Gravatar couramment utilisé Blog perso de Paul Da Silva

J’ai un problème avec Deezer

Posted on | décembre 2, 2010 | 21 Comments

Depuis quelques temps, et au grand plaisir des ayant-droits divers et variés, on parle beaucoup de l’offre légale. Celle-ci se résume malheureusement à très peu d’acteurs (je vais revenir sur l’un d’entre eux dans quelques jours) dont la plupart proposent d’écouter la musique en « streaming ».

Le titre est un raccourci un peu rapide en ce sens où mon problème ne vient pas Deezer en soit, que j’utilise tous les jours et qui est une très bonne implémentation de ce système, mais du streaming en lui même.

J’ai pris conscience de ce soucis il y a peu et il m’a été confirmé par Richard Stallman qui a su mettre les mots sur ce que je n’arrivais pas à définir. Une bonne partie de la réflexion sur laquelle je base cet article est donc un dérivé d’une conférence à laquelle j’ai assisté il y a peu sur le copyright et les communautés.

Lorsque vous écoutez votre musique en streaming vous n’en êtes propriétaire à aucun moment – la plateforme, les ayant-droits, les artistes le sont, mais vous, si vous dépensez 10€ dans un abonnement vous n’aurez que l’impression d’être propriétaire de votre musique. En effet c’est une licence d’accès à un catalogue que vous payez, sans que celle-ci soit définitive qui plus est.

Si cette méthode d’accès à la culture venait à se généraliser (et c’est déjà le cas avec les lecteurs type Kindle pour la littérature) on arriverai à une situation où le public a un droit d’accès à la culture numérisée mais aucun droit de possession sur elle !

De plus en plus de titres subissent, pour des raisons de droits différents dans les pays, des restrictions géographiques et un album que vous écoutez tous les jours sur Deezer – peut-être même celui qui vous a décidé à souscrire à l’abonnement – peut disparaitre de votre playlist du jour au lendemain.

De même si votre abonnement arrive à expiration cette licence expire du même coup et vous n’aurez pas plus que ce que vous aviez avant de souscrire à l’abonnement. Vous avez loué de la musique en quelques sortes…

Alors oui on peut accéder à la musique de façon gratuite, en supportant une pub pour Justin Bieber toutes les trois chansons, mais à la limite dans ce cas il est « normal » que l’on ne gagne rien à passer du temps sur le site. Quand par contre on paye, je trouve dommage que la musique ne nous appartienne pas.

On va me dire que je veux le beurre et l’argent du beurre ici, mais la réalité est plus simple que cela : quand j’achète du beurre je veux qu’avec mon argent on me vende du beurre et pas juste le droit de l’avoir dans mon frigo le temps que je fais la cuisine à l’huile d’olive (ça c’est de la métaphore à l’arrache)…

Et là on va m’opposer qu’il existe des alternatives type iTunes… Sauf qu’à ma connaissance il n’en existe pas qui donne accès à un catalogue pour une somme forfaitaire (ahem qui a dit licence globale ?)

Commentaires

21 Responses to “J’ai un problème avec Deezer”

  1. al.jes
    décembre 2nd, 2010 @ 14 h 31 min

    « ça c’est de la métaphore à l’arrache » []

  2. simon
    décembre 2nd, 2010 @ 14 h 37 min

    carrément.
    à un moment (je ne sais pas si ça se fait encore) des FAIs proposaient un accès plus ou moins illimité à un catalogue, avec téléchargement des morceaux et tout … mais avec DRM, qui invalidaient le morceau dés que l’abonnement était résilié, ce qui est encore plus chiant, en fait.

  3. HelloPaul
    décembre 2nd, 2010 @ 14 h 42 min

    Article intéressant, mais en partant du principe que payer un abonnement reviendrais à posséder ce qu’on finance alors avoir un abonnement pour un hébergement reviendrait à possèder le serveur ? C’est pas très logique car du coup le bon abonnement n’a plus vraiment d’intérêt.

