Archives mensuelles : octobre 2010

Anonymous, mon cul !

Depuis quelques temps déjà les Anonymous terrorisent les ayants-droits en s’attaquant de façon systématique et, il faut bien le dire, ridicule, à tous leurs sites. Si nous partageons des idées, les méthodes sont inacceptables…

Ce matin je suis tombé sur un article de Korben présentant un outil des Anonymous que je ne connaissais pas et qui leur permet de choisir la prochaine cible : Opération Payback Vote.

Vu que mon taff actuel est de tester la sécurité d’un site j’avais déjà un certain nombre d’outils ouverts donc je fais un petit essai (oui je suis un gros flemmard donc je fais plus grand chose à la main et non je ne donnerai pas de nom de soft).

Il s’avère que l’outil en question est vulnérable à une injection SQL très simple qui permet de lire toutes les informations de toutes les bases de données du serveur…

Quand on vous dit que ces petits jeunes ne sont pas représentatifs de la lutte actuelle !

(Bien entendu j’ai contacté le propriétaire du site pour le prévenir de la faille et lui expliquer comment la résoudre…)

Bon on repasse aux choses sérieuses ?

Edit (15h) : J’ai un tout petit peu remonté la piste pour découvrir qui se cachait derrière ce petit outil de vote… Résultat j’ai réussi à loger un certain **** J., 15 ans résidant dans le **** de la France et ayant une adresse en *****.fr – ce qui me conforte dans mes positions : les attaques par DDOS sont l’oeuvre de gamins !

Edit 2 : http://www.paulds.fr/2010/10/sur-le-bordel-avec-les-anonymous/

Paranormal Activity, Paranormal business model

J’ai halluciné un peu en voyant que Paranormal Activity 2 était sur le point de sortir, considérant le premier comme l’un des pires films dont le septième art ait accouché. Mais l’expérience derrière le film vaut le coup que l’on revienne dessus.

Autant sur le domaine de la musique on est presque tous d’accord pour dire que l’époque est à une révolution complète du business model et que l’on peut plus ou moins se passer de producteur pour cela (je vous dirait ça plus en détails quand j’aurai lu le livre de Pascal Nègre), autant pour le cinéma les sommes en jeu sont telles que l’on a tendance à prendre des pincettes pour parler de révolution du business model.

Je vous propose ici une réflexion basée sur une histoire vraie (contrairement au navet sur lequel je vais m’appuyer) : la naissance de Paranormal Activity. Pour ce faire on va décrocher mon outil préféré : IMDb et plus précisément la page « Business » souvent très riche d’enseignements (mais moins intéressante que « Fun facts » je vous le concède).

Sur cette page on peut relever deux chiffres très intéressants : le budget et les recettes au box office (USA only), soit respectivement $11.000 et environ $108.000.000 au 17 janvier 2010. Non il n’y a pas de faute de frappe, ce film a bien fait des recettes extraordinaires avec un budget initial ridicule.

Oui c’est un cas à part, non le cinéma ne se porte pas si bien que l’on puisse voir les mêmes chiffres pour tous les films… Mais quand cela arrive, ne serait-il pas judicieux d’en profiter pour aider la filière du cinéma (comme je l’ai déjà suggéré à propos de la franchise Star Wars) qui serait, d’après certains, en grande difficulté ?

Et surtout, quand un film fait un tel profit, qu’est ce qui peut bien justifier la sortie d’un DVD au prix exorbitant de 20€ (en promo à 12.99€ si vous voulez manger du navet ce soir) ?

Enfin je vous invite à regarder la page « Business » du second opus de cette nouvelle série qui n’en finira pas (au moins SAW 6 avait un intérêt dans le titre) pour constater que si une leçon aurait pu être apprise dans tout cela ce sera surement pour la prochaine fois…

Finalement c’est encore un faux problème qui est posé par la question du cinéma : on peut faire un film pour un budget raisonnable (Avatar mis à part – et il a été largement amorti lui aussi), il suffit de rationaliser la profession, d’arrêter de payer les acteurs plusieurs décennies de salaire moyen pour quatre mois de tournage et de prendre conscience du fait que l’avenir de la création passe par sa richesse et sa diversité, pas par le nombre de superstars à l’affiche ou la quantité d’hélicoptères qui explosent en vol…

Il est tout à fait possible d’envisager une licence globale qui couvre à la fois la musique (et pas le CD), le cinéma (et pas les cinémas), et la littérature (et pas les livres) – j’y reviendrai pour ce dernier point – si ces divers milieux sont prêts à s’adapter à leur public et à l’économie du marché actuel et si les états, la France en tête, arrêtent d’investir des fortunes dans la défense d’intérêts privés pour les investir à la place dans la création ! (Hadopi = 12M€, bientôt 14M€ + un crédit d’impôts de 30M€ par an !)

