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Comment télécharger ? Ethiquement ou sécuritairement ?

Posted on | juillet 28, 2010 | 7 Comments

Je pestais il y a peu contre certaines boards Warez d’où l’esprit communautaire a disparu pour faire place à la loi du profit, RwwFR et PlugnGeek plus récemment pestent, avec raison, contre les entreprises qui proposent des services de Direct download (DDL), les newsgroups sont finalement du même acabit et le P2P va commencer à se raréfier… Alors comment faire pour madame Michu si elle refuse d’accepter la promotion vaseline de l’UGC du coin ? Petit tour d’horizon des solutions de téléchargements de distributions linux.

Le P2P (peer to peer)

Le peer 2 peer représente dans l’idée le système le plus proche de l’utopie : tout le monde est à la fois consommateur et distributeur, sur un pied d’égalité. Un système de quotas est très fréquemment utilisé sur les trackers (plateforme centralisatrices des échanges) améliorant les vitesses de téléchargement en fonction de la quantité partagée par l’utilisateur ce qui pousse effectivement au partage.

Cette méthode de téléchargement laisse des traces, beaucoup de traces, puisque votre IP apparaît régulièrement en clair pour établir des échanges avec les autres téléchargeurs / partageurs.

C’est aussi pour le moment la seule technologie qui est surveillée par l’Hadopi… Ceci n’ayant aucun rapport avec le fait qu’elle soit la plus transparente et donc la plus simple à fliquer.

Il est possible d’être accusé de téléchargement illégal via le P2P même si vous ne téléchargez pas « grâce » à des outils comme SeedFuck qui injectent de fausses IP sur le tracker, faisant croire à la présence d’un utilisateur qui n’est en fait pas là.

Le Direct Download et le streaming

Devant les risques que représente le P2P, les utilisateurs avertis se sont tournés vers un autre type de téléchargement : le direct download (ou le streaming). Le fichier est hébergé sur un serveur lui même fourni par un des acteurs du marché (Megaupload, Rapidshare, Hotfiles, …) et vous y accédez directement soit pour le télécharger, soit pour le visualiser sans même le télécharger (dans le cas du streaming).

Là encore il y a quelques traces qui sont laissées de ci de là avec notamment un log pour les comptes premium qui permet au fournisseur du service de vérifier que vous ne dépassez pas les quotas qu’il a fixé et surtout que plusieurs IP ne se partagent pas le même compte (sinon c’est trop facile !).

Pour le moment, et à ma connaissance, rien n’est prévu pour contrer ce type de téléchargement. Régulièrement des majors du divertissement leur intentent des procès qu’ils gagnent parfois et perdent souvent, les plateformes de direct download et de streaming se réfugiant derrière leur statut de prestataire technique n’ayant aucun moyen de contrôle sur le contenu déposé par les utilisateurs.

Le risque de ces plateforme, à moyen terme, est de les voir se faire racheter par les majors qui auront à leur service une infrastructure solide et robuste pour diffuser leurs œuvres à leurs conditions mais aussi une base de données d’ancien clients qu’ils n’auront plus qu’à aller cueillir…

Accessoirement, et c’est probablement le pire dans tout cela, on n’a plus affaire à des passionnés désireux de partager la culture mais à des businessmans profitant de l’inadéquation de l’offre et de la demande pour proposer une offre beaucoup plus intéressante, pour l’utilisateur et surtout pour eux. Reste que les artistes sont lésés dans l’histoire et que ce n’est pas ce que les (vrais) pirates souhaitent au final !

Les newsgroups

Les newsgroups sont un peu plus confidentiels et, pour être tout à fait honnête, je ne m’en suis servi que très rarement. C’est un peu l’ancêtre du direct download : vous payez là aussi pour de la bande passante mais l’utilisation originale des newsgroups a un côté communautaire qui se rapproche de celui du P2P.

Là encore, Hadopi ne pourra rien contre vous (je doute même que certains en aient entendu parler)…

Et là encore le côté financier de tout cela me laisse un peu dubitatif quand au réel motif derrière la création d’un tel réseau.Cela coûte certes très cher de mettre en place de type de structures et de les maintenir, mais je serai curieux de voir les résultats de ces entreprises…

Si toutefois vous voulez tester le service de Usenet, l’un des leaders du marché, vous pouvez bénéficier de 30 jours gratuits pour le faire.

La solution sécurisation et anonymisation

En nous « interdisant » le P2P, la loi Hadopi (et ses petites soeurs) s’attaque directement à un idéal que l’on ne peut pas vraiment retrouver dans les autres solutions actuellement disponibles. Alors oui il est toujours possible de télécharger les derniers blockbusters d’Holywood sans se faire repérer par la haute autorité de l’obsolescence, mais cela se fait au prix de notre liberté de partager et pire encore : au profit d’entreprises et d’individus attirés et motivés uniquement par le profit qu’un marché souterrain engendre au dépend des artistes.