  4. HelloPaul
    décembre 2nd, 2010 @ 14 h 44 min

    De plus, si au final tes morceaux sont enregistrer sur ton ordinateur, lecteur mp3, … tu ne retournes quasiment plus sur la platerforme (comme Deezer) donc le site n’a plus d’argent qui rentre (tu prends un abonnement d’un mois, tu télécharges tout et tu te casses? …)

  5. floyd
    décembre 2nd, 2010 @ 14 h 45 min

    Et surtout le streaming renforce les problèmes d’engorgement du réseau puisque pour écouter un morceau il faut le « télécharger » à chaque fois.

    Le P2P au contraire permet de télécharger une fois pour toutes le morceau et ne plus avoir à y revenir.

  6. Paul
    décembre 2nd, 2010 @ 14 h 46 min

    On parle de deux choses bien différentes là dont l’une est matérielle (le serveur) et l’autre immatérielle (la musique numérisée) – comme souvent dans ce débat on a tendance à oublier que la copie n’est pas un vol dans la mesure où un objet immatériel est réplicable à l’infini sans priver aucun des possesseur initial de sa copie.

  7. stephane
    décembre 2nd, 2010 @ 15 h 03 min

    Heuu … sais tu que le beurre n’est pas une oeuvre artistique et qu’il n’est pas soumis au droit d’auteur ? Non parceque là c’est central.

    Quand un achetes un CD ou un DVD ,tu ne possède pas plus la musique ou le film qui est dessus. Tu achètes juste le droit d’en profiter, dans un cadre réglementé (chez toi, sur ton baladeur, mais pas de le diffuser publiquement ou de l’utiliser dans un projet ou autre par exemple). Il se trouve que le produit est sur un support physique (une galette de plastique dans une boite avec une jaquette), du coup tu as l’impression de posséder quelque chose, mais au final, tout ce que tu as acheté, c’est une licence d’utilisation du produit en question, idem pour un fichier mp3 (qui semble toujours plus « concret » qu’un stream) mais qui revient au même.

    Alors oui, par contre tu soulèves un point qui est vrai, et qui m’enerve aussi : les albums et titres qui disparaissent des playlist de manière totalement automatiques (pour des histoires de droits de diffusion) sans que l’utilisateur en soit informé (ce qui serait la moindre des choses).

    Et pour ca :

    « comme souvent dans ce débat on a tendance à oublier que la copie n’est pas un vol dans la mesure où un objet immatériel est réplicable à l’infini sans priver aucun des possesseur initial de sa copie. »

    Le CD aussi est replicable à l’infini (tout comme un livre), le problème n’est pas la copie mais le non paiement des droits d’auteur.

  8. gordontesos
    décembre 2nd, 2010 @ 15 h 05 min

    Dis-moi si je me plante, mais avec des biens dématérialisés soumis au droit d’auteur, même si l’œuvre est sous licence libre, sa paternité n’est jamais transmise à l’auditeur. Vouloir être « propriétaire » de la musique me semble incorrect.
    (être propriétaire du fichier ne l’est par contre pas)

  9. floyd
    décembre 2nd, 2010 @ 15 h 40 min

    @Paul : je pense au contraire que le pb est lié. Car au final c’est du support que tu deviens propriétaire en achetant un cd et en aucun de l’œuvre qui est présente dessus. Même si le fait de l’avoir sur un support non ré-inscriptible lui confére un caractère intemporel dont ne jouit pas l’œuvre « streamée » ou « DRMisée ».
    J’ai volontairement choisi cette approche car elle reflète la vision que la plupart des gens de l’ « industrie culturelle » ont de leurs « produits » et de la façon dont celle-ci doit être distribuée.
    Tout ceci est donc bien lié, puisqu’en privilégiant des offres streamés plutôt que « partagées » de pair à pair, c’est l’engorgement des réseaux qui est favorisé. Et pas seulement puisque les conditions de rémunération des auteurs par ces plateformes restent très obscurs. Le problème est donc bien multiple.

  10. cataras
    décembre 2nd, 2010 @ 15 h 53 min

    « on arriverai à une situation où le public a un droit d’accès à la culture numérisée mais aucun droit de possession sur elle ! »

    C’est exactement ça et en soit c’est une vraie révolution. Oui forcément, il y a des avantages à acheter sa musique mais il faut avoir les moyens. Grace au streaming tu peux accéder à un vaste catalogue pour un très faible coût. Bien, ça c’est quand même génial. Non ?

