Pourquoi les labs Hadopi restent une mauvaise idée

Je l’avais déjà dit il y a quelques temps, à l’époque du lancement des labs Hadopi : on m’a proposé de rejoindre ceux-ci et j’ai refusé pour des raisons très simples et qui se confirment aujourd’hui.

En effet ce matin ce sont trois articles signés par Cécilia Gavizon (avec qui je m’était longuement entretenu pour un article) qui paraissent sur le site du Figaro à propos de la Hadopi, de ses labs et de ses magistrats.

Ainsi on apprend ce matin que des « anciens opposants à l’Hadopi » ont rejoint les rangs de celle-ci via les labs. Je vous laisse imaginer un instant la tronche que j’aurai tiré (gravatar dispo plus haut en référence, vous avez pas envie de me voir grimacer) en lisant ceci si j’avais été de ces opposants qui ont, et je conviens de la méthode, décidé d’essayer de changer les choses de l’intérieur…

Il est donc question de tenter de tirer le meilleur parti de ce que la Hadopi, texte qui comporte plus de trous que les sites du gouvernement, permet de faire. Bien sûr on ne perd pas d’esprit le but initial avoué de la Hadopi : la lutte contre le téléchargement « illégal ». Et surtout pas le logiciel dit de sécurisation qui refait surface en cette période où les français sont en famille et loin de tous ces problèmes…

Résultat, avant même le lancement des travaux de ces labs, la récupération médiatique commence et les « anciens opposants » n’ont plus d’autre choix que de se fier à la prétendue bonne foi d’une équipe dirigeante qui orchestre joyeusement ce type d’opération marketing en prétendant vouloir aller dans le bon sens… Mouais !

Et en parallèle de cela on découvre aussi que l’on se marre beaucoup chez Hadopi (sans doute pour attirer les jeunes et enfin combler le poste de community manager de la Haute Autorité) sur le dos des « clients »… Ainsi c’est Mme Mireille Imbert-Quaretta, magistrate à la tête de la CPD, qui va joyeusement encore se foutre de la gueule de ceux qui téléchargent et éprouvent un remord suffisant pour écrire à Hadopi…

Personnellement j’en connais qui sont passé chez MegaUpload à la place, vous pensez pas que c’est plus drôle ?

Et là encore imaginez ma tronche (gravatar toujours) en lisant ce que celle qui aurait été plus ou moins ma patronne si j’avais accepté de travailler dans les labs déclare à la presse… Ça fait toujours plaisir de voir son nom associé à autant de compassion et d’Humanisme non ? L’abandon de poste est une chose formidable, je vous l’dis moi !

Il est (beaucoup) trop tard pour tergiverser sur les applications d’une mauvaise loi, et ce n’est pas en lisant que ceux qui la font appliquer se foutent des justiciables que vous convaincrez ceux qui s’opposent (et s’opposeront toujours) à cette loi, parce qu’elle est dangereuse, de vous rejoindre !

5 réflexions sur « Pourquoi les labs Hadopi restent une mauvaise idée »

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  4. mosquito

    Rentrer dans les labs, c’est se passer soi-même les menottes… et s’étonner de ne plus pouvoir agir.

    On a l’esprit collabo, ou pas.

    Re-bravo, Paul.

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