Pourquoi je ne crois pas à la survie de Wormee ?

Hier soir je faisais un constat plutôt alarmant sur le challenger chassant sur les terres de deezer. J’ai décidé d’en faire la pensée geek du jour sur BDG : «Pourquoi j’ai l’impression que wormee va survivre deux mois ?».

Mais comme je ne suis pas (trop) du genre à troller sans donner d’explication je me permet de tenter une explication, chiffres et analyses à l’appui.

logo-wormee

La fréquentation

S’il est un outil que j’utilise tous les jours ou presque, pour faire de la veille concurrentielle ou même simplement pour avoir une idée sur un site web quelconque, c’est Google Adplanner. Le but initial est d’aider les annonceurs potentiels à évaluer un site web avant d’envisager de passer de la publicité dessus. A cet effet l’outil de Google donne quelques informations intéressantes sur les sites que l’on consulte…

Bien sûr les chiffres ne sont pas toujours bons, mais donnent une bonne tendance. Pour BDG par exemple, les chiffres donnés sur à multiplier par 1.5 pour arriver à la réalité.

Mais quand on s’intéresse au cas de Wormee avec Adplanner on fait un constat plutôt alarmant : le nombre de visiteurs est estimé à seulement 30.000 par mois. Même en appliquant le ratio trouvé sur un de mes sites on n’arrive qu’à 45.000 visiteurs par mois soit entre 1.000 et 1.500 visiteurs par jours !

En comparaison, Deezer affiche fièrement 12 millions de visiteurs par mois, soit environ 400.000 visiteurs par jours !

Mais il y a un autre point que soulève Adplanner à propos de Wormee : le type de visiteurs. En regardant la partie «Sites also visited» on s’aperçoit que l’audience principale de Wormee est composée de geeks. On peut dès lors penser que les visiteurs sont arrivés à la suite d’une lecture sur presse-citron, freenews ou autre journaldugeek… et qu’ils ne reviendront probablement pas.

A l’inverse, pour des sites comme deezer, jiwa et autres concurrents on constate que les «sites also visited» sont plus proches du grand public. Ce qui traduit (à mon sens) que le site est bien rentré dans les moeurs et que certains l’utilisent tous les jours sans pour autant être technophiles.

Le référencement

Certes Deezer a un métro d’avance sur Wormee puisque le champion toutes catégories du streaming de musique est en place depuis août 2007 (bientôt son anniversaire !) – mais ce que l’on voit avec Wormee c’est une nouvelle approche. Il suffit pour se rendre compte de cela de quelques recherches sur Google pour s’apercevoir du fait suivant : Wormee n’a aucun contenu statique accessible depuis une URL «en dur».

Pages indexées par Google
Wormee Deezer MusicMe iMeem Jiwa last.fm
5 1.900.000 69.100 2.920.000 16.800 1.790.000

La conclusion à cela est simple : il est impossible de tomber sur Wormee en faisant une recherche sur un morceau de musique particulier comme cela peut-être le cas avec les concurrents. Quand on sait que les moteurs de recherche sont, pour certains sites, les principaux vecteurs de nouveaux visiteurs, il est permis de douter de la pérennité possible de Wormee en l’état…

A noter que le blog de Wormee comptabilise 95 pages supplémentaires référencées…

Les méthodes

J’ai découvert ce week end que Wormee se permettait de faire de l’affichage sauvage (JDG) dans les rues de grandes villes. Et là me viennent deux questions : pourquoi ? et pourquoi on les laisse faire ?

Affichages dans les rues de Boulogne pour le Solidays

Affichages dans les rues de Boulogne pour le Solidays

De pareilles méthodes ne peuvent que desservir la maque : certes cela coute moins cher mais l’effet recherché ne peut pas être atteint : on a l’impression d’avoir affaire à des amateurs. Ce qui est tout sauf ce que peut (/doit) se permettre une filiale du groupe Orange…

A ce propos les commentaires sur le JDG comme sur le blog officiel de Wormee sont clairs : ça n’a plut à personne…

Mais ce n’est pas tout : il y a aussi un tout petit détails très agaçant qui semble leur tenir à cœur : l’autoplay ! Si vous êtes comme moi et que vous utilisez souvent les onglets de votre navigateur vous devez savoir qu’il n’y a rien de plus pénible qu’une page qui commence à jouer  de la musique sans qu’on ne lui ait rien demandé… Et bien chez Wormee ils ne sont pas au courant de ces désagréments…

C’est notamment sur le blog que j’ai put constater cela de façon systématique : en ouvrant un billet dans un nouvel onglet pour voir les commentaires, puis en changeant de page pour passer à la seconde, j’ai eu le droit à deux chansons en décalé (qui de plus, ne correspondaient absolument pas à mes goûts musicaux).

La concurrence

Et c’est sur ce point là que le petit nouveau va avoir beaucoup de mal à creuser son trou (oui tout le monde fait des jeux de mots avec le ver, alors pourquoi pas moi). Parce qu’en plus des portails déjà bien connus de streaming se développent d’autres solutions comme spotify ou beezic, qui devrait littéralement exploser dans les mois qui viennent…

Bref orange arrive sur le marché en réinventant la roue alors que l’on arrive à l’époque des aéroglisseurs et autres hoverboards…

1 réflexion sur « Pourquoi je ne crois pas à la survie de Wormee ? »

  1. Erwan

    Je suis d’accord pour dire que Wormee ne devrait pas tenir longtemps compte tenue des preuves fournies dans ce document !

    Mais je tient à dire que l' »autoplay » n’est pas agacant pour tous et peut parfois même être tres plaisant . Cela permet parfois de découvrir des groupes tres peu connues , comme le fait le site « Jamendo » …

Les commentaires sont fermés.