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Et si Internet était bon pour la création ?

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes (qui aujourd’hui peu encore dire qu’Internet nuit à la création sans rougir), j’ai envie d’écrire un petit truc là dessus à la suite du visionnage d’une vidéo d’Enrico Macias et d’un article parlant de Luc Besson

Je n’ai aucune idée de l’avis de monsieur Macias en 2010 (la vidéo en question date visiblement de 2008), mais celui-ci a depuis, j’espère réalisé l’opportunité réelle qu’est Internet pour la création. Pour ce qui est de Monsieur Besson, sa société EuropaCorp accuse une perte de 10 millions sur l’année 2009 (sur le chiffre de 2008 ou en résultat net ?) mais pour la première fois depuis des années aucune mention n’est faite du piratage comme cause de cette perte.

Il faut bien voir que le partage (nuance importante) est très favorable à la propagation d’une oeuvre quelle qu’elle soit. Comment nier cette vérité ? Lorsqu’un film se retrouve sur le P2P il est partagé par des dizaines de milliers de personnes (en passant je pense que l’on est très loin des chiffres des entrées au cinéma ou des 450.000 / jours). Le principe est le même pour les CD…

Bref le partage hors cadre commercial est bon pour la diffusion à grande échelle d’une oeuvre, aka bon pour la création dans le cas où l’on assume que la création n’est pas un business mais bien une question d’art et de culture.

Pour ce qui est des créateurs c’est plus compliqué : on peut, comme le font ceux qui ont poussé à la création de la Hadopi, considérer que chaque téléchargement d’une oeuvre est une vente ratée. Là il faut juste être stupide pour ne pas voir que ce raisonnement ne tient pas la route. Ce n’est pas parce que je télécharge l’intégrale d’un artiste que j’aurai été prêt à mettre 70€ pour avoir la même chose. Ce n’est pas parce que je télécharge un film que j’aurai payé 10€ pour le voir au cinéma ou 20€ pour me payer le DVD (déjà j’ai pas de lecteur DVD ^^)…

A partir du moment où l’oeuvre se diffuse on peut considérer que l’artiste y gagne dans la mesure où les produits dérivés (concerts pour la musique, T-shirts, goodies, posters, …) pourront potentiellement se vendre à plus d’exemplaires. Par exemple je n’ai jamais payé pour avoir des CD de Cradle Of Filth, je les ai néanmoins vu en concert deux fois l’année dernière (à 40€la place environ, plutôt pas mal comme culbute)…

Je suis prêt à parier que la franchise Star Wars (pour prendre le plus caricatural) a généré plus d’argent en produits dérivés qu’en entrées au box office !

Alors certes ce raisonnement n’est pas complet, il est aussi normal que l’artiste soit récompensé sur son travail primaire et pas uniquement sur les produits dérivés. C’est pour cette raison que la création d’une licence globale, ou mieux encore d’un système de mécénat global est très encouragé par ceux que l’on appelle les « pirates » et qui cherchent avant tout à avoir accès à la culture sans pour autant vouloir piller ou voler les artistes…

En un mot, les pirates aussi sont bons pour la création !

Enfin Internet favorise le rapprochement entre les artistes et leur public. Il m’est par exemple arrivé d’envoyer un email à un petit groupe Français que j’appréciais particulièrement. Dans ce mail je leur expliquait que je n’avais pas acheté leur CD, ce support étant obsolète et mes finances étant au bas fixe à l’époque. Je leur expliquait aussi combien j’apprécie leur musique et aimerai les voir en concert.

La réponse à ce mail fut très simple : ils étaient ravis de voir que leur art plaisait, se moquaient bien que j’ai téléchargé leur album et m’ont communiqué les dates de concert (pas sur le site à l’époque) en me précisant que si je ne pouvais payer ma place ils m’inviteraient. Faute d’emploi du temps je ne suis pas allé au concert, par contre quand les problèmes d’argent se sont résolus je leur ai fait un don (toujours pas d’affinités avec les CD) pour lequel le groupe m’a remercié.

Ce type de lien avec son public n’a pas de prix et je suis moi même ravi quand je reçois des mails (ou des dons ^^) pour me remercier de ce que j’écris ici ou des extensions firefox que je distribue gratuitement. (Bon pas trop quand même les gars, j’ai pas toujours le temps de répondre ;))

Pourquoi Internet ne doit et ne peut être régulé ?

En ce moment la mode est de vouloir réguler internet, le civiliser voir le nationaliser… On va admettre 5 minutes que ce soit une bonne idée (*sic*) et regarder en quoi ce n’est pas possible !