    Après oui, on peut toujours regretter la licence globale mais bon… Le streaming est déjà un bon adversaire au piratage qui lui te propose de posseder de la culture numérisé sans en avoir les droits…

  11. sebsauvage
    décembre 2nd, 2010 @ 15 h 57 min

    C’est tout à fait le sujet d’un billet que j’avais écrit l’année dernière:
    http://sebsauvage.net/rhaa/index.php?2009/07/20/22/41/18-l-obliteration-numerique

    Il est temps d’entrer en résistance numérique. Cassons (discrètement) les DRM pour en faire des copies privées. C’est notre droit. Et même notre devoir si nous ne voulons pas que des pans de notre culture disparaissent au bon vouloir des industriels.

  12. Paul
    décembre 2nd, 2010 @ 15 h 58 min

    Beaucoup de choses à dire là je vais essayer de répondre à tous (mais je n’y arriverai pas :))

    @HelloPaul : Deezer répond à un usage, je ne m’en sers qu’au boulot où quand j’ai envie d’écouter un titre et la flemme de lancer mon player (encore que bien souvent c’est youtube dans ce cas). Pour le reste du temps j’ai toutes les musiques que j’écoute sur Deezer en MP3, que je les ai téléchargé légalement ou pas d’ailleurs n’importe que peu. Je ne vois pas en quoi le fait de « posséder » (ok le terme est batard mais je n’ai pas mieux là) les mp3 est antinomique avec le fait de les écouter sur Deezer – ne serait-ce que pour découvrir de nouvelles chansons (j’aime les smartradios Deezer !)

    @Floyd : Oui avec ce type de plateforme, bien qu’encore une fois c’est une bonne chose dans l’absolu, on créé un nouveau point centralisateur de diffusion là où c’est le partage qui devrait être encouragé… Mais bon ce n’est pas le sujet 😀

    @Stephane : Quand tu achètes de la musique (propre, aka sans DRM) que ce soit sur support matériel (admettons) ou en numérique la grosse différence est que la licence que tu achètes te donne droit de profiter de ta musique en toutes circonstances. Là ce que je critique c’est que l’on t’ouvre l’accès à un catalogue dont on peut faire disparaitre une partie pour une raison X ou Y et te priver au passage de la musique pour laquelle tu as payé… Plus dur quand la musique est téléchargeable !
    Et le droit d’auteur est une nécessité, il faut qu’il soit respecté (comme les licences libres en passant – monsieur Houellbecq si vous me lisez !) ce qui est problématique c’est à qui profite ce droit d’auteur au final (encore une fois j’ai une autre plateforme dont je veux vous parler dans les jours à venir) et les dérives qui y sont associées (la propriété intellectuelle pour ne citer que cela)…

    @gordontesos : oui les notions de propriété intellectuelle sont légèrement gênantes dès l’origine… Là on parle bien d’avoir le contrôle sur la musique que l’on aime : pouvoir l’écouter, la modifier (et la diffuser si la licence le permet) en toutes circonstances… Ce qui n’est pas possible dans un schéma de streaming

    @Floyd (again ? tu t’ennuies ? :P) : rien à rajouter sur ce coup là 🙂

    @cataras : comme dit ici et sur Twitter : j’ai un abonnement chez Deezer, je supporte l’idée générale mais il y a des risques à ne pas oublier à tout foutre dans le cloud (c’est plus ou moins ça ici) et c’est de cela dont il est question ici…

  13. tth
    décembre 2nd, 2010 @ 16 h 04 min

    Il n’y a pas que Deezer dans la vie si on veut écouter de la bonne musique. Si on accepte de sortir des sentiers balisés par l’industrie, il y a plein de bonnes sources :

    – les petits concerts dans les caves de bars, où le groupe vend des cédés auto-produits à la fin. Si le concert est bon, je paye bien plus que le prix demandé.

