Archive pour la catégorie ‘Hadopi’

Michel Houellebecq : le droit d’auteur unilatéral

Par Paul le Lundi 6 septembre 2010 à 13 h 01 min :: Hadopi

Loin de moi l’envie de tomber dans les commentaires de faits d’actualité surtout quand ils ont l’air si éloignés de ce qui m’intéresse ou me préoccupe normalement. Mais là je me devais de relever ce que le bon vent nous a mis devant la porte.

Depuis longtemps maintenant je m’intéresse à la culture et particulièrement à l’art comme un tout : de la musique au cinéma, en passant par la lecture, l’écriture ou les expositions de tableaux, sculptures, collages, … C’est pour défendre cette culture et lui permettre d’atteindre le niveau auquel elle est destinée que beaucoup se battent contre les majors et les lois qu’ils font passer en force dans les pays du monde entier: pour que la culture soit le reflet de la population qui va l’apprécier et l’interpréter et non plus le reflet des intérêts financiers d’une poignée de décideurs ayant droit de vie ou de chômage sur les artistes qui se précipitent par centaines à leurs portes…

Et bien un auteur s’est très considérablement rapproché de son public avec son dernier ouvrage j’ai nommé Michel Houellebecq et son livre (que je n’ai pas lu) : La carte et le territoire. Non ce n’est pas une initiative à encourager puisque le monsieur s’est tout simplement permis, comme l’a révélé Vincent Glad sur Slate, de recopier, à peine modifiés, des passages entiers de description depuis Wikipedia.

Compte tenu de la licence utilisée sur Wikipedia et du fait que chaque phrase est créée au final par des dizaines de personnes non identifiables ni Wikipedia ni l’auteur des lignes plagiées ne peuvent aller en justice contre l’auteur ou son éditeur. Celui-ci, probablement très au courant de cela, se permet donc de réagir aux accusations de plagiat par une interview vidéo donnée au nouvel obs que je vous mets ici tellement le monsieur est culotté.


Houellebecq répond aux accusations de plagiat
envoyé par Nouvelobs. – Futurs lauréats du Sundance.

Non seulement celui-ci ne cherche pas à s’expliquer sur la présence de passages de texte ne lui appartenant pas dans un livre sur lequel il va par ailleurs toucher des droits d’auteurs, mais en plus il se reproche de trop modifier les passages.

Grand point d’orgue de son argumentaire (entre deux jérémiades) celui qui se veut un grand auteur (faut voir à qui il se compare) : 1″52 et pour paraphraser : « tout le monde le fait, je ne vois pas le problème ».

Je ne sais pas vous, mais personnellement j’ai déjà entendu ce type d’argument quelque part… Et il a souvent été jugé comme non recevable (d’ailleurs il est plus souvent utilisé par les ayants-droits qui le font dire à leurs opposants que par ces derniers qui ont souvent des choses bien plus intéressantes à apporter sur la table).

Il faut savoir que les artistes se plagient déjà régulièrement entre eux, que les partis politiques à l’initiative de lois renforçant le droit d’auteur ne les respectent pas et maintenant que les auteurs qui bénéficient du droit d’auteur se permettent de piller l’intelligence collective et de s’afficher fièrement après. J’aime l’art, j’aime les artistes, mais sérieusement quand il s’agit de se transformer en pompes à fric certains ne sont pas les derniers !

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Petite réflexion sur les œuvres de l’esprit

Par Paul le Vendredi 30 juillet 2010 à 12 h 38 min :: Hadopi

Lorsque l’on parle de piratage on utilise souvent les termes divx, mp3 et depuis peu pdf sans réfléchir à ce qui se cache derrière tout cela… J’ai eu envie d’approfondir légèrement la problématique et de la mettre en parallèle avec un autre type d’oeuvres de l’esprit : la peinture et l’art en général.

Avant que les K7, les CD et toutes ces autres cochonneries existent, avant que le cinéma ne coute presque une heure de smic horaire, avant le DVD, avant le Blu Ray, l’accès à la culture était beaucoup plus restreint et passait par les canaux officiels ou par la présence physique de l’artiste.

Impossible avant 1906 de retransmettre autre chose que la voix par la radio. Il faudra attendre 1946 pour voir les premiers vinyles arriver sur le marché. Avant 1895 il était impossible de s’enfermer dans des salles obscures pour suivre les aventures d’un personnage de fiction. Et finalement, avant 1926 notre temps de cerveau disponible était réellement disponible…

En un mot, les industries que l’on sait aujourd’hui inadaptées au marché actuel ne sont pas si vieille : le cinéma faisant figure d’ancêtre avec un âge respectable de 115 ans…

Et avant cela ?

Avant que tout ce pan de la culture ne cède au mercantilisme primaire et que les intérêts personnels prévalent sur ceux du public, les gens se déplaçaient. S’ils voulaient écouter de la musique ils allaient à un concert, s’ils voulaient voir une histoire ils allaient au théâtre… Aujourd’hui encore essayez de pirater une pièce de théâtre !

Avant cela on payait les artistes pour une performance, et pas pour une version rééditée de ladite performance…

Je sens les boucliers se lever et je me dois de mettre les choses au clair tout de suite (pour ceux qui ne me connaissent pas) : le cinéma est une invention magnifique, je ne peux pas vivre sans lui et je ne saurai faire la liste complète des moments de bonheur que le septième art a apporté dans ma vie !

Il n’en reste pas moins que le droit d’auteur créé initialement pour protéger une œuvre de l’esprit sur une durée permettant à l’artiste d’en vivre a changé de visage pour se transformer peu à peu en rente à vie – parfois même à mort, puisqu’il est de moins en moins rare de voir les héritiers d’un artiste toucher des royalties grâce aux lois de certains pays très avantageuses (la France incluse). Lire le reste de cet article »

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Comment télécharger ? Ethiquement ou sécuritairement ?