Qui dit réguler, civiliser ou contrôler (n’ayons pas peur des mots) dit autorité. Formidable, considérons le nombre de retours à une requête toute bête sur google : « site:*.fr country=france » – Cette requête va retourner les contenus référencés par Google sur les sites dont l’extension est « .fr » et qui sont hébergés en France donc les sites franco-français.

On va jouer un peu plus loin :

site:*.fr    country=france : 11.500.000 pages
site:*.com country=france : 33.700.000 pages
site:*.org  country=france : 5.970.000 pages
site:*.net  country=france : 7.940.000 pages

Ce qui nous fait un total de 59.110.000 pages (oui on va assumer qu’elles sont toutes différentes pour la simple et bonne raison qu’un grand nombre de pages ne sont pas indéxées, que d’autres sont en Français et hébergées à l’étranger, … Bref il y a probablement bien plus que cela alors autant arrondir !

Pour rappel la France compte environ 65.000.000 habitants (source insee).

Chaque page web est différente, elle peut contenir du texte fixe, une simple image ou une myriade de plusieurs éléments et changer à chaque seconde (Digg Big Spy par exemple)… Ce qui veut dire que pour surveiller chaque page web il faudrait presque une personne dédiée… Je vous laisse faire le calcul de la part de la population qui devrait pendre part à ce combat contre les vilains pédonazis communistes…

Alors mes chers amis politiques, avant de vouloir réguler Internet donnez vous en les moyens et permettez à tous l’accès au net. Après on fera la répartition de qui surveille quelle page (retraités et nouveaux nés inclus !) en espérant que ces vilains pédonazis arrêtent de créer parce que sinon il y aura bientôt plus de pages que de Français (en vrai c’est déjà le cas) et il va falloir arrêter de reconduire les gens à la frontière pour qu’ils puissent nous aider à civiliser le Net !

Paf le don ! JL Godard soutient James Climent

Jusque là je n’avais pas parlé de l’affaire James Climent sur ce blog et c’est un tort. Je suis en contact avec lui depuis début août et lui ai expliqué le pourquoi de ce silence (ça commence par un A et ça finit par TILD) ce qu’il a bien compris. On en a conclu assez vite que ce détail ne devait pas prévaloir sur le sérieux de son affaire et que j’allais du coup commencer à communiquer à son propos.

Dans quelques jours (semaines ?) un site de soutien fait par votre serviteur verra donc le jour.

Un ptit résumé s’impose !

Mais si je décide de vous parler de James aujourd’hui c’est pour tout autre chose… Dans un premier temps on va faire un rapide résumé de ce qui arrive à celui qui pourrait tout aussi bien être votre voisin, votre frère, … ou vous-même !

James est photographe professionnel. Il est donc artiste, mais ne gagne pas des milles et des cents comme les artistes que la SACEM ou la SDRM sont amenés à représenter. Actuellement il vit du RSA et, de ses mots, « dans une situation très précaire ».

Fin 2005 il est repéré en train de télécharger de la musique à l’aide du (génialissime) logiciel Soulseek. La police fait donc un petit détour par chez PafLaPuce (son pseudo) pour découvrir que le vilain pirate possède plus de 13.000 fichiers musicaux acquis « illégalement ». Le sang de la SACEM et de la SDRM ne fait qu’un tour et ceux-ci décident de faire un exemple… Peu importe qu’ils s’attaquent à quelqu’un qui n’a pas les ressources nécessaires à l’acquisition de cette culture (au prix itunes on parle ici de 12.870€).

James est condamné à payer une amende de 1.400€ et à le faire vite. Jugeant le verdict trop faible, la SACEM fait bien sûr appel, quand la SACEM décide de mettre un artiste dans la merde elle ne le fait pas à moitié, que cela se sâche !

L’appel ne lui sera pas vraiment favorable puisque ce n’est plus 1.400€ qu’il est condamné à payer, mais 20.000 ! Entre temps ses revenus n’ont pas doublé par contre et il est toujours, quand bien même il en aurait l’envie, dans l’incapacité de payer cette somme.

What now ?

Parce que c’est là la force de James : il refuse de participer à ce verrouillage de la culture par les majors et déclare publiquement « Je refuse catégoriquement de payer une quelconque amende… S’ils veulent quelque chose, il faudra qu’ils me mettent en prison ».

James défend, comme nous tous, une vision non-commerciale du partage de la culture entre les particuliers. Il n’est pas un pirate, il partage ce qu’il écoute et profite de ce que les autres écoutent… En somme il consomme de la culture comme elle devrait être consommée !