Deux petites vidéos : ACTA et CleanTernet

Pour une fois je vais pas me lancer dans un billet fleuve, juste vous livrer deux vidéos traduites (et sous-titrées) par les collègues du Parti Pirate Français. N’hésitez pas à les diffuser le plus largement possible !


Hey ! J’ai oublié de vous parler de Flattr !

Mouarf quel rustre je fais ! J’ai complètement oublié de vous tenir au courant des finances de ce blog comme je le fais tous les mois depuis que j’y ai supprimé la publicité.

Le cas est un peu particulier pour ce mois de Septembre étant donné que j’ai été relativement peu présent sur le Web et que du coup le blog a été un peu moins alimenté (sans que la fréquentation baisse ceci dit).

Je ne vous fait pas un récap de ce qu’est Flattr, si vous avez besoin de le savoir le lien suivant devrait vous aider un peu.

Et comme encore une fois rien ne sert de tourner pendant 107 ans autour du pot (oui oui je me sers toujours de cette expression pour retrouver les billets du même style) voici mon dashboard pour la période de Septembre 2010 :

Ce mois-ci c’est donc plus riche de 29.78€ que Flattr m’a laissé, ce qui est un peu moins que les mois précédents mais qui suffit à payer le serveur (pas les deux ceci dit ^^).

On compte 52 clics pour un CPC moyen de 0.57€ ! La plupart des clics ont eu lieu sur ce blog avec un total de 44 clics pour 27.63€ pour la seule url paulds.fr !

Il ne me reste plus qu’à vous remercier à vous signaler que, pour ceux qui ne peuvent ou ne veulent franchir le cap du Flattr et qui voudraient me remercier de mon boulot j’ai aussi mis en place une Wishlist Amazon sur le côté du site pour m’offrir des bouquins (j’en ai jamais assez :p).

En fait Hadopi c’est cool !

Je m’étais juré un jour de tuer par l’écrit… Normalement avec un titre comme celui là j’ai du provoquer 2/3 crises cardiaques… Mais en réalité j’ai envie de considérer un instant tout ce que Hadopi nous a apporté… Ah oui, je ne parle pas de ce qu’elle apporte au monde de la création : dans ce domaine cela reste un désastre sans précédent.

Hadopi c’est une chance formidable pour la culture (le premier qui me sort cette phrase de son contexte pour me l’attribuer je le claque !) : on peut voir par exemple que l’ami Spyou lance un projet très intéressant (et duquel j’espère avoir le temps de faire partie) pour soutenir la création libre !

Hadopi a aussi servi à révéler au grand public la part qu’occupe actuellement ceux qui tentent d’imposer ce type de loi liberticide dans le monde de la création. Aujourd’hui de plus en plus de gens que je connais et qui ne s’intéressent pas le moins du monde aux coulisses du partage me demandent à quoi servent encore les majors et si leur temps n’est pas venu de laisser la place…

Hadopi c’est aussi la loi qui m’a poussé à ouvrir mon réseau wifi à mes voisins ! Parce que je trouve normal de partager et que la loi juge que l’on est coupable de négligence caractérisée si l’on a pas de motif valable de ne pas sécuriser. J’en ai un : j’aime partager, attaquez moi en contrefaçon mais pas en défaut de sécurisation de mon accès wifi que je veux ouvrir !

Hadopi c’est surtout la loi qui a permis la création et la bonne santé de mafias dédiées au téléchargement et plus particulièrement au viol du droit d’auteur. Tous ceux qui ont peur de se faire pincer sur le P2P vont migrer peu à peu vers le DDL qui pour le coup est un réel danger !

Hadopi c’est aussi la seule loi (à ma connaissance mais je peux me tromper) qui aura nécessité de faire passer des décrets à la légalité douteuses pour obliger un acteur privé (Free pour ne pas le nommer) à se plier aux exigences de politiques au lieu de celles de la loi

Et puis depuis Hadopi je ne télécharge presque plus… C’est pas que j’ai peur, j’ai juste plus le temps de regarder ce que je pourrais télécharger, trop occupé que je suis à suivre les aventures des pieds nickelés de la politique… En attendant ce que je n’ai pas le temps de télécharger je ne vais pas pour autant le voir au cinéma et c’est bien la culture qui en pâti (je vais louer  une grotte et brancher un HDD 2To à ma télé quand toutes ces conneries seront enfin du passé).

Non vraiment, il n’y a pas à dire : Hadopi est formidable… La seule question qui subsiste finalement c’est : quand est-ce qu’on fait quelque chose de concret pour les créateurs ?

Chérie, fais les valises !