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Petite réflexion sur les œuvres de l’esprit

Posted on | juillet 30, 2010 | 3 Comments

Lorsque l’on parle de piratage on utilise souvent les termes divx, mp3 et depuis peu pdf sans réfléchir à ce qui se cache derrière tout cela… J’ai eu envie d’approfondir légèrement la problématique et de la mettre en parallèle avec un autre type d’oeuvres de l’esprit : la peinture et l’art en général.

Avant que les K7, les CD et toutes ces autres cochonneries existent, avant que le cinéma ne coute presque une heure de smic horaire, avant le DVD, avant le Blu Ray, l’accès à la culture était beaucoup plus restreint et passait par les canaux officiels ou par la présence physique de l’artiste.

Impossible avant 1906 de retransmettre autre chose que la voix par la radio. Il faudra attendre 1946 pour voir les premiers vinyles arriver sur le marché. Avant 1895 il était impossible de s’enfermer dans des salles obscures pour suivre les aventures d’un personnage de fiction. Et finalement, avant 1926 notre temps de cerveau disponible était réellement disponible…

En un mot, les industries que l’on sait aujourd’hui inadaptées au marché actuel ne sont pas si vieille : le cinéma faisant figure d’ancêtre avec un âge respectable de 115 ans…

Et avant cela ?

Avant que tout ce pan de la culture ne cède au mercantilisme primaire et que les intérêts personnels prévalent sur ceux du public, les gens se déplaçaient. S’ils voulaient écouter de la musique ils allaient à un concert, s’ils voulaient voir une histoire ils allaient au théâtre… Aujourd’hui encore essayez de pirater une pièce de théâtre !

Avant cela on payait les artistes pour une performance, et pas pour une version rééditée de ladite performance…

Je sens les boucliers se lever et je me dois de mettre les choses au clair tout de suite (pour ceux qui ne me connaissent pas) : le cinéma est une invention magnifique, je ne peux pas vivre sans lui et je ne saurai faire la liste complète des moments de bonheur que le septième art a apporté dans ma vie !

Il n’en reste pas moins que le droit d’auteur créé initialement pour protéger une œuvre de l’esprit sur une durée permettant à l’artiste d’en vivre a changé de visage pour se transformer peu à peu en rente à vie – parfois même à mort, puisqu’il est de moins en moins rare de voir les héritiers d’un artiste toucher des royalties grâce aux lois de certains pays très avantageuses (la France incluse).

Et alors comment doit-on faire ?

Le droit d’auteur et la propriété intellectuelle ont été inventés pour permettre aux artistes de vivre en créant. Étant amoureux de la culture je suis bien entendu pour le maintien du droit d’auteur… Ou plutôt pour le retour au droit d’auteur !

Le droit d’auteur est actuellement encadré par un texte de loi qui stipule que celui-ci court 70 ans après la mort de l’auteur… Même d’un point de vue signification je n’arrive pas à voir où cette notion essaye de nous amener ?

Le droit d’auteur est un droit de l’auteur sur son oeuvre. Il devrait en tout état de cause être limité à la durée de sa vie !

De plus, une fois que l’oeuvre a été présentée au public elle lui appartient tout autant qu’à l’auteur. Lorsque je vais au cinéma avec des amis, je me souviens souvent autant du film que des discussions précédant ou suivant le film… Tout cela se mélange pour devenir une part de ma vie. Les oeuvres de l’esprit appartiennent à leur public !

La durée du droit d’auteur devrait donc être réduite en conséquence et refléter cette réalité qui est beaucoup plus proche de l’idée que représente la culture et surtout sa diffusion à tous.

Le cas particulier des supports dématérialisés

On consomme de plus en plus d’oeuvres de l’esprit sur supports dématérialisés – c’est l’expression consacrée, et je vous l’accorde elle est plus con que sacrée : un support immatériel… ok !

D’abord la musique avec les MP3 DRMisés puis un peu moins crades, ensuite les films avec la VOD vérrouillée de toutes parts et qui ne décolle toujours pas et maintenant les livres avec le Kindle, l’iPad et autres tablettes moins populaires (non ça ne m’intéresse pas du tout : j’achète encore mes livres en papier !).

Et ce qui devait arriver arriva : le public prend compte de l’obsolescence des supports (matériels pour le coup) que l’industrie essaye toujours de lui refourguer en parallèle d’une offre dématérialisée qui flirt avec le ridicule par des tarifs encore adaptés à l’âge d’or qui a duré quelques années entre le début de la popularisation de ces industries et le début d’un déclin très relatif du, non pas au piratage mais, à la gourmandise des industries en questions toujours prêtes à saigner un peu plus madame Michu !

Mais finalement la vraie question est de savoir si ces oeuvres dématérialisées devraient même être payantes ? Question à laquelle je réponds d’un grand et franc : NON.