Pour rappel, le P2P que le legislateur s’attèle à interdire depuis des années, ne coûte rien aux artistes et ne leur fait pas perdre d’argent non plus – mais surtout, il ne fait pas gagner d’argent à qui que ce soit là où le ddl, le streaming ou les newsgroups engraissent des sociétés dont le coeur de métier est de profiter du téléchargement illégal. En un mot : laissez les consommateurs consommer et traquez les industriels qui font du téléchargement illégal un commerce.

Mais bon, il est toujours plus simple d’assigner madame Michu en procès parce qu’elle a téléchargé le dernier Christophe Maé (si on m’avait dit que j’allais écrire ce nom là sur mon blog un jour !) que de s’attaquer à une multinationale dont une part considérable du budget annuel est dédiée à sa défense devant les tribunaux…

La solution pour nous autre pauvres culture-addicts réside donc dans les moyens d’anonymisation de notre connexion couplés à un bon logiciel de P2P Peerguardian activé. Tor, VPN anonymes (OpenVPN et pas PPTP s’il vous plait) nous voici !

Commentaires

7 Responses to “Comment télécharger ? Ethiquement ou sécuritairement ?”

  1. Socketubs
    juillet 28th, 2010 @ 13 h 16 min

    Le DDL est le cancer des pirates.
    Billet qui résume assez bien la situation, cependant si des personnes s’intéressent de plus près aux effets du DDL voici 2 petits articles fort intéressant :

    http://bit.ly/cLBQQH ainsi que http://bit.ly/d8DIgU .

    Pour ma part j’utilisais Ipredator ( PPTP ) depuis maintenant 1 ans environ et je suis passé à de l’Open Vpn avec Xango ( http://bit.ly/d7M1rq ) qui est largement mieux qu’Ipred dans le sens ou la bande passante est bien meilleur, meilleur sécurité ( OpenVpn > PPTP ). Je dirais qu’il manque un aspect communautaire à Xango et une refonte du site ignoble.

    En tout cas, merci pour cet article ! 🙂

  2. lol.2.dol
    juillet 28th, 2010 @ 13 h 35 min

    Je préférerai télécharger en gardant une certaine éthique, mais le problème c’est que j’ai vraiment l’impression que les réseaux P2P sont de plus en plus abandonnés par les « culture-addicts ».
    J’étais, auparavant, utilisateur des Torrents, mais je ne trouve quasiment plus rien.
    On ne trouve plus que les derniers films sortis, les derniers épisodes de série, et les Seeders se raréfie au fur et à mesure des mois. Ce qui fait que passé 6 mois, on ne peut plus télécharger les fichiers. Et encore, je parle que des séries, parce que pour la musique, il suffit de vouloir un vieil album d’un artiste peu connu, les Seeds sont à zéro.
    Pour étendre ma culture et trouver ce que je veux, je ne peux que me rabattre sur 2 solutions : eMule et le DDL.
    eMule, est à mon avis, le réseau P2P à éviter à cause de la présence de taupe, c’est p’tête pas vrai, mais j’ai pas confiance dans le réseau.
    Et le DDL.
    Et je dois avouer, que via FilesTube, j’ai jamais eu trop de problème à trouver les fichiers voulus, et aussi découvrir des blogs de passionés de Musique ou de Série!

    Donc en tout état de cause, j’ai trouvé une certaine éthique dans le DDL. Chose qui ne se retrouve plus avec le P2P de masse.

  3. Arkados
    juillet 28th, 2010 @ 14 h 13 min

    Par nostalgie, je suis retourné l’autre jour sur le site de l’association Razorback. Pour ceux qui connaissent pas: Razorback2 était le serveur EDK le plus fréquenté, jusqu’à ce que ses serveurs en Belgique ont été saisis. Depuis, ils se battent pour avoir un procès équitable et juste. Razorback2 avait comme objectif de promouvoir le partage d’oeuvres légales par le P2P, je me rappelle que les téléchargements des fichiers de Ratiatum (maintenant Numerama) fonçaient à une allure folle grâce à leurs serveurs d’upload (plus de 400 ko/s avec 1 source, quand d’habitude je voyais 50 ko/s avec 200 sources).

    Techniquement je dis pas, le réseau EDK est défaillant car centralisé (serveurs nécessaires pour les échanges d’IP). Kad a ajouté à eMule des fonctionnalités décentralisées mais à présent c’est un désastre, du peu qui reste disponible une grosse quantité sont des fakes.

