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Wikileaks, une première expression de la puissance du contre-pouvoir citoyen mondial

Posted on | décembre 6, 2010 | 11 Comments

J’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé de titre plus court pour résumer ma pensée… Et déjà là c’est un beau résumé de ce que je le pense de Wikileaks, mais surtout de tout ce qui gravite autour depuis quelques jours que deux camps s’affrontent pour défendre ou censurer (n’ayons pas peur des mots) le site le plus controversé du moment.

Une infowar ?

De ci de là je lis ou j’entends parler d’infowar – de guerre de l’information pour que ceux qui utilisent le mot ramdam pour parler d’un buzz nous comprennent – et j’ai envie de corriger déjà depuis quelques jours. Ce n’est pas tant une guerre de l’information qu’une guerre de l’accès à l’information. En essayant de censurer des informations qui dérangent, alors même que les journaux les ont jugées suffisamment intéressantes pour qu’elles défraient la chronique IRL, les gouvernements de par le monde se sont engouffrés dans un effet Streisand qui veut que l’on ne peut censurer ce que les gens ont envie de voir.

Ce n’est pas tant sur le fond, les informations publiées, que sur la forme, les tentatives de censure, que nous voulons nous battre !

Les médias justement

On reproche à Wikileaks de divulguer des informations confidentielles, leur arguant au passage qu’ils mettent des vies en danger par de telles révélations… Comme pour la pédopornographie avec la LOPPSI (pour ne citer que l’instrumentalisation la plus honteuse actuellement) on choisi donc un point qui peut paraître affecté par es mesures prises (alors qu’ils ne le sont pas, dans un cas comme dans l’autre) et on le jette en pâture à la presse, à grand renforts de chiffres, de menaces et autres joyeusetés très démocratiques.

Alors moi je veux bien que des vies soient en danger, mais à part les menaces de mort sur Julian Assange je n’ai vu passer nulle part d’info permettant de remonter à une source ou d’information dans les actualités du type « un mort à cause des révélations de Wikileaks »…

Sur ce point les médias remplissent leur rôle et ne font qu’informer la population de ce qui se passe dans leur pays… En l’occurrence le pays de l’Internet c’est la planète Terre… A noter d’ailleurs que même le pire exemple de neutralité des médias, TF1, s’est fendu d’une minute et demi de journalisme au vingt heures pour évoquer le cas Wikileaks, refaisant au passage tout l’historique du site passé sous silence depuis 4 ans…

Enfin pour conclure sur les médias, que serait-il advenu si la source de Wikileaks était allé directement au New York Times pour donner, anonymement, ces informations. Sur qui aurait-on tapé ?

La politique

Nous, le Parti Pirate, avons réagi à la sortie manifeste de monsieur Eric Besson qui a demandé, en sa qualité de ministre, la censure pure et simple de Wikileaks…Ceci est inacceptable dans un état de droit !

Mon avis personnel est encore plus tranché : le monde politique a peur des éclaboussures éventuelles et essaye de faire front devant ceux à qui ils doivent rendre des comptes : ceux qui les ont élus, les citoyens !

Alors messieurs et mesdames les politiques, n’oubliez pas que vous avez un patron : le peuple ! Et que comme tout salarié vous devez répondre de vos actes devant votre patron. Ce patron là exige de votre part plus de transparence et cela se manifeste par des initiatives citoyennes telles que Wikileaks (saloperie de garages !)

Les citoyens

Entre les miroirs du site, les redirections DNS et l’engouement général – oui il reste des anti-Wikileaks, tout comme il reste des pro-Hadopi  – les citoyens du monde s’érigent en défenseurs d’un site Internet que la classe politique veut voit fermé et dont la tête du dirigeant est demandée par cette même classe.

Je n’ai jamais vu de pareille mobilisation et espère ne pas avoir à en constater de nouvelle avant longtemps. Ce type de mobilisation est signe du fait que quelque chose va mal et quand le réseau des réseau fourmille, dans toutes les langues, de messages de soutien et d’actions de soutien envers une entité précise c’est qu’il y a manifestement, au regard des citoyens qui sont les patrons des politiques, une injustice en cours !

Messieurs les politiques ne croyez pas mieux savoir que le monde entier, ne faites pas l’erreur de vous déclarer en position de force alors que vous devez répondre de chacun de vos actes devant ceux qui vous ont élus, vous ont fait confiance, et en l’occurrence réclament plus de transparence !

Les entreprises

Dernier point que je souhaite aborder et qui est directement en rapport avec la politique : les entreprises qui ont courbé l’échine et ont cédé face aux pressions des gouvernements. Comme les politiques vous avez à répondre de vos agissement envers ceux qui vous ont fait arriver là où vous êtes : vos clients.