J’aime beaucoup l’art au sens large du terme, pendant une époque de ma vie je me rendais chaque fois que possible dans les musées. Malheureusement, les journées font toujours 24h et mon emploi du temps commence à sérieusement penser à un régime slim fast… Toujours est-il que s’il me parait normal de payer mon entrée dans un musée, pour voir les toiles, les sculptures et autres compositions jamais je ne cautionnerai (ni vous d’ailleurs je pense) de payer pour voir une photo de la même oeuvre…

Alors oui les parallèles sont faciles et ne sont pas forcément transposables… Mais en réfléchissant deux minutes au delà du système établi par les majors, quelle est la symbolique de payer un support dématérialisé ? Qu’est-ce que l’on finance ? La création ? Les majors ? (indice, la réponse n’est pas la première proposition).

Les artistes doivent pouvoir vivre de leur art, mais pour autant que je sache c’est possible : le cinéma vit largement des produits dérivés, la musique des représentations physiques et produits dérivés, et les livres de leur ventes physique, des éventuels droits d’adaptation à la télé / ciné…

Je travaille moi même sur plusieurs livres et ai choisi un éditeur qui propose les versions dématérialisées des oeuvres gratuitement… C’est juste logique !

En un mot la consommation de la culture évolue, les supports évoluent, les financements se doivent eux aussi d’évoluer et la chasse aux sorcière doit cesser ! La seule chose que les majors vont réussir à faire c’est de monter les artistes contre leur public, et vice versa…

Commentaires

3 Responses to “Petite réflexion sur les œuvres de l’esprit”

  1. 4lex
    juillet 30th, 2010 @ 16 h 33 min

    Je suis entièrement d’accord avec toi sur la durée des droits d’auteur : c’est à l’auteur que reviennent ces droits, donc ça paraîtrait logique qu’ils n’existent plus 70 ans après sa mort. Combien de chansons et de photos « inédites » leurs descendants retrouvent-ils quand ils ont besoin d’argent…?

    Cependant, rendre gratuites les œuvres dématérialisées me dérange : d’accord, les produits dérivés rapportent souvent plus que la création originale, mais entre une version payante et une version gratuite, le choix des gens (moi le premier) est vite fait. A part les vrais fans, je ne pense pas que la majorité du public soit prête à payer « pour aider l’artiste »… mettez ça avec les majors « saigneurs de madame Michu », et voilà le grand problème pour les artistes, selon moi.

  2. mumbly
    août 2nd, 2010 @ 7 h 01 min

    Merci pour ces lignes qui résument pas mal de choses…
    Sans compter qu’une « autre » culture culture se développe : la culture du LIBRE.
    Romans, musiques, vidéo, films, documents techniques ou poésies, etc. se distribuent de plus en plus sous des licences libres ou licences libres de diffusion permettant de diffuser « la culture », sans contrainte majeure, pour tous. J’en ai fait le pari avec notamment le projet freetorrent.fr …

  3. Suske
    août 2nd, 2010 @ 12 h 22 min

    Le diable se cache dans les détails: les milliers d’artistes de tous genres qui vivent peu ou prou de ce que leur rapportent les droits d’auteurs ont des familles, etc. Si leur décès entraîne la fin du droit d’auteur, il faudra mettre en place des systèmes d’allocation/pension « de survie », etc. En ce sens, le fait que les droits d’auteurs aient une durée longue ne me gêne pas. Il s’agit de la vie de vraies personnes après tout (et je ne m’inquiète pas ici des soucis financiers des « stars »).

    Par contre, je te rejoins totalement sur l’idée qu’une œuvre diffusée n’appartient plus uniquement à son auteur. Ce qui me dérange c’est la capacité juridique qu’ont les détenteurs de droits à créer un véritable embargo sur les œuvres. C’est l’histoire du reporter à la houppe qui du vivant de son auteur était un monstre de popularité de la BD « mondiale ». Depuis qu’un businessman a repris en main la gestion des affaires des ayants droits de l’auteur, c’est devenu une niche-pompe-à-fric et l’œuvre est en quelque sorte retirée des mains des peuples. Il s’est même trouvé des personnes qui ont été menacées juridiquement pour avoir par exemple publié des analyses pertinentes de l’œuvre originale au plan de l’idéologie colonialiste: elles avaient osé reproduire des cases de BD dans leur publication… Cela, c’est insupportable.

    Et ce genre de problème est dû au fait que les produits dérivés ont, du fait du monopole donné aux auteurs, une valeur potentielle énorme. Du coup, les ayants droits veillent à leur image comme n’importe quelle marque. A mon avis les marchés des produits dérivés sont un gros problème et pas du tout la solution. Pour moi, c’est là qu’il faut agir: l’oeuvre a une valeur financière d’autant plus importante qu’elle a rencontré un public important. Les droits d’auteurs ne devraient pas permettre de jouer sur les phénomènes de raréfaction. En droit commercial, le refus de vente est interdit, de même que l’organisation de la pénurie. La société a le devoir de s’immiscer dans les relations « commerciales » quand une des parties présente sur le marché abuse de sa position. Idem pour les œuvres. Comment organiser ça ? En « criminalisant » les comportements de refus de vente/partage et par la mise en place de systèmes de médiation/tarification raisonnables (dégressifs dans le temps et les quantités par exemple). Certainement pas en criminalisant le comportement du public qui est la clé du succès de l’œuvre, là je crois qu’on est d’accord…

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Ancien journaliste, ancien entrepreneur, ancien (ir)responsable Pirate, actuel citoyen qui s'intéresse à la politique et à son évolution.

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