Par Paul le Mercredi 28 juillet 2010 à 13 h 00 min :: Hadopi, Internet

Je pestais il y a peu contre certaines boards Warez d’où l’esprit communautaire a disparu pour faire place à la loi du profit, RwwFR et PlugnGeek plus récemment pestent, avec raison, contre les entreprises qui proposent des services de Direct download (DDL), les newsgroups sont finalement du même acabit et le P2P va commencer à se raréfier… Alors comment faire pour madame Michu si elle refuse d’accepter la promotion vaseline de l’UGC du coin ? Petit tour d’horizon des solutions de téléchargements de distributions linux.

Le P2P (peer to peer)

Le peer 2 peer représente dans l’idée le système le plus proche de l’utopie : tout le monde est à la fois consommateur et distributeur, sur un pied d’égalité. Un système de quotas est très fréquemment utilisé sur les trackers (plateforme centralisatrices des échanges) améliorant les vitesses de téléchargement en fonction de la quantité partagée par l’utilisateur ce qui pousse effectivement au partage.

Cette méthode de téléchargement laisse des traces, beaucoup de traces, puisque votre IP apparaît régulièrement en clair pour établir des échanges avec les autres téléchargeurs / partageurs.

C’est aussi pour le moment la seule technologie qui est surveillée par l’Hadopi… Ceci n’ayant aucun rapport avec le fait qu’elle soit la plus transparente et donc la plus simple à fliquer.

Il est possible d’être accusé de téléchargement illégal via le P2P même si vous ne téléchargez pas « grâce » à des outils comme SeedFuck qui injectent de fausses IP sur le tracker, faisant croire à la présence d’un utilisateur qui n’est en fait pas là. Lire le reste de cet article »

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Bientôt une place de cinéma à plus de 10€ ?

Par Paul le Jeudi 15 juillet 2010 à 12 h 44 min :: Hadopi

Les 215 projectionnistes de France et les quelques personnes qui ont entendu parler de leur mouvement de grève sont au courant : la profession est en train de disparaitre pour laisser place au tout numérique. Au delà de la tragique question du replacement de ces employés sacrifiés (à raison) sur l’autel du progrès, ce changement pose un gros soucis économique qui va encore un peu plus taper dans le porte-monnaie des cinéphiles…

La logique voudrait que le passage au numérique (il était temps quand même non ?) entraine une réduction du coût des places : la technologie de projection étant plus simple à produire, les supports plus simples à transporter, coût de fabrication d’un Blu Ray Disc bien inférieur à celui d’une bobine (une fois la presse calibrée), l’investissement se faisant sur le long terme, … Il n’en sera rien !

En effet les supports numériques sont bien plus simples à contrefaire que nos chères bobines de 35mm et le passage au tout numérique va devoir s’adjoindre d’un renforcement de la sécurité des précieux films.

C’est un problème auquel les majors du cinéma ont répondu d’une façon plutôt brutale pour éviter les risques de fuites liés à la distribution en avant première des films à la presse par un watermark souvent très visible et incrusté sur l’image du DVD envoyé à chaque journaliste – souvent ce watermark incluait le nom et la rédaction dudit journaliste…

Mais là on ne peut pas vraiment se permettre de jouer au même jeu en salle obscure : qui irait encore voir des films si le nom du cinéma était en plein milieu de l’image… (C’est déjà assez chiant sur les divx ^^)

Aussi il va falloir renforcer la sécurité des supports sur leur trajet et penser un système anti-copie, avec toutes les failles que l’on sait déjà que cela représente (DRM si tu nous entends : LOL).

Dans la foulée, les technologies de copie des films étant à la portée de tous lorsque l’on parle de copier du numérique vers le numérique, le personnel des cinémas vivra sous une surveillance permanente des majors. On peut assez facilement imaginer (puisque ça se fait déjà sur l’analogique) un marquage unique de chaque support permettant d’identifier le cinéma d’où est issu la copie d’un film.

Dans la lutte anti-piratage c’est donc encore le consommateur final qui va devoir mettre la main au porte-monnaie pour engraisser un peu plus encore les majors qui eux vont diminuer leurs coûts de fabrication…

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La neutralité du net – juste logique…

Par Paul le Vendredi 2 juillet 2010 à 12 h 50 min :: Hadopi

Dans tous les débats qui opposent ayants droits et amoureux de la culture (ils vont aimer le parallèle, mais finalement on en est là) il est quelque chose dont on ne parle pas assez à mon goût : la neutralité du net. La neutralité du net (et des réseaux en général) est cette idée folle selon laquelle tout le monde aurait accès aux mêmes contenus qui qu’il soit et quel qu’ils soient (le tout le monde et les contenus).

Je vais essayer aujourd’hui de défendre cette neutralité d’une façon que je n’ai encore jamais vu ailleurs : simplement en démontrant que ce droit est logique dans le système actuel.

Pour commencer et pour faire simple, nous vivons en démocratie – ce mot veut littéralement dire « le pouvoir par le peuple » – hors Internet est un outil qui n’a d’utilité que si le peuple y contribue. Internet est la somme de ce que chacun de nous fait sur les différents réseaux. Bref en un mot Internet est l’expression même du peuple. Partant de là, et même s’il n’y a pas de pouvoir exécutif rattaché spécifiquement à Internet ou de représentants élus, Internet est en soit une démocratie internationale auto-régulée.

Et pour autant que je sache, dans une démocratie la liberté d’expression et le droit à l’information sont des droits fondamentaux. Ces droits sont bien entendu encadrés par des devoirs, mais aucun de ces devoirs n’est de se conformer à une quelconque forme de censure… Lire le reste de cet article »

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