Hadopi dangereuse, les ayants-droits se foutent des artistes

Il y a des journées comme cela qui commencent sur un air qui est pour nous rassurer. En l’occurrence aujourd’hui est un très bon exemple de cela ! Dès le matin j’ai pu voir passer sur Twitter deux articles qui m’ont donné confiance en l’avenir…

Cela ne veut pas dire qu’il faut baisser les bras, cela ne veut pas dire que quoi que ce soit est gagné… Cela veut juste dire que l’on progresse et, compte tenu de la situation, chaque petit pas en avant a un goût savoureux de victoire !

Hadopi : dangereuse pour la liberté de la presse !

Le premier article est en fait un sujet diffusé ce matin sur France Info qui met en avant l’aspect le plus dérangeant de la Hadopi (oui ça a été dur de choisir) : le filtrage. Accompagné de Marc Rees (PCInpact), Jérémie Zimmermann (La Quadrature du Net) et d’un représentant de RSF (peur d’écorcher son nom) un journaliste va expliquer calmement et dans des mots que ses auditeurs peuvent entendre (bah oui par rapport à notre discours de barbu technophile ça fait une belle différence) que la Hadopi est réellement dangereuse pour la presse.

C’est un sujet traité un nombre de fois pas possible par ceux qui luttent contre cette lois depuis des années. J’ai moi même écrit un article sur comment contrôler la presse dans un pays imaginaire qui ressemble étrangement à un pays connu pour sa gastronomie et sa déclaration des droits de l’Homme (maintenant c’est plutôt McDo et Hadopi). La diffusion de ce reportage, et de ceux qui pourront suivre, à une audience plus large permettra bientôt de faire prendre conscience aux gens que les enjeux sont bien plus grands qu’un divx et 10 mp3 par jours…

Les artistes se font entuber par les ayants-droits

Je ne sais pas si vous avez remarqué vous aussi mais quand on parle de Hadopi on ne parle presque jamais des artistes… En tout cas du côté du législateur, parce que du côté pirate nous sommes de plus en plus nombreux à nous intéresser à cet aspect du problème. Un article paru dans l’Express résume la situation de plusieurs acteurs qui se sont ligués pour réclamer leur dus aux producteurs qui, depuis des années, exploitent les oeuvres auxquelles ils ont participé sans reverser un centime aux réels artistes (ce n’est pas un art de financer l’art).

Au delà de la situation que l’on ne peut que faire semblant de découvrir (qui n’est pas au courant que la Hadopi, n’a jamais eu pour but de profiter aux artistes ?) ce qui me décontenance littéralement c’est la proposition à l’amiable des ayants-droits qui, sans rougir, ont proposé de reverser 2% des recettes à diviser entre tous les contributeurs d’une oeuvre… Venant de ceux qui disent défendre les intérêts de ces personnes et sachant que l’on parle là d’oeuvres déjà rentabilisées de longue date, je trouve la manoeuvre osée… Pas vous ?

Là encore ceux que l’on appelle les pirates ont une considération plus grande pour le monde de la création que ceux qui la financent : nous réclamons un changement dans le mode de financement qui permette au public et aux artistes de profiter des oeuvres que notre riche culture nous permet de toucher du doigt là où les ayants-droits en place ne se soucient plus que de leurs bénéfices, oubliant au passage que la création est à la base un bien universel !

7 réflexions sur « Hadopi dangereuse, les ayants-droits se foutent des artistes »

  1. manudwarf

    Salux !

    Merci pour cet article, j’étais pas au courant pour la proposition à 2%. Tu pourrais refiler la source stp ?

    Mais bon, avec les autistes à la tête de la HADOPI et le désintérêt profond affiché et assumé par les français, j’ai bien peur que ça ne bouge pas d’un iota…

  2. Anonymous

    « ce n’est pas un art de financer l’art »…

    Oui mais pour un producteur, s’abstenir de financer l’art, c’est tout un art…

  3. mosquito

    Ahhh ben mes pov’ z’amis.

    Les artistes ont appris à se retourner ? … pour voir en face qui c’est qui les enc.. euh… je veux dire.. enfin, on se comprend, hein ?

    Et ces pôvres journalistes ! Allez, tiens je vais sortir le verre des grandes occasions et boire un p’tit jaune à leur santé !

    Plus sérieusement : ils étaient OU tous ces clowns, ces derniers mois, ces dernières années ?
    Ont-ils apporter leur contribution lors des débats AVANT que la loi ne soit votée ?

    Ca me rappelle une fable… mais ce serait cruel…

  4. mosquito

    En fait, ce n’est pas une fable, mais un poème.

    De Martin Niemöller, pasteur protestant, arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen puis transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau, où il écrivit ces lignes :

    «Quand ils sont venus chercher les communistes,
    Je n’ai rien dit,
    Je n’étais pas communiste.
    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
    Je n’ai rien dit,
    Je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
    Quand ils sont venus chercher les juifs,
    Je n’ai pas protesté,
    Je n’étais pas juif.
    Quand ils sont venus chercher les catholiques,
    Je n’ai pas protesté,
    Je n’étais pas catholique.
    Puis ils sont venus me chercher
    Et il ne restait personne pour protester.»

    source : http://lucky.blog.lemonde.fr/2006/02/09/2006_02_quand_ils_sont_/

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