Je me suis débarrassé de mon compte Amazon ce matin, j’envisage de faire la même chose avec Paypal dans les jours à venir (le temps de regarder à quoi il me sert exactement) et je n’hésiterai pas à prendre les mêmes mesures avec toute entreprise à la morale douteuse… Et là où mon petit pouvoir d’achat vous intéresse peu, sachez que nous sommes des millions derrière Wikileaks…

Commentaires

11 Responses to “Wikileaks, une première expression de la puissance du contre-pouvoir citoyen mondial”

  1. Laurent Chambon
    décembre 6th, 2010 @ 17 h 53 min

    Totalement d’accord.
    C’est exactement ce que j’ai écrit hier, avec des mots différents:
    http://www.minorites.org/index.php/2-la-revue/923-crise-de-credit-litteralement.html
    Amitiés d’Amsterdam
    L

  2. Nono
    décembre 6th, 2010 @ 17 h 55 min

    Si je puis me permettre, toutes les informations ne sont pas bonnes à divulguer, et la différence entre un journal comme le New-York Times et Wikileaks, c’est la différence entre une salle d’archives et un journaliste: l’un met à disposition des informations, l’autre les exploite, les sélectionne et leur donne du sens.

    Wikileaks a dévoilé des informations confidentielles. Certes, ça ne va pas directement tuer des gens. Par contre, l’impact sera non négligeable: imaginez que demain on dise « voilà la liste des contributeurs de wikileaks qui ont fourni des informations » ou « voici les informateurs du New-York Times », vous croyez qu’ils arriveront à travailler? Et bien on est dans le même cas de figure, la révélation des messages diplomatiques va avoir le même effet: je doute que beaucoup aient apprécié de voir leurs propos normalement officieux se retrouver sur la place publique. Bref, les diplomates, entre autres US, vont avoir du mal à faire leur travail. Par contre, d’autres pays vont voir ça comme du pain béni!!

    Donc, il y a sûrement des bonnes choses dans ce qui est révélé par Wikileaks, mais cette fuite effrénée vers toujours plus de documents révélés sans choix éditorial est une connerie monstrueuse, et la preuve que Wikileaks n’est pas un média et ne peut se protéger comme étant un travail journalistique: la réflexion journalistique sous-jacente est nulle, zéro. Même pas digne du plus mauvais journal du monde, même pas digne de la Pravda, wikileaks est la négation de ce qu’est le journalisme.

    Allez, laissons cette petite guerre se dérouler, après peut-être que des vrais journalistes essaieront de savoir pourquoi Assange part en croisade comme ça, et qui le soutient. A qui profite le crime? Pas aux démocraties en tout cas.

  3. Winael
    décembre 6th, 2010 @ 18 h 18 min

    @Nono,

    Contrairement au passé, Wikileaks a fait le choix cette fois ci de ne divulguer QUE les informations validées, contractualisées et vérifiées pas de grand organes de presse à travers le monde. Ces documents sont disponibles en tant que sources fiables. Le fameux ref needed de wikipédia 😉
    Personne ne s’offusque lorsque pour étayer ses dires, l’hebdomadaire ‘Le Canard Enchainé’ publie des extrait de documents officiels et classés confidentiels
    Quel est le risque de censurer Wikileaks ? Il est simple. La radicalisation pure et simple.
    On annonce déjà que celui qui était à l’origine des Papier du Pentagone va ouvrir un site pour publier en masse des documents compromettant et confidentiel, et ce, sans a priori, auto censure, ce qui risque, pour le coup d’être encore plus dangereux. Il vaut mieux à mon avis, un site comme Wikileaks qui filtre au fur et a mesure, que les solutions radicale qui vont arrivée si les oligarches qui nous dirigent persistent dans leur censure. Nous, citoyens, ne voulont pas des noms pour faire une chasse aux sorcières. Nous voulons simplement être informés des décisions qui sont prises et s’assurer que ces décisions ne vont pas à l’encontre des intérêts des citoyens.
    Or on le voit, beaucoup de ces décisions sont prises justement contre l’intérêt des citoyens mais bel et bien pour les intérêts d’une classe qui se veut supérieure.

  4. mosquito
    décembre 6th, 2010 @ 22 h 43 min

    Une nouvelle ère démarre.
    Les démocrates de tous pays s’unissent derrière Wikileak. Difficile d’en mesurer l’impact maintenant.

    Mais un mouvement, inéluctable, s’est mis en route.

    Nous sommes tous des « garagistes ».

  5. Olivier Mehani
    décembre 7th, 2010 @ 4 h 14 min

    J’aurais tendance à rejoindre, en quelques sorte, le point de vue de Nono sur “différence entre un journal […] et Wikileaks.” Ce qui me dérange dans la démarche de WikiLeaks est le manque d’une ligne éditoriale claire. De plus, fournir de l’information brute à un public qui n’a pas forcément suffisament de billes pour les interpréter peut finalement s’avérer néfaste.

    J’aimerais voir un communiqué de WikiLeaks expliquant clairement leur objectif, en espérant que ce soit plus construit et pensé que juste “révéler tout ce qui est placé sous le sceau du secret par les nations et autres grands acteurs géopolitiques.” J’ose croire que c’est le cas (c.-à-d- plus construit que mon exemple), mais je voudrais en avoir une confirmation explicite.

    Ceci dit, et à leur décharge, WikiLeaks semble effectivement avoir pris conseil auprès de journalistes afin d’orchestrer leurs récentes publications.

