi – les citoyens du monde s’érigent en défenseurs d’un site Internet que la classe politique veut voit fermé et dont la tête du dirigeant est demandée par cette même classe.
Je n’ai jamais vu de pareille mobilisation et espère ne pas avoir à en constater de nouvelle avant longtemps. Ce type de mobilisation est signe du fait que quelque chose va mal et quand le réseau des réseau fourmille, dans toutes les langues, de messages de soutien et d’actions de soutien envers une entité précise c’est qu’il y a manifestement, au regard des citoyens qui sont les patrons des politiques, une injustice en cours !
Messieurs les politiques ne croyez pas mieux savoir que le monde entier, ne faites pas l’erreur de vous déclarer en position de force alors que vous devez répondre de chacun de vos actes devant ceux qui vous ont élus, vous ont fait confiance, et en l’occurrence réclament plus de transparence !
Les entreprises
Dernier point que je souhaite aborder et qui est directement en rapport avec la politique : les entreprises qui ont courbé l’échine et ont cédé face aux pressions des gouvernements. Comme les politiques vous avez à répondre de vos agissement envers ceux qui vous ont fait arriver là où vous êtes : vos clients.
Je me suis débarrassé de mon compte Amazon ce matin, j’envisage de faire la même chose avec Paypal dans les jours à venir (le temps de regarder à quoi il me sert exactement) et je n’hésiterai pas à prendre les mêmes mesures avec toute entreprise à la morale douteuse… Et là où mon petit pouvoir d’achat vous intéresse peu, sachez que nous sommes des millions derrière Wikileaks…
Suppression de mon compte Amazon
Posted on | décembre 6, 2010 | 20 Comments
Je suis un gros mangeur de livre, je les dévore à un rythme assez hallucinant et du coup je me retrouve souvent sur Amazon à chercher la prochaine victime. Suite à la décision de AWS, filière d’Amazon, de censurer Wikileaks sans aucune forme de procès j’ai décidé de réagir et d’envoyer l’email suivant :
Bonjour,
Je vous écrit cet email afin de demander la suppression de mon compte Amazon ainsi que de toutes les informations relatives à celui-ci ou à ma personne en votre possession en vertu de la loi informatique et liberté de 1978.Cette demande fait suite à la réaction d’une filière d’Amazon, Amazon Web Services, qui a pris unilatéralement la décision de censurer un site Internet sans intervention de la justice et ceci pour des raisons personnelles alors que la morale et l’éthique de l’entreprise AWS étaient en jeu.
Ce type de décision, au delà de la portée immédiate qui met à mal jusqu’à la démocratie mondiale, en dit long sur l’éthique toute relative de votre direction. Utilisant vos services essentiellement pour acheter des livres, et sachant que vous conservez un historique de toutes les commandes passées, je ne souhaite pas vous savoir, au vu de votre irrespect pour les valeurs fondamentales de la démocratie, en possession de données permettant de me profiler.
En outre, je ne souhaite pas continuer à supporter une entreprise dont la morale est telle qu’elle plie aux premières pressions politiques alors que le droit est de son côté, là encore les informations me concernant ne regardent que moi et, dans une proportion moindre, le commerçant (vous) avec qui je décide de conclure un achat. En l’état rien ne permet de supposer que vous ne partageriez pas ces informations avec un tiers si celui-ci était d’influence suffisante et ce, sans aucun recours à la justice comme cela doit être le cas.
Merci donc de procéder à la suppression de mon compte, des informations attachées et de me confirmer par retour d’email que cela a été fait.
Cordialement,
Paul Da Silva
Une goutte d’eau dans l’océan, mais ça fait du bien. Et comme il est interdit d’appeler au boycott je vous encourage juste à réfléchir au texte que je viens d’envoyer et dont tous les éléments sont vérifiables sur Internet…
Tout travail mérite salaire
Posted on | décembre 3, 2010 | 1 Comment
Ce n’est un secret pour personne : je suis un vilain pirate ! Du coup quand j’ai envie d’écrire sur quelque chose et pas d’idée de titre… Bah j’en pirate un ! En l’occurrence aujourd’hui je vais vous parler de @VieuxFelin et de son billet « Tout travail mérite salaire » que j’ai envie de relayer.
Une petite récap ?
Il y a un mois de cela une affaire secouait un peu les médias et beaucoup une bloggueuse : celle d’un renvoi abusif mais pendant une période d’essai (donc sans recours possible). Son motif, avoir tenu un blog sur lequel elle contait ses aventures quotidiennes dans le cadre de son nouvel emploi, conseillère d’éducation en milieu difficile, en utilisant le ton décalé qui la caractérise.
Bien entendu l’anonymat de tous les protagonistes était garanti par l’utilisation systématique de pseudonymes ainsi que par un joli flou artistique sur le cadre de son travail. En un mot, il n’y avait aucun nom ni aucune information permettant depuis les textes de remonter à l’auteur ou aux élèves et personnel.
Là où cela se gâte c’est que par la magie des whois, de l’internet et de deux trois petites choses qui se trouvent sur Google le schéma inverse était possible et la responsable de l’établissement, surnommée Mme Mengecue par VieuxFelin, a pu retrouver les blogs de celle-ci à partir de son identité civile.