    – Les radios FM out-of-band : FMR à Toulouse, par exemple. Et je suis
    certain qu’il en existe partout dans le monde comme ça. À défaut, se rabattre sur les OC t’ouvre le monde.

    – Jamendo, ah ah… Le site ouèb est approximatif, mais d’un autre coté, c’est pas plus mal : tu rentres « trashcore » dans la recherche, et
    dix minutes après, t’écoutes un quatuor à cordes qui joue du goth-médiéval 🙂

    – et enfin : la fucking sexy good chiptune qui roxorise les mamans ooours de http://slayradio.org/

    Donc en fait, ton problême avec Diizzeurs, c’est juste que tu n’as même pas songé à aller écouter ailleurs, dans un autre univers.

  14. Paul
    décembre 2nd, 2010 @ 16 h 08 min

    @sebsauvage : toujours un plaisir de te lire 😉 Je fais tourner ton article

    @tth : peut-être éviter de juger sans connaitre : j’utilise aussi jamendo, et quelques autres plateformes… Par contre ce que je reproche ici à Deezer ou Spotify n’est pas valable pour Jamendo où justement les titres sont en téléchargement légal et gratuit (sachant que l’on peut quand même donner et que je le fais souvent)…

  15. Skalp
    décembre 2nd, 2010 @ 16 h 21 min

    Ce n’est ni plus ni moins qu’une variante du démembrement du droit de propriété. On peut facilement faire un parallèle avec la location : Tu payes un loyer pour un droit de jouissance du lieu.

    Ici tu payes un abonnement pour avoir le droit d’écouter/lire/regarder. La musique type Deezer n’est plus un produit mais un service et un service ne se possède pas. Je pense que ça fait parti de la mutation naturelle qu’engendre l’ère numérique.

    Les majors ne sont pas prêtes à créer des solutions mixtes pour le moment, ils auraient trop à y perdre puisqu’ils se trouveraient à concurrencer la musique « à la pièce » qui rapporte énormément parce qu’on a l’illusion que ce n’est pas cher.

  16. Francois
    décembre 2nd, 2010 @ 20 h 37 min

    Attention, ta comparaison avec le beurre n’est pas bonne, le beurre est matérialisé, pas ce que tu écoute.

    On dit aux ayants droit de faire attention, quand ils nous parlent de voler la musique etc, il ne faut pas le faire à notre tour.

    Bien que je suis parfaitement d’accord, sur le dernier point, avec la licence globale.

  17. Navo
    décembre 2nd, 2010 @ 21 h 04 min

    Pas complètement d’accord avec ton raisonnement.

    On paye un accès. De la même manière que la redevance TV ne te fournit pas en DVD ou que ta connexion internet ne fournit pas la version papier de La Bande Pas Dessinée.
    Par contre, libre à toi d’enregistrer la TV ou d’imprimer mon blog.

    Je pense que le secteur est en mutation et que Deezer est aux disques ce que le cinéma est au DVD / Blu-Ray.

    Par contre, je te rejoins complètement sur le retrait de titres (voire totu simplement l’absence de certains artistes) sur ces plateformes sans que l’on en soit prévenus.

    D’ailleurs, quelqu’un devrait créer un service qui recense les apparitions / disparitions de titres sur ces plateformes qui sont bien opaques sur le sujet.

    (et tu devrais mettre un système qui te permet de répondre aux commentaires directement en-dessous, y a des plugins pour ça sous WordPress ^^)

  18. Aedius
    décembre 2nd, 2010 @ 22 h 33 min

    Je suis dans le même cas que toi Paul,

    J’ai failli prendre un abonnement chez Deezer m’étant fait une belle play-list… Mais certains de mes titres sont passé en gris «indisponible dans votre région».

    Pourquoi payer si l’on peut ne pas profiter de ce pourquoi on a voulu participer à la vie du service ?

    De plus on peut vouloir apporter de légère retouche à la musique en fonction de ce que l’on veut faire, j’apprécie d’avoir de la réverbération style église pour me détendre et/ou d’avoir un son plus aiguë pour travailler.

    Tout ceci Deezer et ce type de «location» de la culture ne le permet pas.