Aujourd’hui il a besoin de 5.000€ pour plaider sa cause et il a, pour collecter cette somme, lancé un appel aux dons via son site. Cet appel a trouvé un écho qu’il convient de souligner et de remercier ici en la personne de monsieur Jean Luc Godard. Celui-ci, que l’on connait pour ses positions très intelligentes sur le droit d’auteur a en effet offert 1.000€ à notre ami photographe !

Act up !

Il convient donc de saluer le geste de monsieur Godard, de l’en remercier et de faire en sorte que ce geste trouve écho à la fois dans la population (moi, vous, votre voisin, …) et dans la communauté des artistes anti-hadopi. Aussi si vous-mêmes êtes artiste, ou si vous connaissez personnellement un artiste ouvertement anti-hadopi faites en sorte que James puisse réunir l’argent nécessaire à sa plaidoirie.

J’ai envie de rajouter aussi un appel aux artistes défendus par la SACEM et la SDRM qui sont pro-hadopi. Je peux comprendre que vous souhaitiez que le téléchargement disparaisse, que les autorités fassent en sorte que cela arrive. Il faut bien comprendre que votre public a tout intérêt à ce que vous puissiez vivre de votre création et le sait… Mais les méthodes employées actuellement pour arriver à cela ne vous profite pas et ne profite pas non plus à votre public… Aussi si vous pouvez prendre conscience de cela et prendre position au moins sur le cas de James pour faire entendre votre voix auprès de la société de défense des droits (sic) qui vous défend sur ce cas précis pour que James ne soit plus traité comme un mercenaire qui désire la mort de votre art…

Quelques liens : le site de James (avec form de soutien), son blog, son Flattr et un portait dans Libé

Nettoyer le paysage politique et instaurer la censure – le guide pratique

Il y a déjà de cela un certain temps je vous proposais un guide pratique vous expliquant comment monter une board warez. Aujourd’hui j’ai décidé de remettre le couvert mais vu que vous avez gagné en assurance je vous propose un autre sujet, plus ambitieux : contrôler l’opinion publique !

Comme le précédent guide celui ci est le fruit d’une réflexion personnelle et toute ressemblance avec des personnalités, partis politiques ou pays existants serait fortuite et bien malheureuse…

Être à la tête du pays dont vous voulez contrôler l’opinion

Ah bien oui, c’est tout de suite plus compliqué que mon premier tutorial, mais les enjeux ne sont pas les mêmes non plus. Pour arriver à faire ce que je vais essayer de vous enseigner ici il faut déjà que vous contrôliez certains aspects du pays à asservir mais je vais vous expliquer comment allez plus loin.

Vous aurez donc plus de facilités si vous avez des amis bien placés, de préférence riches, et qui partagent votre soif de pouvoir et de contrôle. Avoir occupé vous même des fonctions de choix peut aider aussi, que le public connaisse déjà votre nom…

Bref passons cette étape qui, si elle est la plus difficile, n’est pas la plus intéressante. Débrouillez vous pour vous faire élire, ça ne fera que renforcer votre crédit auprès de la population à asservir (le peuple est con, c’est bien connu). Continuer la lecture

Comment télécharger ? Ethiquement ou sécuritairement ?

Je pestais il y a peu contre certaines boards Warez d’où l’esprit communautaire a disparu pour faire place à la loi du profit, RwwFR et PlugnGeek plus récemment pestent, avec raison, contre les entreprises qui proposent des services de Direct download (DDL), les newsgroups sont finalement du même acabit et le P2P va commencer à se raréfier… Alors comment faire pour madame Michu si elle refuse d’accepter la promotion vaseline de l’UGC du coin ? Petit tour d’horizon des solutions de téléchargements de distributions linux.

Le P2P (peer to peer)

Le peer 2 peer représente dans l’idée le système le plus proche de l’utopie : tout le monde est à la fois consommateur et distributeur, sur un pied d’égalité. Un système de quotas est très fréquemment utilisé sur les trackers (plateforme centralisatrices des échanges) améliorant les vitesses de téléchargement en fonction de la quantité partagée par l’utilisateur ce qui pousse effectivement au partage.

Cette méthode de téléchargement laisse des traces, beaucoup de traces, puisque votre IP apparaît régulièrement en clair pour établir des échanges avec les autres téléchargeurs / partageurs.

C’est aussi pour le moment la seule technologie qui est surveillée par l’Hadopi… Ceci n’ayant aucun rapport avec le fait qu’elle soit la plus transparente et donc la plus simple à fliquer.

Il est possible d’être accusé de téléchargement illégal via le P2P même si vous ne téléchargez pas « grâce » à des outils comme SeedFuck qui injectent de fausses IP sur le tracker, faisant croire à la présence d’un utilisateur qui n’est en fait pas là. Continuer la lecture