La révolution viendra des artistes

Mercredi j’étais invité à participer à une soirée autour de la démocratie à la cantine : « Aux urnes, et caetera ». Lors de la dernière table ronde, sur laquelle je me suis incrusté et qui est largement partie dans des directions improbables (que devient la démocratie en cas d’infection de zombies ?) il était question des évènements qui suivront le crash du système actuel. J’y ai lâché une phrase sur laquelle j’aimerais revenir : la révolution viendra des artistes.

Pour commencer rappelons ce qu’est un artiste : celui qui crée l’art. Nous voilà bien avancé : qu’est-ce que l’art ?

L’art est, pour moi, le fait de créer dans l’intérêt unique de sa création. Je crée une chanson dans le but de la vendre, pas du business. Je crée une chanson dans le but qu’elle soit écoutée, de l’art.

Les motivations d’un artiste sont nombreuses, il peut vouloir faire passer un message, apporter un nouvel éclairage sur un style, faire avancer ou ouvrir un débat, mais dès lors qu’il essaye via sa création d’en tirer un profit personnel il n’est, pour moi, plus un artiste mais un entrepreneur.

Ce n’est pas un mal en soit, je l’ai moi-même été et je continue à trainer autour de ce monde en discutant quotidiennement avec des entrepreneurs de divers envergures, je n’exclue pas d’y revenir un jour (ce sont mes premières amours) mais ce n’est plus de l’art. A l’inverse un bloggueur qui publie dans le but d’être lu est beaucoup plus proche de ma définition de l’art : son seul intérêt (oui je sais j’élimine la pub et le personnal branling de l’équation) est d’être lu, partagé et compris et bien souvent de faire avancer la connaissance. A ce titre Wikipedia ou open street maps sont d’ailleurs pour moi parmi les oeuvres d’art les plus belles que notre civilisation (bisou à Guéant) ait produit depuis bien des années.

C’est de ces gens là et pas des artistes universal, mauvais entrepreneurs s’il en est, que je parlais : c’est de chacun de nous dès lors que l’on se motive, prend la plume, la caméra, tweete ou partage dans le simple but de faire circuler de l’information ou de la réflexion que je parlais. Nous avons le pouvoir de faire changer les choses, nous sommes les seuls à pouvoir décider de notre futur et nous sommes devenus les vrais artistes.

A vos claviers !

7 réflexions sur « La révolution viendra des artistes »

  1. STF - lacrymosa æterna industry

    Intéressant que tu parles de ça, parce que pendant le week-end de Pâques se déroulait une rencontre fondatrice pour la production d’un cinéma libre (sous licence libre de diffusion), solidaire et équitable.

    Comme j’y étais présent, je peux te dire que je n’ai jamais vu autant de personnes opposées à la monétisation à tout prix, au capitalisme aveugle, et aussi motivé par la recherche et la mise en place de solutions pour – rien que ça – changer le cinéma de l’intérieur.

    Le programme des 3 jours de réunion est là : http://www.synaps-audiovisuel.fr/GestionMedia/documents/rencontresdaneres_19-20mars2011.pdf
    et le compte rendu est à venir, ainsi qu’une plateforme représentant le mouvement et leurs productions.

    Ce qui en est ressortit, globalement, c’est exactement ce que tu décris plus haut (avec un petit coté pragmatique sur du « ouais, mais comment on va vivre »… à ne pas confondre avec l’idée de faire du profit qui était complètement absente du débat).

  2. Cristophe

    Ah si la distinction entre art et business était toujours facile à faire !

    Personnellement, je ne me sens pas artiste, mais c’est peut-être là une modestie que je devrais ne pas avoir. J’y réfléchirais si je n’avais pas la flemme. d:-)

  3. Sass

    J’approuve totalement, je rajouterais que pour moi la solution pour qu’un artiste puisse tirer des revenus et ainsi vivre et se consacrer totalement à son art (je prends l’exemple de la musique, si on veut avoir un niveau il faut jouer 1 à 2h par jour MINIMUM, puis avec le reste du temps composer, enregistrer, préparer des concerts, répéter, faire les concerts en question…), il ne faut pas monnayer son oeuvre, mais donner la possibilité à celui qui « reçoit » l’art, de le remercier avec de l’argent si il le souhaite. Sinon ça sonne comme du chantage « File moi de la thune ou t’as pas le droit à ce que j’ai crée », ça a pas de sens…

    Ça me rappelle un dialogue que j’ai eu avec un pote récemment à un concert quelconque où on découvrait un groupe :
    -C’est trop bien ce qu’ils font !
    -Ouais mais ils y croient pas, ça se voit trop
    -Ouais mais n’empêche que c’est trop bien !
    – …

    Si le commerce de la culture est aussi bien accepté c’est qu’au final, peu de gens le comprennent, et c’est ce qui me convainc de ne pas me battre contre ça, les gens sont comme ils sont, ils ont juste besoin d’un divertissement.

  4. André BROUCHET (EcoBusinessAngel)

    Effectivement, l’Art et le Business, c’est le couple qui se chamaille qui veut divorcer tout le temps, qui excite finalement tout le monde.

    Mais il ne faut pas oublier qu’il y a toujours des artistes travaillant « sur commande » que ce soit dans la musique, ou les arts plastiques, et des artistes tellement obsédés par leur besoin d’expression qu’ils ne prêtent pas attention à leur vie quotidienne, les Van Gogh et Gauguin, les Edith Piaf et les Jacques Tati, ou Orson Wells pour parler des morts…
    D’autres en profitent et font du business avec, l’Oeuvre artisitque devenant une « va

  5. André BROUCHET (EcoBusinessAngel)

    je continue… Devenant une valeur refuge et un « produit » de spéculation, ce qu’ont compris les nantis (grandes familles, nouveaux riches etc…) associant ainsi le plaisir de l’avoir (c’est à moi ce tableau qui vaut des millions d’Euros…) généralement au coffre, et celui lié à l’être donc au Beau auquel chacun est sensible. Je connais un collectionneur qui fait ça par passion (plus de deux cents estampes de qualité…) et qui commence, l’âge venant, à vendre peu à peu…

    Chez les EcoBusinessAngels, nous avons créés un Pôle « Art et Artistes » que nous allons développer, en prenant en compte toutes ces dimensions. Nous vous dirons, dans quelques mois, les conclusions que nous pouvons en tirer.

    Je terminerai en donnant notre vision, un peu différente de la tienne :

    La METAMORPHOSE viendra des artistes, pas la Révolution, souvent plus destructrice que productrice de véritables avenirs…

    Faisons-nous l’Echo de l’Eco… non partisan, mais artistique !

    OK l’Ecopains ?

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