    Quand à la comparaison avec le beurre, elle n’est pas juste, le beurre perdant du contenu à chaque manipulation.

    Pourquoi ne pas comparer les œuvres avec des hamsters ?
    circuits traditionnel :
    J’achète 5 hamsters, j’ai le droit de les mixer entre eux de les faire se reproduire, Je pourrais aussi les donner à des amis mais ce n’est pas légal. Je n’ai pas payer les droits sur leurs gènes
    Avec Deezer :
    J’ai accès a des hamster castré, parfois on m’en retire un sans raison.
    Je ne peux pas avoir de mignonne petites boules de poils que personnes n’a jamais eut … Je suis stressé de ne pas savoir si choco sera toujours là demain et si pour conclure si je ne paye pas tout les mois, ils ont de la publicité sur le poil …

    @Navo La redevance Télé est une prise d’otage, j’ai une télé que je n’utilise que pour la console et no-life TV. Si encore elle permettait de rétribuer en fonction de ce que l’on regarde :/ mais non ça me fait payer tf1 et consorts :/

  19. burnout
    décembre 4th, 2010 @ 16 h 39 min

    Zune permet contre un abonnement forfaitaire de télécharger en illimité . Par contre je crois qu’ il y a des drm… Mais bon, on les fait sauter au besoin et leur catalogue est bien fourni.

  20. Ploum
    décembre 6th, 2010 @ 11 h 59 min

    En même temps, le concept d’un abonnement pour télécharger de manière illimitée me semble légèrement bancal d’un point de vue business-model.

    Il me suffirait de prendre 1 mois d’abonnement puis, avec un script, télécharger tout le catalogue (ou ce qui m’intéresse). Voilà, pour 10€, j’ai maintenant XXXGo de musique, et ce, de manière parfaitement légale. Je n’ai plus qu’à résilier mon abonnement et recommencer l’opération une fois par an (ou moins) si je suis intéressé par les nouveautés de l’année.

    Qu’en penses-tu ?

  21. Weldy
    décembre 29th, 2010 @ 12 h 58 min

    Je suis entièrement d’accord avec l’article mais il ne faut pas oublier qu’une alternative existe : un site qui s’appelle Beezik et qui propose le telechargement gratuit et légal de musique avec un catalogue plutôt bien fournit !
    Pour moi c’est ça l’avenir, et pas deezer qui, comme le montre très bien cet article n’est pas un accès fiable à la musique (et quand y a une panne de courant vous faites comment avec Deezer ?)

Leave a Reply





Edito

Ancien journaliste, ancien entrepreneur, ancien (ir)responsable Pirate, actuel citoyen qui s'intéresse à la politique et à son évolution.

Read moar !.

Retrouvez moi sur :

Suivez moi sur twitter sur facebook sur wikipedia Ajouter ce blog a votre lecteur RSS

Bitcoin

bitcoin logo
1GZnMQ9wXyifxCnDEqg8CSGdngWcKWptHv

Piratons la démocratie

piratons la democratie

One more thing !

0100 0011 0110 1000 0110 0001 0110 1110 0110 0111 0110 0101 0111 0010 0010 0000 0110 1100 0110 0101 0010 0000 0110 1101 0110 1111 0110 1110 0110 0100 0110 0101 0010 0000 0110 0101 0110 1110 0010 0000 0111 0011 0010 0111 0110 0001 0110 1101 0111 0101 0111 0011 0110 0001 0110 1110 0111 0100 0010 0000 0010 1101 0010 0000 0110 1111 0110 1110 0010 0000 0111 0110 0110 0001 0010 0000 0110 0010 0110 1111 0110 1001 0111 0010 0110 0101 0010 0000 0111 0101 0110 1110 0010 0000 0110 0011 0110 1111 0111 0101 0111 0000 0010 0000 0011 1111

Tm9uIGNlbGVsIGzgIGVzdCBqdXN0ZSBwb3VyIHRlIGZhaXJlIHBlcmRyZSA1bW4gOyk=

Relationship Closeness Inventory

Promo code Genesis Mining

Sha 256 cloud mining

Best Bitcoin debit card

Zcash Mining