    Bittorrent souffre de sa tradition centralisée sur les trackers. C’est bien qu’à travers les liens magnet, The Pirate Bay rappelle que Bittorrent peut/doit être décentralisé. Car techniquement, le bittorrent est un protocole très puissant (pas pour rien que Facebook et Twitter l’utilisent en interne pour leurs configurations de serveurs).

    Je me suis posé la problématique du partage l’autre jour:
    http://www.fansub-streaming.eu/blog/comment-faconner-linternet-de-demain.html

    Concernant TOR: c’est un réseau dont la faiblesse réside dans les exit nodes: par pression juridique voire blocage IP (merci la LOPPSI), TOR peut perdre de son efficacité. TOR devrait être utilisé que pour un anonymat ponctuel pour le surf web.

    Les VPN posent le problème à l’envers: ils sont centralisés, ultra-simples à bloquer, et techniquement dangereux avec PPTP. Ils ont l’avantage de combiner vitesse et anonymat total quel que soit le logiciel, mais ce n’est pas une solution à long terme.

    Passons au niveau supérieur: GNUnet et Freenet. Le premier est spécialisé dans le partage de fichiers mais a peu d’utilisateurs, le second est avant tout prévu pour protéger la liberté d’expression (ce qui n’empêche pas l’échange de fichiers pour profiter de la puissance de ce réseau).

    Je place pas mal d’espoirs sur GNUnet car il est simple à utiliser et très robuste. A propos de Freenet, j’hésite à le conseiller « en dernier recours » ou comme moyen le plus radical d’être tranquille. Mais s’il faudra en arriver jusque là, je suis prêt à faire de Freenet l’anti-Hadopi par excellence.

    En général, je suis d’avis que le « DDL » sera mort à court/moyen terme. Bien trop centralisé, bien trop commercial, beaucoup trop dangereux. D’ailleurs ça a failli péter, opération « in our sites » des USA où Megaupload a eu chaud aux fesses.

    On vit une époque intéressante 🙂

  4. Skalp
    juillet 30th, 2010 @ 4 h 54 min

    « En général, je suis d’avis que le « DDL » sera mort à court/moyen terme. Bien trop centralisé, bien trop commercial, beaucoup trop dangereux. D’ailleurs ça a failli péter, opération « in our sites » des USA où Megaupload a eu chaud aux fesses. »

    Absolument pas… Il n’y a rien de plus centralisé que les newsgroups et ça dure depuis très longtemps (c’est d’ailleurs pour ça que la mentalité y est sympa)… La scène warez (la vraie) elle-même fonctionne sur un modèle mixte (une multitude de FTPs, les topsites) et ce, depuis presque toujours.

    Le DDL, c’est encore plus d’argent et ce qui s’est passé aux états-unis ne fût qu’un coup d’épée dans l’eau… Utiliser les DNS c’est bien joli mais la plupart des sites sont revenus (certains sous d’autres noms). S’attaquer à Megaupload c’est actuellement s’attaquer à une boîte postale à Singapour (ce qui explique qu’ils ne soient jamais assignés). D’ailleurs les newsgroups ont prouvé que ce qui est commercial perdure (procès giganews par exemple) parce qu’ils ont sérieusement les moyens de se défendre, de se délocaliser et de ne jamais interrompre leurs services.

    Quant aux VPNs, c’est clairement la solution qui sort du lot et s’amuser à bloquer le port 443 est chose impossible côté client puisque nous en avons besoin et ça tombe bien puisque OpenVPN l’utilise et il peut d’ailleurs utiliser le port qui lui chante, donc non, OpenVPN ne se bloquera jamais facilement (contrairement au PPTP). Quant à bloquer les serveurs VPNs, c’est une utopie.

    De plus, les chaînages de VPNs sont déjà légions dans certains milieux, alors s’ils pointent leur nez un jour chez le grand public, ça être un véritable bordel.

    Je pense surtout que nous risquons de rentrer dans une ère de crypto-anarchisme qui sera le signe d’un internet opaque, chiffré pour tout et n’importe quoi, ce qui n’est pas franchement la panacée non plus, parce qu’en général,ce sont de vrais criminels qui en tire le meilleur profit.

  5. A la découverte du web #4 | Astucee - Actualité. Web 2.0. High-tech.
    juillet 30th, 2010 @ 12 h 56 min

    […] Paul Da Silva : Comment télécharger ? Ethiquement ou sécuritairement […]

  6. Dodot
    juillet 31st, 2010 @ 0 h 37 min

    J’ai rarement vu autant d’intelligence dans un blog et dans les commentaires. Je suis agréablement surpris !

  7. eg33
    août 8th, 2010 @ 18 h 18 min

    Tout à fait d’accord avec Dodot !

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Ancien journaliste, ancien entrepreneur, ancien (ir)responsable Pirate, actuel citoyen qui s'intéresse à la politique et à son évolution.

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