C’est donc dans un déni total de sa liberté d’expression que la sanction est tombée, la privant au passage d’une source d’inspiration et surtout de revenus. Une fois la tempête des médias retombée et quelques visiteurs gagnés (dont votre serviteur qui s’est empressé de rajouter ce blog au vitriol dans un lecteur RSS déjà bien garni), retour au point de départ, sans emploi.
Hier VieuxFelin s’est donc fendue d’un billet expliquant que non contente de l’avoir virée sans autre forme de procès qu’une décision arbitraire orientée vers la (sur)protection de ceux dont elle est responsable (il faut lui reconnaitre celà), Mme Mengecue (plus ça va et plus je me dis que ça a du lui plaire !) refuse de lui payer les quelques jours travaillés… Décidément un personnage très sympathique, pas mon préféré…
Bon et où tu veux en venir ?
Si vous êtes un fidèle de ce blog, et je vois dans tes yeux que c’est le cas (ou pas), vous devez vous demander pourquoi je dérive ainsi de mon terrain de prédilection… Tout simplement parce que tout cela est lié !
On parle ici d’une artiste qui ne trouve pas d’éditeur (d’ailleurs si vous l’êtes vous-même vous pouvez la contacter ou je peux mettre en relation !) malgré un talent évident. On parle ici de problèmes de liberté d’expression (et dieu sait que j’en use !). On parle ici de censure !
Donc ! Si vous voulez aider notre chère VieuxFelin et que vous connaissez un éditeur (pas la peine de suggérer In Libro Veritas, c’est déjà fait
), si après avoir lu sa prose vous avez envie de la remercier de nous faire partager son art gratuitement et presque quotidiennement, … Vous connaissez le chemin : http://www.vieuxfelin.com
C’est pour des artistes comme elle que j’ai envie de me battre : ceux dont le talent est évident et qui méritent, si ce n’est d’en vivre, de dégager des revenus qui lui permettent de mettre du beurre dans les épinards.
Et tant que les concepts de licence ou mécénat global seront ignorés par le législateur on continuera à devoir passer de tels appels pour essayer de faire entrer les artistes dans un système impliquant des intermédiaires qui ont pouvoir de vie ou de mort sur eux…
La semaine prochaine je vous parle d’une chanteuse si tout va bien
J’ai un problème avec Deezer
Posted on | décembre 2, 2010 | 21 Comments
Depuis quelques temps, et au grand plaisir des ayant-droits divers et variés, on parle beaucoup de l’offre légale. Celle-ci se résume malheureusement à très peu d’acteurs (je vais revenir sur l’un d’entre eux dans quelques jours) dont la plupart proposent d’écouter la musique en « streaming ».
Le titre est un raccourci un peu rapide en ce sens où mon problème ne vient pas Deezer en soit, que j’utilise tous les jours et qui est une très bonne implémentation de ce système, mais du streaming en lui même.
J’ai pris conscience de ce soucis il y a peu et il m’a été confirmé par Richard Stallman qui a su mettre les mots sur ce que je n’arrivais pas à définir. Une bonne partie de la réflexion sur laquelle je base cet article est donc un dérivé d’une conférence à laquelle j’ai assisté il y a peu sur le copyright et les communautés.
Lorsque vous écoutez votre musique en streaming vous n’en êtes propriétaire à aucun moment – la plateforme, les ayant-droits, les artistes le sont, mais vous, si vous dépensez 10€ dans un abonnement vous n’aurez que l’impression d’être propriétaire de votre musique. En effet c’est une licence d’accès à un catalogue que vous payez, sans que celle-ci soit définitive qui plus est.
Si cette méthode d’accès à la culture venait à se généraliser (et c’est déjà le cas avec les lecteurs type Kindle pour la littérature) on arriverai à une situation où le public a un droit d’accès à la culture numérisée mais aucun droit de possession sur elle !
De plus en plus de titres subissent, pour des raisons de droits différents dans les pays, des restrictions géographiques et un album que vous écoutez tous les jours sur Deezer – peut-être même celui qui vous a décidé à souscrire à l’abonnement – peut disparaitre de votre playlist du jour au lendemain.
De même si votre abonnement arrive à expiration cette licence expire du même coup et vous n’aurez pas plus que ce que vous aviez avant de souscrire à l’abonnement. Vous avez loué de la musique en quelques sortes…
Alors oui on peut accéder à la musique de façon gratuite, en supportant une pub pour Justin Bieber toutes les trois chansons, mais à la limite dans ce cas il est « normal » que l’on ne gagne rien à passer du temps sur le site. Quand par contre on paye, je trouve dommage que la musique ne nous appartienne pas.
On va me dire que je veux le beurre et l’argent du beurre ici, mais la réalité est plus simple que cela : quand j’achète du beurre je veux qu’avec mon argent on me vende du beurre et pas juste le droit de l’avoir dans mon frigo le temps que je fais la cuisine à l’huile d’olive (ça c’est de la métaphore à l’arrache)…
Et là on va m’opposer qu’il existe des alternatives type iTunes… Sauf qu’à ma connaissance il n’en existe pas qui donne accès à un catalogue pour une somme forfaitaire (ahem qui a dit licence globale ?)
« go back — keep looking »