    Enfin, je trouve intéressant que dans le débat sur les problèmes de contrôle du net, WikiLeaks arrive à point nommé comme bouc émissaire et (bel) exemple des dérives censuristiques (je n’ai pas la certitude que ce soit un mot existant) redoutées.

    Amusant comme la liberté d’expression semble s’arrêter aux portes du pays qui définit le terme…

  6. Nono
    décembre 7th, 2010 @ 9 h 41 min

    Winael, justement, il est symptomatique que wikileaks se soit appuyé sur des médias traditionnels pour faire ce choix éditorial, ce qui renforce d’autant plus mon propos.

    Par rapport au Canard, la grosse différence est le volume: il y a une différence entre diffuser de temps en temps un document plus ou moins confidentiel bien choisi comme le fait le Canard, et diffuser des centaines de milliers de document confidentiels. Comme je le disais, l’impact vers l’extérieur n’est pas le même: pensez à mon parallèle avec la presse. Tiens, le Canard par exemple. Vous croyez qu’il trouvera beaucoup d’informateurs si tout ce qu’il disent est directement dévoilé et « sourcé »? Si ça devait arriver, je ne donne pas cher de l’avenir d’un journal à qui plus personne ne veut parler sans être directement cité!! Et bien là, le dommage pour la diplomatie est le même.

    Il faut être démesurément stupide ou naïf pour croire qu’un état doit être absolument et totalement transparent, c’est tout. Surtout que ce qui est dévoilé par Wikileaks n’est pas franchement de l’ordre du scandale qui justifierait tout ça.

    Donc, la question: à qui profite le « crime » wikileaks? Pas à la démocratie, ça, j’en suis sûr.

  7. mosquito
    décembre 8th, 2010 @ 14 h 56 min

    Le 8 déc. 2010

    Je t’ai entendu, dans le reportage Wikileaks sur France Info ce matin.
    Très bonne prestation, claire, très explicite.

    Le reportage en question (entendu en roulant) m’a paru relativement équilibré (relativement je répète). Pas trop à charge, prenant en compte à peu près toutes les facettes de l’affaire, même si l’une ou l’autre des infos m’ont fait tiquer.. mais il faudrait que je le réécoute.

    Bravo.

  8. liu
    décembre 8th, 2010 @ 21 h 31 min

    C’est quoi cette sombre histoire de garage ?

    @Nono
    « Vous croyez qu’il trouvera beaucoup d’informateurs si tout ce qu’il disent est directement dévoilé et « sourcé » »
    Je n’ai lu nul part que Wikileaks avait donné les noms des sources qui l’ont informé.

    Il ma semble normal que les politiques assument devant les électeurs ce qu’ils font en leurs nom. Il faut que les citoyens soient là pour forcer les politiques à agir moralement. Regardes les armes de destruction massive : parce que le gouvernement Bush a pu compter sur l’opacité du gouvernement, ils ont pu déclarer une guerre, créer des camps de torture.

  9. Nono
    décembre 10th, 2010 @ 8 h 21 min

    « Je n’ai lu nul part que Wikileaks avait donné les noms des sources qui l’ont informé. » Il faut lire tout ce que je dis, entre autre le temps utilisé: un joli conditionnel….

    Sinon, sur la suite, je ne suis pas d’accord: les politiques ne sont pas là pour agir moralement, ils sont là pour agir pour le bien commun, ce qui n’est pas la même chose. Sinon, merci de ne pas tout mélanger (ADM, Bush, Irak, Abou Graib), ça décrédibilise le propos, et la transparence n’aurait rien changé (sans compter qu’elle est totalement illusoire et la transparence totale néfaste. D’ailleurs, Liu, pourquoi n’est tu pas transparent toi-même? Pourquoi un pseudo?

  10. Super
    décembre 11th, 2010 @ 4 h 53 min

    En colère là…

    Personnellement, j’ai déjà essayé de me passer de tous les services peu scrupuleux, car je suis en colère contre plein de trucs. Le simple fait d’avoir des CGU illégales au vu et au su de tous me rend colère. Mais c’est absolument impossible. Le simple fait d’avoir un compte en banque, une assurance, ou un abonnement Internet / EDF (pour ne citer que le strict nécessaire) est une forme de corruption au système. A force de changer de banque et de fournisseur Internet, j’ai déjà à peu près fait le tour. Ils sont tous pourris. A différents niveaux, mais je ne suis pas certain que violer les lois de la République pour Wikileaks soit pire que pour un particulier… c’est surtout plus visible.

    Je suis cependant tout à fait d’accord avec tout ce que tu dis, mais le simple fait de dépendre des services privés, quels qu’ils soient nous prive d’un puissant levier d’expression.

  11. Olivier Mehani
    décembre 15th, 2010 @ 3 h 46 min

    Super: “le simple fait de dépendre des services privés, quels qu’ils soient nous prive d’un puissant levier d’expression”

    Plus que privé, je pense que le problème est de dépendre de systèmes en situation de monopole.

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Edito

Ancien journaliste, ancien entrepreneur, ancien (ir)responsable Pirate, actuel citoyen qui s'intéresse à la politique et à son évolution.

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